NATION KABYLE / AUTONOMIE : LA VOIE ROYALE

Par: MUHEND LARVI TAYEV, Enseignant Universitaire, Président par intérim du MAK

NATION KABYLE / AUTONOMIE : LA VOIE ROYALE

Le peuple kabyle ne s’est pas réveillé tout à coup d’un sommeil profond pour se remémorer son histoire, se souvenir de ses héros et se rappeler de ses combats. La persistance de sa lutte pour l’indépendance et les soulèvements populaires qui ont jalonné son parcours historique témoignent de son irréductible volonté à s’émanciper de ses conquérants éphémères et de s’autodéterminer de toute tutelle, de toute idéologie et de toute croyance subreptice qui tend à détourner son esprit et sa raison de sa propre volonté.

En tant que premier responsable du MAK, je dis en toute conscience et avant toute autre revendication, que le peuple kabyle est en droit de se dispenser de la production d’un certificat de nationalité que la colonisation entend imposer à notre peuple. S’il faut expliciter, faisons-le !

Depuis la préhistoire, notre pays a été la proie constante des puissances qui l’ont cerné. Pas un répit ne lui a été accordé pour ériger des cités et construire des institutions pérennes. Sa faculté à survivre au temps et aux événements lui vient d’une organisation sociale souple basée sur des principes démocratiques immuables et une soif de liberté chevillée au corps. Mais naturellement, la base matérielle de cette permanence de la nation kabyle est l’indépendance de son territoire jamais entamée avant la défaite face à l’armada coloniale française de 1871.

Le cours de ces longues ères de bouleversements et d’agressions a développé la cognition suffisante qui a permis de résister et de garder intacte sa personnalité en dépit de tous les aléas.

Tout au long du Mouvement national, la nation kabyle n’a ménagé ni son énergie, ni ses richesses et ni le sang de ses enfants pour initier, fédérer et exécuter toutes les opportunités pour la libération de l’Algérie. En retour, elle n’a subi que rejet et ostracisme de la part des autres concitoyens plus enclins à se chercher racines et fraternité au Moyen et en Extrême-Orient.

Depuis l’indépendance, notre nation subit les assauts incessants d’un régime arabo-islamique qui s’érige en colonisateur de la Kabylie à travers l’école, les démembrements administratifs, la police, la gendarmerie et maintenant la mosquée.

La normalisation de la Kabylie se fait également par l’entremise de l’électoralisme qui aguiche les appétits de certains partis mais aussi de simples aventuriers communément appelés Kabyles-de-service qui s’associent régulièrement aux mascarades électorales où l’on a souvent vu la cooptation d’énergumènes rejetés et bannis par leur communauté qui les somme de ne pas parler en son nom.

En dépit du boycott récurrent des élections municipales et régionales, le pouvoir algérien impose des édiles communaux et des représentants à l’assemblée départementale et ces faux élus vont désigner à leur tour des « sénateurs », également faux qui vont siéger à la deuxième chambre. En bout de course, la Kabylie ne sera représentée à aucun échelon de l’État par aucun authentique élu. Bien sûr, la situation n’est pas en soi-même inédite puisque depuis l’Indépendance toutes les représentations dites « populaires » de l’édifice étatique (APC, APW, APN, Sénat) ne sont que des chambres d’enregistrement et de parrainage au nom du peuple de décisions nées d’une politique qui s’est concoctée sans et en dehors d’elles. Tous les Algériens ont subi ensemble cette humiliation jusqu’à l’organisation des législatives du 30 mai 2002 qui a buté devant la détermination des Archs, première organisation civile que légitime le soutien unanime de la population d’une région. Depuis cette date, la Kabylie déclame, à juste raison, qu’elle n’a pas de représentation parlementaire et que par conséquent elle n’est pas comptable des décisions prises par l’APN.

Aujourd’hui la situation a changé. Le MAK qui va célébrer dans quelques mois le 10e anniversaire de sa naissance, a imprimé à la revendication d’autonomie qui était dans l’esprit de générations de militants, une assise nationale, une incarnation structurelle et une dimension internationale grâce à l’action politique et diplomatique du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK ), promulgué le 1er juin 2010.

Le travail auquel il s’est attelé sans relâche porte ses fruits par une adhésion populaire qui ne connait aucune inflexion depuis maintenant une décennie. Il s’enorgueillie particulièrement de l’adhésion de certains animateurs politiques de la Kabylie qui ont observé jusqu’ici une certaine réserve et qui figurent désormais dans l’agenda politique du Président du GPK. Leur contribution et leur proximité ne peuvent que renforcer la percussion de nos idées et le resserrement des rangs de notre peuple.

Cette nouvelle configuration se traduit objectivement par l’adaptation des structures du Mouvement qui auront à intégrer toutes nos compétences. Le 2e congrès du Mouvement qui sera organisé au cours de cet été prendra en charge le traitement de cette nouvelle donne en priorité.

« Barrages bloquants sur la RN12 (Tizi-Ouzou/Boumerdès) et la voie express Boumerdès-Alger, fermeture momentanée de la RN5 au niveau des gorges de Lakhdaria, interdiction de circulation des trains, fouille des bus, la capitale a été durant la journée d’hier quasiment isolée de la Kabylie et de l’est du pays ». Ce n’est pas le MAK qui parle ainsi mais le journal “Le Soir d’Algérie” du 23 janvier 2011 qui titre un de ses articles à propos de la marche organisée par le RCD à Alger.

Je pense que cette vérité se passe de commentaires même si au même moment, à Paris, le responsable du RCD France s’entête à imposer que “ cette manifestation n’est organisée pour aucune région du pays mais pour tous les Algériens, confrontés aux mêmes problèmes, à la même hogra et au déni de justice et au même bâillonnement des expressions”.

Le message de soutien et l’appel lancé le jour même de cette marche par M. Ferhat Mehenni, le Président du GPK en direction du RCD et du FFS trouve ici tout son sens.

Les peuples d’Algérie savent que c’est le régime en place depuis 1962 qui veut fragmenter leur patrie commune afin de perpétuer sa domination.

Les peuples d’Algérie doivent savoir aussi que ce sont l’histoire, la culture, le vécu, le ressenti et la magnifique résilience du peuple kabyle qui ont républicanisé les pratiques des dogmes et des religions par la célèbre formule “jmaâ liman” qui désarme toute velléité d’embrigadement ou de récupération.

Pour notre part, nous restons persuadés qu’une Kabylie autonome, paisible, laborieuse et solidaire est le premier gage de la libération de tous les Algériens.

À chacun de prendre ses responsabilités.

ASIF N AT AYSI, le 23 janvier 2011

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