Archive pour 'Actualité'

Plaidoyer pour l’aménagement de l’Autonomie de la Kabylie

Mazed DahmaneContribution du Prof Dahmane At Ali.

Je m’adresse ici à tous les citoyens kabyles qui doutent encore du bienfondé stratégique de l’idée d’autonomie de la Kabylie. Je sais, pour avoir discuté avec des amis et des inconnus sur ce projet, pour avoir fréquenté avec intérêt et assiduité les forums traitant de ce thème, que les niveaux d’engagement sont différenciés selon les individus et vont de la préférence du statu quo à la revendication d’une indépendance en Kabylie. D’emblée et rien qu’en prenant cet éventail, le projet d’une autonomie régionale apparait comme le juste milieu, un compromis pouvant réconcilier les partisans d’une Kabylie devant demeurer comme n’importe quelle autre région d’Algérie, d’une part et de l’autre part, les assoiffés de son indépendance totale. Aux premiers, je dirais que cette Algérie en laquelle eux ils croient, ne croit pas, elle, en eux. Elle n’investira en eux que le jour où ils deviendraient des Arabes affermis par l’école, la mosquée, les médias, la rue… Aux seconds qui piaffent d’impatience de voir une Kabylie totalement indépendante de l’Algérie, le récent épisode d’un vulgaire match de football contre l’Egypte devrait leur ouvrir les yeux sur l’énorme distance qui les sépare de leur société où cet événement a provoqué un énorme brouillage de repères identitaires chez les Kabyles. Bref, aux uns et aux autres je dirais qu’on ne peut pas aller plus lentement ou plus vite que la musique. Il faut adapter la cadence à la mesure. Comme l’écrasante majorité de ces deux extrêmes est du côté de ceux qui tiennent à diluer la Kabylie au sein de l’Etat-Nation algérien en construction, c’est à eux, prioritairement que je voudrais parler de la nécessité de l’aménagement sociopolitique concret de l’espace kabyle en vue de la réalisation effective sur le terrain du Projet pour l’Autonomie de la Kabylie (PAK), adopté officiellement le 14 Aout 2007 par le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK).

RAPPELS :

Comme vous, j’étais et je demeure un inconditionnel fervent militant pour l’instauration d’une démocratie citoyenne majeure dans le cadre algérien; Comme vous, dès mon jeune âge, j’ai entamé en tant que lycéen mon combat politique initiatique (revendication identitaire) dans le cadre du Mouvement Culturel Berbère (MCB) dès Avril 1980 ; ……….

(Lire la suite)

Nnig usennan, roman en kabyle de Boualem Rabia

 

Disponible depuis hier en librairie, 

 

 

Nnig usennan, roman en kabyle de Boualem Rabia 

 

 

Après Florilège de poésie kabyle dans lequel il puisait des poèmes du terroir kabyle, Boualem Rabia fait éditer son premier roman chez Les éditions Odyssée (Tizi-Ouzou), Nnig usennan (Au-dessus de l’Epine) un titre « tiré d’un proverbe kabyle (tamegra nnig usennan) qui, en substance, veut dire que nulle moisson n’est acquise, si l’on n’a pas prêté ses mains et ses bras aux épines du chardon et du pa-nicaut. Un titre qui symbolise pour l’auteur le sacrifice, l’abnégation et le désintéressement dans toute lutte pour une cause juste. » 

Disponible depuis hier à
la Librairie L’Eliade (Tizi-Ouzou), le livre sera en vente d’ici quelques jours dans d’autres librairies de Tizi-Ouzou et de Bgayet et d’Alger. 

Ce roman est la deuxième publication de la collection Aru. Idrisen d tezrawin n tmazight (Aru.Textes et études amazighes) après le recueil de contes, Yella Zik-nni de Salem Zenia. Un troisième ouvrage signé Ramdane Lasheb paraîtra avant la fin de l’année sur la poésie de guerre chantée par les femmes kabyles. 

Nnig usennan est préfacé par Mohand Akli Salhi, enseignant au département des langue et culture amazighes de l’université de Tizi Ouzou. 

 

Nnig usennan 

RABIA Boualem 

Ed. Odysée, Tizi-Ouzou, 2009. 

ISBN 978-9947-835-32-6 

Prix 250 DA 

 

Sources : Kabyle.com 

Le FFS, de la lutte armée à Karim Tabou (DDK)

 Le parti d’Aït Ahmed fête son 46e anniversaire

Le FFS, de la lutte armée à Karim Tabou

2234.jpgIl suffit de peu pour que l’on réalise toute la résignation des partis traditionnellement ancrés en Kabylie. Comme le FFS, né d’une lutte armée menée par la Wilaya III historique contre le régime dictatorial de Ben Bella en 1963, dès lors, l’espoir était permis parmi les Algériens qui attendaient plus de liberté, d’épanouissements après la guerre de libération. Le rêve trahi, les regards se sont braqués vers Hocine Aït Ahmed et ses amis du FFS, nonobstant la création du PRS de Boudiaf et les autres tentatives oppositionnistes menées par des personnalités nationales.
La Kabylie était désignée pour mener le combat ! 
L’espoir suscité par le FFS était telle une lueur dans un univers noirci par une dictature sans foi ni loi. Les principes révolutionnaires d’une Algérie libérée des jougs coloniaux, traînés dans la boue, une force d’opposition structurée était envisageable, même si elle est frappée d’interdiction d’activités, d’autant plus que les appétits des différents clans s’ouvraient pour la prise du pouvoir quitte à le faire avec la force.  Les militants ou les premiers martyrs de la démocratie de 1963 ont ouvert, dans le sang, la voie pour un combat de longue haleine, même si aujourd’hui, leur sacrifice semble être vain, vu les différentes prises de positions de leurs héritiers au sein du vieux parti de l’opposition.  Cette défection commençait en réalité dès les événements de 1980. La naissance d’un mouvement culturel pour prendre en charg, d’abord la revendication identitaire et démocratique sonnait le glas de la main-mise du FFS sur toute revendication émanant, notamment de
la Kabylie. Les événements de Kabylie d’avril 1980 ont pu remodeler le paysage politique régional en introduisant la donne identitaire, même si le FFS l’a faite sienne depuis 1978, mais le MCB en a fait sa principale revendication et mission prioritaire pour toutes ses actions futures.  La chape de plomb n’étant pas prompte à se briser, les Algériens réalisèrent quelques années après, soit en 1988, qu’une ouverture démocratique valait la peine d’être engagée.  Le FFS n’étant plus l’unique interlocuteur de la région, une autre formation est mise sur pied par des militants venus de différents horizons, notamment du MCB et du RCD. La création de ce parti a été ressentie comme une provocation. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, le FFS considère son frère ennemi comme un produit de laboratoire des services.  Le semblant d’ouverture prônée par le pouvoir faute d’alternative fiable poussait les extrémistes religieux et le FIS à se tailler la part du lion dans les premières consultations pluralistes en Algérie. La répression ciblait le clan démocratique et les militants de gauche, les islamistes trouvaient en cette situation une bénédiction du pouvoir pour s’imposer contre leurs ennemis intimes ; les militants démocratiques de Kabylie. 
  Ce qui fut fait, l’armée décida d’interrompre le processus électoral pour ouvrir la voie aux alliances de tous genres. Réconciliateurs et thèses du “qui-tue-qui ?”, se coalisent avec le FIS, et de l’autre côté, les éradicateurs comme appui aux thèses du pouvoir.  

Partis politiques de Kabylie, entre espoir et trahison   

Décennie de terrorisme, la représentation politique partisane en Kabylie semble entamée sa décadence. La déconfiture des partis en Kabylie après tant d’espoir suscité est la résultante d’une gestion chaotique. Démissions en cascade, prises de positions contre nature, soutien aveugle soit au pouvoir, soit aux islamistes, déphasage de la réalité de la rue kabyle, une situation qui augurait des lendemains incertains. Il suffit que
la Kabylie se réveille après l’assassinat de Matoub Lounes pour que les partis “kabyles” se “retirent” du jeu. Le Printemps noir serait le meilleur exemple pour dire toute la décrépitude de ces formations. La naissance d’un mouvement politique basé sur une structure sociale traditionnelle a balayé d’un revers de la main une existence de presque 40 ans pour le FFS et de 20 ans pour le RCD. 
 L’apparition de cette structure politique est tombée comme un cheveu dans la soupe de “nos” formation respectives.   

Cette décadence n’est pas sans résultat sur la représentation partisane régionale. Ainsi, de nouvelles revendications prônant la prise en charge du problème kabyle sont assumées, à l’image de la revendication autonomiste recommandée par le MAK de Ferhat Mehenni, d’autres formations en gestation verront peut-être le jour.  Le FFS qui commémore son 46e anniversaire n’est pas loin de cette logique.  Lui qui est né d’une insurrection armée se retrouve aujourd’hui à gérer des défections internes provoquées essentiellement par le mauvais choix de représentation à l’intérieur de la maison FFS.

Syphax M.

Depeche de Kabylie Édition du Mercredi 30 Septembre 2009        N° 2234 

Arabisation: la mystification linguistique

Il y a neuf ans, le Pouvoir (ré) adoptait la généralisation de la langue arabe

La mystification linguistique

Dk.jpgès l’Indépendance, Ben Bella avait annoncé la couleur en déclarant par trois fois à l’aéroport de Tunis, le 14 avril 1962: « Nous sommes des arabes, des arabes, des arabes ! ». Donc, désormais, l’Algérie allait être arabe, musulmane et sa langue officielle, l’arabe classique, au détriment de ses composantes berbérophone et francophone et de l’arabe algérien. C’était l’essentiel du marché conclu avec le colonel Houari Boumediene dans leur prise de pouvoir.

 

Le nouveau régime algérien commença aussitôt la répression contre le berbère. Les prénoms berbères furent interdits parce qu’ils avaient une « consonance étrangère ». Les mairies durent s’en tenir à une liste autorisée pour les nouveau-nés. Ben Bella utilisât l’unique Fichier berbère dans l’enseignement, entreposé à l’Imprimerie nationale. Plus tard, en 1976, le président Boumédiene confisquera le Fichier berbère qui contenait un ensemble de publications sur des recherches écrites en alphabet latin. Parallèlement et comme il manquait d’instituteurs d’arabe classique, les autorités firent venir en catastrophe plus de 1000 instituteurs égyptiens. En réalité, ces instituteurs étaient des « maîtres de religion ».  

Boumediène ou la purification linguistique et l’arabisation autoritaire

Boumediene avait reçu son instruction presque exclusivement en arabe classique, dans les écoles coraniques de la région de Guelma et dans les universités théologiques de la Zitouna (Tunisie) et d’al-Azhar (Égypte), un haut-lieu du fondamentalisme musulman. De ce fait, il n’a jamais pu se libérer de l’emprise de la religion et de l’arabe coranique, ressentant une profonde animosité à l’égard des langues française et berbère. Le Colonel-Président, qui se prétendait un « authentique Algérien », octroya des portefeuilles ministériels aux conservateurs religieux et mit au point une politique linguistique d’arabisation. En juillet 1965, Boumediene choisit Ahmed Taleb Ibrahimi comme ministre de l’Éducation, un fervent partisan de l’arabo-islamisme. Comme le régime était impopulaire, l’arabisation parut utile pour légitimer le pouvoir en place. Taleb Ibrahimi entendait bien se servir de l’école pour anéantir « ce mélange d’éléments de cultures disparates, souvent contradictoires, héritées des époques de décadence et de la période coloniale, et lui substituer une culture nationale unifiée, liée intimement à notre passé et à notre civilisation arabo-islamique. “Des propos influencés par le nationalisme linguistique des Proche-Orientaux. Boumediene a ensuite, par un décret en 1968, imposé l’arabisation de la Fonction publique : dans un délai de trois ans,  » les fonctionnaires devront apprendre suffisamment d’arabe pour travailler dans cette langue. “

Chadli d’ou l’islamisation de l’enseignement et la poursuite de l’arabisation

Pendant que l’arabisation de l’enseignement se poursuivait, le président Chadli interdit aux élèves algériens de fréquenter les établissements de la Mission culturelle française, seule possibilité qui leur restait pour contourner l’arabisation. De plus, un puissant lobby tentait de réduire la place du français en lui substituant l’anglais en option à la quatrième année primaire. En réalité, ce n’était plus l’arabisation qui importait, mais l’islamisation de l’enseignement. Chadli voulait ainsi tranquilliser la mouvance islamiste, de plus en plus grandissante. Les militants berbères furent constamment réprimés et emprisonnés.

En 1989, une grève d’enseignants à l’appel d’un comité « arabiste », soutenue par le FIS, et partiellement suivie. Le baccalauréat bilingue arabe-français fût supprimé. En 1990, le Parlement, contrôlé par le FLN, vote la première loi de généralisation de la langue arabe. Au lendemain du vote, un demi-million de personnes manifeste à Alger pour la démocratisation du régime et la défense du tamazight (langue berbère).

Chute du parti unique et amplification de la revendication berbère

L’ouverture démocratique de 1988 a permis une mise en concurrence des langues en Algérie (arabe algérien, arabe classique, français et berbère). En 1990, profitant de la faiblesse du pouvoir, le président de l’APN, Abdelaziz Belkhadem, imposa la lecture de versets du Coran au début de chaque séance parlementaire… Chadli eut le temps de faire adopter par le Parlement la loi d’arabisation du 16 janvier 1991, destinée à éradiquer le français et le tamazight et promouvoir la langue coranique (l’arabe classique) que pourtant, aucun Algérien n’utilisait comme langue maternelle.

Arriva ensuite Boudiaf, seul président à parler l’arabe algérien. Il avait annoncé qu’il fallait parler « en arabe algérien » pour que tous puissent le comprendre. Il procédât sine die au gel puis au report de la loi sur la généralisation de la langue arabe avant de subir son triste sort. Il fut le seul président à être regretté par les Algériens. Parallèlement, de nombreuses manifestations furent organisées pour revendiquer le statut de langue nationale et officielle au berbère et qui a conduit toute la région de Kabylie à boycotter l’année scolaire de 94-95.

Puis, vint Zéroual, nouveau maître du pays, et décida de remettre en vigueur la loi d’arabisation du 16 janvier 1991. Le 17 décembre 1996, le Conseil national de transition (CNT), votait à l’unanimité une loi sur la généralisation de l’utilisation de la langue arabe. Elle stipule notamment qu’à la date du 5-Juillet 1998  » les administrations publiques, les institutions, les entreprises et les associations, quelle que soit leur nature, sont tenues d’utiliser la seule langue arabe dans l’ensemble de leurs activités telles que la communication, la gestion administrative, financière, technique et artistique « . Et de préciser :  » L’utilisation de toute langue étrangère dans les délibérations et débats des réunions officielles est interdite.  

Bouteflika ou l’impossible réforme

Le nouveau président appela à la réconciliation nationale et manifesta sa volonté d’ouverture. Sur la question linguistique, Bouteflika a innové : il s’exprime souvent en français dans ses déclarations publiques, autant en Algérie qu’à l’étranger. Il témoigne d’une certaine liberté par rapport à la tradition en déclarant : « Il est impensable d’étudier des sciences exactes pendant dix ans en arabe, alors qu’elles peuvent l’être en un an en anglais. »  Il résume ainsi les interminables conflits linguistiques en Algérie : « Il n’y a jamais eu de problème linguistique en Algérie, juste une rivalité et des luttes pour prendre la place des cadres formés en français ! ». Il avait même participé au sommet sur la francophonie en 2002 à Beyrouth et promis de réformer l’école algérienne. Le Parlement algérien a adopté en avril 2002, à l’unanimité, une modification de la Constitution instituant le berbère comme « langue nationale ». Ce geste historique intervenait à la venue des élections législatives, alors qu’un climat tendu par les manifestations et les revendications remettait en cause l’autorité de l’État en Kabylie. Après la réélection de Bouteflika en 2004 à la tête du pays, des négociations ont été engagées entre le gouvernement et les représentants du mouvement citoyen des archs, qui revendiquent une plus grande démocratie ainsi que la reconnaissance de la langue et de la culture berbères. Dans un discours prononcé le 4 octobre 2005 à Constantine, Bouteflika a encore une fois déçu la Kabylie en déclarant que le tamazight ne sera pas officialisé et que la langue arabe restera seule langue officielle en Algérie : « Il n’y a aucun pays au monde possédant deux langues officielles et ce ne sera jamais le cas en Algérie où la seule langue officielle, consacrée par la Constitution, est l’arabe. ” Dévoilant ainsi son ignorance de la situation mondiale car 40 États souverains ont deux langues officielles, dont 16 en Afrique. Dans cette perspective d’arabisation à tout crin, le président Bouteflika avait déclaré en 2005 au sujet des écoles privées dispensant un enseignement exclusivement en français : « Toute institution privée qui n’accorde pas une priorité absolue à la langue arabe est appelée à disparaître. « 

L’échec consommé

L’origine de la crise algérienne tient au fait qu’il n’y a jamais eu de véritables régimes démocratiques en Algérie. L’aménagement linguistique en Algérie reste l’œuvre d’une petite oligarchie politique aux pouvoirs immenses. Elle est fondée sur une culture qui s’est définie par opposition à la France coloniale et par mimétisme à l’égard du Proche-Orient. L’Algérie n’a guère favorisé un rapprochement entre l’oral et l’écrit et, par voie de conséquence, n’a pas contribué à l’élimination de l’analphabétisme car la politique linguistique a été fondée sur l’arabo-islamisme du modèle proche-oriental. L’arabisation algérienne ne fut motivée que par des préoccupations purement politiques : la conservation du pouvoir par la langue et la religion. On est alors passé de la dépendance d’une France coloniale à une autre dépendance, celle du Proche-Orient avec ses corollaires idéologiques, loin des valeurs ancestrales maghrébines. Si les dirigeants algériens n’ont pu imposer l’arabe classique dans la vie quotidienne, c’est que cette langue n’est pas adaptée aux besoins des Algériens, contrairement à l’arabe algérien, au berbère et au français. Pour les linguistes, toute politique qui encourage la coexistence linguistique ne peut que promouvoir un esprit de compréhension et de tolérance. En ce sens, la diversité des langues dans un cadre national peut représenter un atout. Après plus de quatre décennies d’arabisation, les dirigeants algériens ne semblent pas avoir compris le message ! Ils ont préféré recourir à la coercition pour arabiser la société. Ceci, afin de s’assurer le soutien des islamistes et autres conservateurs pour tenir l’ensemble des Algériens sous leur contrôle. La plupart des Algériens en sont venus à voir l’arabe classique comme le symbole de l’autoritarisme, de la corruption et de l’injustice sociale ! Dans cette perspective, le terme de demi-échec pour qualifier l’arabisation à l’algérienne est presque un euphémisme.

En définitive, une trentaine de lois ayant trait à l’arabisation avaient été adoptées, mais aucune ne semble avoir été intégralement respectée. De façon plus particulière, on peut citer le décret du 22 mai 1964 portant sur l’arabisation de l’administration, les ordonnances N° 66-154 et N° 66-155 du 8 juin 1966 sur la justice, l’ordonnance du 26 avril 1968 sur la connaissance obligatoire de l’arabe pour les fonctionnaires, la circulaire du ministère de l’Intérieur de juillet 1976 sur l’affichage, la nouvelle loi N° 05-91 sur la généralisation de l’utilisation de la langue arabe, promulguée le 16 janvier 1991 (adoptée le 27 décembre 1990) et l’ordonnance no 96-30 du 21 décembre 1996, qui vient modifier quelques articles de la loi N° 05-91, complétée et mise en œuvre le 5 juillet 1998.

Cependant, l’on ne peut changer une société et reconstruire son identité sur la base d’exclusion. Une logique qui a engagée le pouvoir algérien à faire réfléchir en sortant dernièrement, un décret portant création d’une Académie berbère et d’un institut de recherche dans cette langue et la promotion de la langue française dans les trois paliers de l’enseignement ainsi que la réduction de l’influence religieuse.

La dépêche de Kabylie Édition du Mercredi 29 Juillet 2007        N° 2182 

La Kabylie cherche toujours sa voie

45 ans après le recouvrement de l’Indépendance

La Kabylie cherche toujours sa voie

La Kabylie, cette région berbérophone, a constitué le principal bastion pour la Révolution algérienne. Ses enfants ont joué un rôle des plus éminents pour le recouvrement de l’indépendance nationale.

 

154842303.jpgConnue sous l’appellation de Wilaya 3 parmi les six que comptait le pays à l’ère du FLN historique, cette région a connu les pires opérations militaires de l’armée françaises, en vue de parvenir à la pacifier car constituant le bastion de la lutte armée. Au lendemain de l’annonce par l’armée française de l’opération Jumelle, la revue Paris Match titrait en grosses manchettes : ” Opération Jumelle, le destin de l’Algérie se joue en Kabylie “. En effet, les principaux concepteurs de la révolution, de son organisation à son aboutissement, furent principalement issus de cette région. Ainsi les noms d’Amirouche, le colonel charismatique, Abane Ramdane l’architecte de la révolution, Krim Belkacem le maître d’œuvre des accords d’Evian en passant par le congrès de La Soummam, seront à jamais liés à l’histoire la plus glorieuse de l’Algérie.

Les sacrifices consentis par les milliers d’enfants de la Kabylie n’auront malheureusement d’égal que le degré de mépris et de répression qu’elle a eu à subir, à peine réveillée du cauchemar colonial. Dès l’indépendance, l’Armée des frontières conduite par le duo Benbella-Boumediene s’est installée au pouvoir avec le consentement des principales wilayas historiques, excepté la wilayas IV et bien évidemment, la wilaya III. Deux wilayas qui tenaient à honorer le sang des milliers de martyrs de la révolution. La prise de pouvoir par le feu et le fer des usurpateurs confirmera l’enterrement de l’idéal algérien enfanté par le Congrès de la Soummam.

499 martyrs ont tombés en 1963 dans le conflit qui opposa l’Armée des frontières aux troupes du FFS. Un régime militaire, socialiste, ultra-autoritaire et conservateur s’installa aux commandes du pays. Les politiques adoptées par les pouvoirs successifs ont toujours été aux antipodes des aspirations des citoyens kabyles. Une arabisation sauvage, importation de la pensée moyenne orientale, interdiction même de l’expression berbère et affaiblissement constant de la région dans les domaines économiques, culturel  et social en allant jusqu’à faire venir des populations étrangères à la région dans l’objectif inavoué, mais évident, de déstabiliser le tissu culturel et linguistique de la région. Arriva la révolte de 1980, appelée depuis, ” le Printemps berbère ” où des milliers de citoyens sortirent dans les rues de Tizi-Ouzou et Béjaïa pour dénoncer le musèlement des libertés et la négation de leur culture ancestrale.

 En fait, depuis l’indépendance, l’Algérie a toujours pratiqué une politique d’occultation ou d’exclusion explicite du berbère et l’arabisation reste encore le fondement de la politique linguistique du pays. Depuis l’ouverture, même timide, du champ politique en 1989, toute une série d’actions de masse spectaculaires ont porté l’affirmation identitaire des Berbères d’Algérie : de multiples grèves générales en Kabylie et d’innombrables manifestations d’une grande ampleur à Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira et Alger. Ainsi, la loi no 05-91 sur la généralisation de l’utilisation de la langue arabe a fait l’effet d’une bombe chez les Kabyles, autant que chez tous les berbérophones du pays. En 1991, l’adoption de cette loi a fait descendre dans la rue des dizaines de milliers de Berbères pour la plus grande manifestation que la capitale ait jamais vue. Leurs mots d’ordre étaient : “Halte à l’intolérance” et “Non au racisme”. Le bras de fer semblait eternel entre la Kabylie rebelle, et le pouvoir central. Un consensus semblait impossible à trouver entre un camp réclamant une véritable démocratie et l’officialisation inconditionnelle de la langue berbère et l’autre n’ayant aucune volonté politique d’ aller dans ce sens.. Vint le boycott scolaire de septembre 1994, appelé ” La grève du cartable ” où les enfants de la région ont boudé les bancs des écoles et des universités pendant une année, pour l’institutionnalisation de tamazight. À la suite de ce boycott massivement suivi en Kabylie, le gouvernement algérien engagea, en mars-avril 1995, des négociations avec certains initiateurs du mouvement. Un Haut-commissariat à l’Amazighité, dépendant directement de la présidence de la République fut créé.  L’assassinat mystérieux du Rebelle, Matoub Lounés, en juin 1998 mit le feu aux poudres. Les manifestations  se soldèrent par la mort de cinq manifestants. Tout ce qu’a subi la Kabylie depuis l’indépendance comme mépris et répression se résuma en la révolte du ” Printemps noir 2001 “. Le cycle manifestations-répressions a engendré l’assassinat de 128 jeunes de la région, exécutés principalement par la Gendarmerie nationale, dont la population de Kabylie a réclamé et obtenu le départ. Le dialogue initié par l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, avec les représentants du mouvement des archs a pu se solder par quelques résultats concrets, mais loin d’être à la hauteur de la philosophie de la plateforme d’El Kseur, notamment depuis l’avènement de Abdelaziz Belkhadem, connu pour être hostile aux aspirations des populations kabyles. Ainsi, après des décennies de lutte incessante en faveur d’un Etat de droit, garantissant les doits socioculturels de l’ensemble des Algériens, même-si on dénote une avancée quant à certaines libertés, en particulier la reconnaissance de tamazight comme langue nationale, le combat demeure long pour réparer un gâchis historique, celui d’un certain été1962.  

Source : L a Dépêche de Kabylie Édition du Mercredi 07 Juillet 2007   

http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=42303&ed=MTU0OA==

votre combat ne sera jamais vain

Liste des victimes du Printemps Noir 2001-2003  

1. Abdou Mdouad, 19 ans, tué par balles par un policier le 1er décembre 2002 à Azzaba (Skikda) lors d’une manifestation de protestation.

2. Adara Fouad, 28 ans, demeurant à Sidi Aïch (Béjaïa), tué d’une balle dans la tête par un policier en civil, alors qu’il était attablé dans un café le 26 juin 2001.

3. Aghadir Ahcène, 20 ans, originaire de Tizi Bouchène, tué le 27 avril 2001 à Azazga (Tizi-Ouzou) de trois balles au thorax et à l’abdomen.

4. Agri Ali, 31 ans, marié et père de 3 enfants, tué par balles le vendredi 25 mai 2001 par les brigades anti-émeutes, près de la daïra de Tazmalt (Béjaïa).

5. Ahmane Mourad, 33 ans, tué le 28 avril 2001 d’une balle dans la tête à Tizi Rached (Tizi-Ouzou) par un gendarme.

6. Aït Aba née Aït Ouslimane Nadia, 30 ans, enseignante à Sidi Ali Ouyahia (Aïn El Hammam), tuée le 28 avril 2001 par des gendarmes à Aïn El Hammam alors qu’elle était au domicile d’une amie, situé au 5e étage d’un immeuble. Un jeune citoyen qui participait à son évacuation sera tué par les gendarmes (Naït Amara Omar).

7. Ait Mansour Saddek dit Nabil, grièvement blessé par balles à la tête par les services de sécurité le 4 novembre 2002 à Seddouk (Bejaia) succombe à ses blessures le 14 février 2003 à l’hôpital de Tizi-Ouzou après 105 jours de coma.

8. Akkouche Abderrahmane (ou Abdelaziz), 19 ans, demeurant à Tadmaït (Tizi-Ouzou), tué par balles le lundi 28 mai 2001 par des gendarmes.

9. Alkama Djamel, 19 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou).

10. Alouane Hocine, 22 ans, tué le 28 avril 2001 à Mekla (Tizi-Ouzou).

11. Amghar Tahar, 29 ans, tué le 27 avril 2001 d’une balle dans la tête à Fréha (Tizi-Ouzou).

12. Amini Karim, jeune citoyen de Maatkas (Tizi-Ouzou), est tué par balle par un commerçant du village le 8 octobre 2002 suite à une manifestation pour protester contre les « élections » communales.

13. Amir Aïssa, 21 ans, écrasé par un camion lors des manifestations à El Asnam (Bouira) le 28 avril 2001.

14. Arab Noureddine (ou Nacereddine), 25 ans, tué par balles le 25 avril 2001 à El Kseur (Béjaïa).

15. Arezoug Slimane, 28 ans, demeurant à Akbou (Béjaïa), tué par balles le lundi 18 juin 2001 à hauteur de l’hôtel Le Palace.

16. Aribi Abdelkader, 81 ans, demeurant à la cité Rabia de Béjaïa, mort dans la nuit du 25 mai 2001 à son domicile, suite à une asphyxie par gaz lacrymogènes.

17. Aribi Yamina, 71 ans, épouse d’Aribi Abdelkader, demeurant à la cité Rabia de Béjaïa, morte dans la nuit du 25 mai 2001 à son domicile, suite à une asphyxie par gaz lacrymogènes.

18. Arkam Salem, 17 ans, lycéen, originaire du village Issaradjène, tué par des gendarmes à Boudjima (Tizi-Ouzou) le samedi 28 avril 2001.

19. Asbaï Yahia, 19 ans, tué par balles le 26 avril 2001 à El Kseur (Béjaïa).

20. Ayad Ramdane, grièvement blessé par une grenade lacrymogène le 18 juin 2001 à Aïn Legradj (Béni-Ouartilane – Sétif), succombe à ses blessures le 22 juin à l’hôpital de Sétif.

21. Azouani Saïd, 24 ans, originaire du village d’Aït Azouane, tué d’une balle dans la tête le 28 avril 2001 à Bouzeguène (Tizi-Ouzou).

22. Bayou Idir, 19 ans, lycéen de terminale, demeurant à Tadmaït (Tizi-Ouzou), grièvement blessé par balles à la tête le 28 mai 2001, succombe à ses blessures le 9 juin à l’hôpital de Tizi-Ouzou, après 12 jours de coma.

23. Becha Massinissa, 25 ans, originaire de Béni Douala (Tizi-Ouzou), Grièvement blessé par arme blanche par des inconnus lors de la marche du 14 juin 2001 à Alger. A succombé à ses blessures le 15 juin.

24. Bélaïd Ouramdane, 15 ans, tué à Addekar (Béjaïa) le 28 avril 2001

25. Belhouane Azzeddine, 25 ans, tué par une balle explosive le 26 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou).

26. Belkacem Mouloud, 31 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou) par un gendarme alors qu’il tentait de porter secours à un blessé.

27. Belkacemi Djamel, 31 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou).

28. Bellahcène Rachid, 14 ans, collégien, grièvement blessé par un tir de grenade lacrymogène le 24 mars 2002 lors des émeutes de Seddouk (Béjaïa) succombe à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital

29. Benaïssa Hamza, 18 ans, tué par balles au niveau du thorax le mercredi 23 mai 2001 à Feraoun (Tizi-Ouzou).

30. Benattou Idriss, 30 ans, marié, grièvement blessé par une grenade lacrymogène, avant d’être violemment heurté par un camion de police le 24 mars 2002 lors des émeutes de Seddouk (Béjaïa), succombe à ses blessures de 30 mars à l’hôpital de Tizi-Ouzou.

31. Benhamidi El Hadj, 31 ans, tué par balles le samedi 26 mai 2001 à Chorfa (Bouira).

32. Bensalem Mourad, 31 ans tué le 28 avril 2001 d’une balle dans la tête à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou).

33. Bettar Lyés, 17 ans, originaire de Tiliouacadi, près de Sidi Aïch (Béjaïa), grièvement blessé le jeudi 21 mars 2002 à la tête d’une balle de Seminov, lors des émeutes de Chemini (Béjaïa), succombe à ses blessures à l’hôpital de Tizi-Ouzou où il a été transféré.

34. Bouarab Samir, tué le 28 avril 2001 aux Ouadhias (Tizi-Ouzou).

35. Boughrara Arezki, 28 ans, tué d’une balle dans le thorax le lundi 28 mai 2001 à Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou).

36. Bouguerra Rachid, 25 ans, originaire de Maâtkas (Tizi Ouzou), bénévole au Croissant Rouge Algérien, blessé par balle le 27 avril 2001 par des policiers de la BMPJ à Boghni, selon le témoignage de son frère, a succombé à ses blessures à l’hôpital de Tizi-Ouzou.

37. Boukhedad Kamel, 15 ans, tué de trois balles dans le dos, tirées par le chef de brigade de gendarmerie de Seddouk (Béjaïa) le 25 avril 2001.

38. Bouremoua Zahir dit Djamel, 21 ans est mortellement blessé par balle par un policier à Toudja (Béjaïa) le 9 octobre 2002 (veille des “élections” communales).

39. Brahmi Saddek, 35 ans tué par balles le 26 avril 2001 à Ouzellaguen (Béjaïa).

40. Chaïbet Hocine, 16 ans, tué le 26 avril 2001 à Aït Yahia Moussa (Draa El Mizan) par un milicien de la garde communale. Selon le témoignage de sa famille, le père de la victime avait été également tué par le même milicien en 1996.

41. Chekal Rachid, 24 ans, originaire de Tigrine (Béjaïa), tué par balles lors des affrontements du lundi 18 juin 2001, près de l’hôpital d’Akbou.

42. Cherat Ali, dit Noureddine, 36 ans, originaire de Béni Yenni et demeurant à Aïn Benian (Alger), disparu lors de la marche du 14 juin 2001 à Alger, découvert mort à la morgue de l’hôpital de Aïn Naâdja d’Alger.

43. Chilla (ou Chima) Farid, 28 ans, tué par balles le 26 avril 2001 à Ouzellaguen (Béjaïa).

44. Chilla (ou Chima) Nacer, 16 ans, tué le 26 avril 2001 à Ouzellaguen (W. Béjaïa).

45. Chirani Ali, gardien à la direction de l’action sociale (DAS) de Khenchela, mort suite à un traumatisme crânien le 19 juin 2001. Il avait reçu un pavé sur la tête lors des émeutes dans la ville.

46. Daïd Mebarek, 42 ans, marié et père de 03 enfants, tué d’une balle dans le cou le 28 avril 2001 à Irdjen (Tizi-Ouzou).

47. Didouche Ferhat, 14 ans, demeurant à Draa El Mizan (Tizi Ouzou) tué le jeudi 21 juin 2001 par balles par des gendarmes suite aux émeutes provoquées dans la ville.

48. Djebbar Mourad, tué le 27 avril 2001 à Azazga (Tizi Ouzou).

49. Feddi Lamara, 25 ans, tué aux Ouadhias (Tizi-Ouzou) le 28 avril 2001.

50. Ghorab Djamel (ou Djallal), 13 ans, demeurant à Aïn M’lila (Oum El Bouaghi), tué par balles le 19 juin 2001 par un responsable d’une société nationale (SNLB), suite à l’attaque de son domicile par des manifestants.

51. Guendoud Amar, 23 ans, tué le 27 avril 2001 à Maâtkas (Tizi-Ouzou).

52. Guermah Massinissa, 19 ans, lycéen à Béni Douala, grièvement blessé à la brigade de gendarmerie du village le 18 avril 2001. Succombe à ses blessures le lendemain à l’hôpital Mustapha d’Alger.

53. Haddad Nadir, 26 ans, tué par balles le 25 avril 2001 à Ouzellaguen (Béjaïa)

54. Hamache Arezki, 32 ans, tué le 28 avril 2001 à 15h 30 par des gendarmes à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou).

55. Hameg Nacer, demeurant à Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou), mort par asphyxie suite aux jets de grenades lacrymogènes le lundi 28 mai 2001.

56. Hamened Youcef, 18 ans, lycéen en classe de terminale, originaire de Timizart, tué le samedi 28 avril 2001 à Mekla (Tizi-Ouzou) par des gendarmes.

57. Hamidechi Mohamed, grièvement blessé par balles à la tête le lundi 28 mai 2001 à Tadmaït (Tizi-Ouzou), succombe à ses blessures.

58. Hamouda Mohamed, 26 ans, tué par balles le 29 mai 2001 à Tadmaït. (Tizi-Ouzou)

59. Hamoudi Yahia, 60 ans, tué d’une rafale de kalachnikov à Béni Mohli (Sétif) le 27 avril 2001.

60. Hamza Rachid, tué le 23 mai 2001 à Feraoun (Tizi-Ouzou).

61. Hanniche Hamid, 19 ans, lycéen originaire de Frikat, près de Draâ El Mizan (Tizi-Ouzou), grièvement blessé d’une balle dans la tête par un militaire, en faction devant l’Amirauté d’Alger, à la fin de la manifestation pacifique du 31 mai 2001, (alors que la victime se trouvait dans un camion s’apprêtant à rejoindre son village) succombe à sa blessure le 5 mai à l’hôpital Mustapha.

62. Harem Slimane, 34 ans, originaire du village d’Aït Mesbah, milicien de la garde communale de Béni Douala (Tizi-Ouzou) grièvement blessé lors de l’assaut donné par les manifestants au siège de la garde communale le 24 mai 2001, succombe à ses blessures le 6 juin 2001.

63. Harfi Mokrane, 25 ans, originaire du village Takhourt Neldjir, tué par des gendarmes à Boudjima (Tizi-Ouzou) le samedi 28 avril 2001.

64. Hassan Noureddine, 17 ans, tué par balles le 26 avril 2001 à Ighzer Amokrane (Béjaïa).

65. Haya Noureddine, 27 ans, demeurant à Helouane, près d’Ighzer Amokrane (Béjaïa), grièvement blessé par balles le 19 juin 2001, succombe à ses blessures de 20 juin à l’hôpital d’Akbou.

66. Heddad Hamza, tué le 27 avril 2001 aux Ouadhias (Tizi-Ouzou).

67. Hettak Youcef, 22 ans, originaire de Bouzeguène (Tizi-Ouzou), disparu lors de la marche du 14 juin 2001 à Alger. Son cadavre est retrouvé à la morgue de l’hôpital d’El Harrach.

68. Ifis Ramdane, originaire d’Ighram (Béjaïa) tué le 6 juin 2001.

69. Irchane Kamel, 27 ans, originaire d’Aït Aïssi (Yakouren), tué le 27 avril à Azazga (Tizi-Ouzou) par balles au niveau du thorax par des gendarmes postés sur des terrasses, alors qu’il portait secours à un blessé.

70. Kennache Aziz, 27 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou).

71. Khelfouni Kamal, 28 ans, demeurant à Draa El Mizan (Tizi-Ouzou), tué par balles le jeudi 21 juin par des gendarmes.

72. Khorsi Hamza, tué aux Ouadhias (Tizi-Ouzou) le 28 avril 2001.

73. Laadlani Saïd, 50 ans, agent du PMU, mort le 22 mai 2001 à Maâtkas (Tizi-Ouzou), suite à une asphyxie par gaz lacrymogènes.

74. Lamini Samir, 19 ans, meurt écrasé par un camion de la gendarmerie le 19 juin 2001 à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou) lors des affrontements qui ont eu lieu dans la ville.

75. Madjane Mehdi, 35 ans, originaire de Béni Djelil, tué le 28 avril 2001 à Seddouk (Béjaïa).

76. Makhmoukhen Kamal, 18 ans, tué de deux balles dans le dos tirées par des gendarmes le mercredi 25 avril 2001 à Ighzer Amokrane (Béjaïa) selon le témoignage de sa famille.

77. Malek Kamel, 24 ans, journalier, originaire de Timézouine Chorfa, tué d’une balle dans le thorax, le 27 avril 2001 à Azazga (Tizi-Ouzou).

78. Medjane Farid, 11 ans, tué le 26 avril 2001 à Seddouk (Béjaïa).

79. Mehadi Mustapha, 30 ans, cuisinier de profession, tué d’une balle dans le thorax, le 27 avril à Azazga (Tizi-Ouzou).

80. Menad Benabderrahmane, 32 ans, marié et père d’un enfant, grièvement blessé d’une balle dans la tête le vendredi 25 mai 2001 à Tazmalt (Béjaïa), succombera à ses blessures le dimanche 27 mai à l’hôpital d’Akbou.

81. Merzouki Arezki, 75 ans, père de 4 enfants, demeurant à Tala N’Chebiha, près de Tigzirt (Tizi-Ouzou), grièvement blessé lors de la marche du 14 juin 2001 à Alger, succombe à ses blessures le 25 juin à l’hôpital de Tizi-Ouzou.

82. Mesbah Abdelkrim, dit Krimo, 20 ans, originaire de Guendouz, près d’Ighil Ali (Béjaïa), tué par balles le lundi 18 juin 2001 près de l’hôpital d’Akbou par le policier Ali Belhbib, selon le témoignage de sa famille et de ses amis.

83. Messalti Hafid, 13 ans, tué par balles par un gendarme devant la porte du domicile familial à Takrietz (Béjaïa) le vendredi 25 mai 2001.

84. Meziani M’Henni, 19 ans, lycéen, originaire d’Iloula, tué le 28 avril 2001 à Boubhir, près de Bouzeguène (Tizi-Ouzou).

85. Mimoun Charf Eddine Mourad, 15 ans, originaire de Boukhlifa, tué le jeudi 26 avril 2001 à Tichy (Béjaïa).

86. Mokdaden Djamel, 16 ans, tué le 25 avril 2001 à Seddouk (Béjaïa).

87. Mokhtari Amar, tué le 27 avril aux Ouadhias (Tizi-Ouzou).

88. Mokrab Oulbane, dit Azeddine, 23 ans, tué le 28 avril 2001 par balle par des gendarmes à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou).

89. Morsli Baghdad, demeurant à Labiod Sidi Cheikh (El Bayadh), tué d’une balle dans la nuque le 4 octobre 2001 par un policier selon le témoignage de ses proches lors des émeutes qui avaient éclaté dans cette localité.

90. Mouter Sofiane, 21 ans, tué d’une balle au thorax, le 27 avril 2001 à Azazga (Tizi-Ouzou).

91. Naâmane Tewfik, 25 ans, originaire d’Aït Toudert (Tizi-Ouzou), mortellement blessé par un véhicule banalisé au Hamiz (Boumerdés), alors qu’il se dirigeait à la marche du 14 juin à Alger.

92. Naït Amara Omar, 29 ans, tué par balles par des gendarmes le 28 avril 2001 à Aïn El Hammam (Tizi-Ouzou), alors qu’il participait à l’évacuation de Mme Aït Aba Nadia, mortellement blessée.

93. Naït Lamara Mohand El Hocine, 19 ans, lycéen, originaire du village d’Abouhassant, près d’Aïn El Hammam (Tizi-Ouzou) est tué le 28 mars 2002 par balle lors d’affrontements près de la brigade de gendarmerie d’Abi Youcef (Aïn El Hammam).

94. Nedjma Fadhila, 26 ans, journaliste au quotidien Echourouk, écrasée par un bus, lors de l’incendie du dépôt de la RSTA de la rue Hassiba Benbouali (Alger) par des émeutiers le 14 juin 2001. Elle succombera à ses blessures à l’hôpital Mustapha.

95. Nekali Abderrahmane, 27 ans, demeurant à Akbou (Béjaïa), tué par balles le lundi 18 juin 2001 à hauteur de l’hôtel Le Palace.

96. Ouahab Rachid, 17 ans, lycéen, tué le 27 avril 2001 à Maâtkas (Tizi-Ouzou) par des gendarmes d’une balle dans la tête.

97. Raab Slimane, 23 ans, originaire de Bouzeguène (Tizi-Ouzou), grièvement blessé au cou par des tirs de gendarmes le 28 avril 2001, décédé le 12 mai à l’hôpital de Tizi-Ouzou suite à ses blessures.

98. Rahim Karim, 20 ans, employé à l’hôtel Thiniri de Boghni (Tizi-Ouzou), poignardé par un manifestant le 28 avril 2001 lors du saccage de l’établissement.

99. Rihane Mohamed, 18 ans, originaire d’Almabouamane, près de Timizart (Tizi-Ouzou), grièvement blessé à la tête lors d’un tabassage par les services de sécurité le 26 mars 2002 à Fréha (Tizi-Ouzou), succombe le lendemain à ses blessures (hémorragie cérébrale).

100. Saddek Brahim, 38 ans, tué par balles le 26 avril 2001 à Ouzellaguen (Béjaïa) par des gendarmes.

101. Sadet Youcef, 20 ans, originaire de Tamassert (commune d’Aghribs), grièvement blessé d’une balle dans la tête à Azazga (Tizi-Ouzou) le 27 avril 2001. Mort à l’hôpital Mustapha trois jours plus tard.

102. Saïdani Djamel, 39 ans, originaire de Béjaïa, grièvement blessé lors de la marche du 14 juin à Alger, succombe à ses blessures le 18 juin.

103. Saïdi Akli, 35 ans, originaire d’Aokas, routier de profession, tué d’une balle dans la tête à Ouzellaguen (Béjaïa) le 25 avril 2001.

104. Sebas Lahcène, 15 ans, lycéen, demeurant à Tizi N’Braham, commune de Bouandas (Sétif) tué par balles le 30 mai 2002, lors des manifestations de rejet des « élections  » législatives.

105. Sennour Boudjemaâ, 14 ans, collégien, originaire d’Aït Abdelkrim (Ouadhias), tué le 28 avril 2001 aux Ouadhias (Tizi-Ouzou).

106. Serraye Hafnaoui, 30 ans, demeurant à Béjaïa, circulant en moto avec son compagnon, fut violemment percuté par une voiture banalisée de la police lors de la reprise des manifestations, le vendredi 15 juin 2001. Ses amis accusent le policier surnommé Ali Bab El Oued d’être l’auteur de ce meurtre. Selon le témoignage de son frère, la moto aurait été ensuite incendiée par des policiers.

107. Sidhoum Karim, 17 ans, originaire de Chellata, grièvement blessé par balles le 18 juin 2001 à Akbou (Béjaïa), succombe à ses blessures à l’hôpital de Sétif.

108. Slimani Nafaâ, 23 ans, originaire du village Ikoussa, est tué par balles au thorax par des gendarmes le 23 mai 2001 à Bouzeguène (Tizi-Ouzou).

109. Tounsi Djamel, 25 ans, originaire de Mizrana, est tué par arme blanche le 1er avril 2002 à Tigzirt (Tizi Ouzou) suite aux affrontements avec les gendarmes.

110. Yagouni Noureddine, 34 ans, père de 2 enfants, tué le 28 avril 2001 de plusieurs balles par des gendarmes à Chemini, près de Sidi Aïch (Béjaïa).

111. Yahiaoui Habib, 34 ans, demeurant à Dahra (Chlef), tué le samedi 28 juillet 2001 par balles par le maire du village, suite à un mouvement pacifique de protestation devant le siège de la mairie.

112. Yahia Chérif Karim, 31 ans, tué par balles le jeudi 26 avril 2001 à El Kseur (Béjaïa).

113. Yakoub Lyès, 13 ans, demeurant à Guenzet (Sétif), grièvement blessé par balles lors des émeutes du mercredi 20 juin 2001, succombe à ses blessures le jour même lors de son transfert à l’hôpital de Bordj Bou Arréridj.

114. Yousfi Azzeddine, 36 ans, marié et père de 2 enfants, demeurant à Tassaft, près de Beni Yenni (Tizi-Ouzou), tué par un tir de grenade lacrymogène près de la brigade de gendarmerie de Tassaft le 29 mars 2002.

115. Zekkar Fatiha, épouse Remadni mère de famille, demeurant à Khenchela, tuée d’une balle dans le thorax le 11 juin 2001, alors qu’elle se trouvait sur son balcon, observant les manifestations.

116. Zerrouk Adel, 25 ans, journaliste au quotidien El Bilad, meurt écrasé par un bus, lors de l’incendie du dépôt de la RSTA de la rue Hassiba Benbouali (Alger) lors de la marche du 14 juin 2001.

 

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