Le genocide

Par: Pluralité Liberté 

Le mot génocide a été forgé à partir du grec {genos}, race, avec le suffixe latin — {cide} désignant le meurtre. Il est entré dans le droit international en 1945 pour désigner « {des actes commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel} » (article II de la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948). En effet, l’Organisation des Nations Unies l’a officialisée pour qualifier le meurtre planifié d’un groupe d’êtres humains sans autre motif que leur appartenance à ce groupe. Ce terme s’applique bien entendu à l’extermination des juifs d’Europe. Mais aussi aux millions d’Arméniens, Kurdes massacrés par l’État Turquie. Ainsi que d’autres peuples boucs émissaires à travers le temps, de par le monde.  Cet terme s’applique tout particulièrement aux différents peuples Mazighes victime d’un génocide qui ne dit pas son nom. Ce terme s’applique pour le PEUPLE KABYLE, mon sang, victime de ségrégation raciale : ethnocide.

Dès la complète conquête de l’Afrique du Nord par l’armée musulmane. La pensée mazighe a été progressivement transpercée, embrouillée, par l’arabisme qui l’ait graduellement cannibalisé par l’intermédiaire de l’islam. Cependant, sans conséquence pour la langue mazighe restait, ultra dominante, durant des siècles. L’expulsion des musulmans d’Espagne et leur implantation en Afrique du Nord, la colonisation turque, furent les principaux facteurs d’arabisation des Mazighens. La colonisation française n’a fait qu’accélérait le phénomène, inscrit, depuis dans la permanence, la continuité. En effet, l’indépendance, les états racistes d’Afrique du nord tentent par tous les moyens dont ils disposent de parachever le travaille. De mener à terme l’ethnocide et au plus vite.

Une in-dépendance qui a met en lumière, un colonialisme d’esprit, camouflé, embusqué à l’ombre de l’occupation turque, ensuite française. Les grands penseurs mazighs qui ont marqué de leurs empreintes, leurs siècles. L’ascension des Mazighens aux rangs d’empereurs est-elle un accident du « hasard »? Le rayonnement des royaumes mazighs musulmans une pure coincidence ? Non tous ces faits et les autres témoignent d’un esprit d’entreprise, de tacticien hors norme, de militaire habile, de penseurs visionnaires. Ces faits ne manquent pas de soulever des questions significatives. Pourquoi, les Mazighens n’ont-ils jamais su s’organiser ? Jamais pris, politiquement, en main, leur destin ? Pourquoi, depuis la chute de Rome, trébuchent-ils à la dernière marche, de toute occasion historique de s’élancer vers la liberté et construire enfin leur NATION ? Pire, ces 6 derniers siècles, compte tenu des circonstances, ils ont vécu, respectivement, en vaste clos, en replis. C’est-à-dire indépendant, néanmoins sans aucune autorité politique propre, juste des république villageoises  » des « confédération républicaines » Conséquence de plus fâcheuse qui contribuera à la situation en cours. Une réponse est marquée du sceau de l’évidence, les puristes diront même que je ne me suis pas foulé un neurone, pour la trouver : L’absence de force, de culture, de traditions politiques est leur talon d’Achille.

Durant les années de plomb, nombreux les observateurs attentifs, concernés à plus d’un titre, qui considéraient que l’agressivité du pouvoir d’Alger, en direction de la Kabylie, est le fruit d’un baathisme (parti socialiste de la résurrection arabe !) se cherchant un équilibre pour sa matrice idéologique. Rappelant qu’il est un sous jacobinisme perverti, imprégner du national-socialiste inestimable aux nazis qui ont trouvé refuges en araberie* en Égypte, par exemple … Les observateurs n’étaient pas, à mon sens, des naïfs potins ou pire, de salauds de traites. Des corrompu, sans dignité. Plutôt utopiques, peut-être, espéraient-ils, secrètement, participer à l’émergence d’un deuxième pôle démocratique, d’une puissance économique, intellectuelle, militaire équivalente à ses rivaux, l’Ouest et l’Est. Ils conjecturaient dans l’ordre, l’épanouissement de l’idéologie baathiste, la naissance de république laïque et la réalisation de la démocratie du monde arabe. Chaque peuple de l’empire arabe, enfin réunifié grâce aux baathistes, se retrouvera au gouvernail de son espace. Sa langue, sa culture prospéreront. Cette idée a eu une influence néfaste sur la détermination des Kabyles.

En attendant que le miracle se produise, le mur de Berlin se visite dans les musées. Cette évolution historique, prémices à une mondialisation fulgurante, ne confirmera nullement la thèse d’algerianistes. Du moins jusqu’à maintenant. Au contraire, les événements tragiques printemps, aux deux couleurs contrastantes, modifièrent irréversiblement la perception. Si pendant longtemps, un infime cercle d’intellectuel Kabyle Chawi engagé, dénonçait et à raison, le linguicide, culturcide l’historicide subi par les Mazighens. Aujourd’hui, de plus en plus de Kabyles Chawis Rifains Chleuhs, discutent l’idée, moins sa pertinence, mais sa trame. D’autres vont plus loin, suggèrent ouvertement un génocide. Concernant les trois mots en italique, il faut être un borgne d’esprit pour le contester. Par contre le génocide… J’ai murement réfléchi à la question, finalement la suggestion me parait viable. Légitime soutenable. À condition de tenir compte de plusieurs paramètres. À condition de l’expliciter, l’observer sous l’angle d’un génocide pacifié. Un génocide sans qu’il y ait nécessairement d’épuration ethnique, par le feu des armes. Un génocide à long terme, par extinction de la langue. Alors cette phrase, prend tout son sens. « Des actes commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel »

Le mouvement autonomiste, fait son apparition, parce que la kabylitude arrive à maturation. Mais surtout, supporter l’autorité, attendre un moindre infléchissement d’un pouvoir que l’on ne qualifiera plus de tyran intransigeant, mais de génocidaire n’est plus envisageable. C’est même désespérant de le supposer ne serait ce, momentanément. Supposant qu’aucun kabyle, n’est restait, en bas de l’arbre, la branche cassée à la main. Se demandant, s’il est vraiment tombé, ou n’est pas encore, monté sur l’arbre.

Aujourd’hui, les raisons d’espérer sont multiples. Les raisons de croire que l’on tiendra compte des erreurs du passé sont grandes. Les raisons d’accorder un immense crédit au mouvement autonomiste, sont palpables. Un mouvement qui se structuré, étend son influence. Un mouvement qui s’est doté d’un outil politique d’importance.

L’action politique se combine, s’accompagner d’objectif visible, concret. Deux priorités impératives. La diplomatie, pour sortir la Kabylie de son isolement, trouver des soutiens, lorsque la question de l’indépendance, faute d’autonomie élargie, serait exposée au siège de l’ONU, du T.P.I… L’éducation, pour instruire l’enfant kabyle dans sa langue. Dans une école pensée par l’autonomie. Cette école est essentielle, cruciale. L’enjeu n’est point la survie, nous y sommes, mais l’émancipation de l’identité Kabylie. Tant pis, j’en froisserai plus d’un, pour appui mon propos, je dirai qu’actuellement, même les Kabylophones les plus ardents défenseurs de l’autonomie, sont psychologiquement arabisés. Ils ont inconsciemment, involontairement substitué à leurs opinions, la morale controuvée, issue du livre du bonimenteur bédouin et ses sous produits, la sunna, charia. Pour y remédier, il faut une transformation énergique. Une désintoxication alchimique, complète de l’esprit kabyle façonné par l’éducation algérienne qui dénature travestit, la réalité. Cette action se produira exclusivement par la fondation d’une école kabyle, laïque. Si nous en sommes au stade de revendication élémentaire : enseignement de la langue, son officialisation au côté de l’arabe. Autonomie administrative. C’est parce que les Kabyles Chawis ont été, dès le balbutiement du nationalisme amazigh, possédé, dupé au sens large du terme. Dans leur volonté à reconquérir leur territoire respectif, ils ont ignoré leur identité et délibérément rangés, enrôlés, ralliés — provisoirement — sous la bannière de l’arabe musulman. Ce fut une erreur stratégique, monumentale, aux conséquences dramatiques. L’actuelle situation homologue, valide le propos. Dans l’acharnement qu’ils ont mis, la concentration de tous les instants, pour l’indépendance. Ils n’ont pas décelé les indices, l’intention génocidaire des ben badissiens, en phase d’élaboration.

De leur côté, les ben badissiens en ont fait une autre lecture. Ils voyaient dans le ralliement, une preuve sanctionnant leur aspiration, au lendemain de l’indépendance. Au jour de l’épuration du pays des francophones, l’on s’arabisera facilement. Cet objectif était au centre de leur projet politique. En effet, durant toutes les années d’activisme politique, de préparation à la lutte armée. Les années du sacrifice sur le champ de bataille. Ils ont posé des pions à tous les points stratégiques, du mouvement de libération. Ceci pour deux raisons décisives, prendre le pouvoir, consolider les frontières du nouvel État algérien, soigneusement arabisé bien avant sa naissance. La brutalité, soudaineté employée pour enrayer la rébellion kabyle de 1963, issue des rangs des combattants pour l’indépendance, est un indice déterminant en faveur d’un génocide pacifié. Un génocide imaginé dés 1929 et met en pratique, en 1962. En cela, boumediene porte une lourde responsabilité, à sa décharge, il n’était qu’un larbin des ben badissiens, les véritables patrons du pays. Bien évidemment, ils ont laissé une grosse part du gâteau, des richesses naturelles du pays, aux larbins, aides de camp. Leur priorité était, est, l’arabisation totale du territoire conquis, en 1962, par la ruse, le meurtre des chefs militaires.

À la fin des années soixante-dix, les ben badissiens prenaient conscience que leur plan risque de se noyer dans un verre d’eau. Ils accélèrent, dans la précipitation, l’arabisation de tous les appareils d’État. Particulièrement l’école. À l’aube des années quatre-vingt, leur volonté affichée, d’en finir avec le Kabyle. L’interdit condamnant la poésie, patrimoine culturel universel, la lucidité, la conscience de Dda Mammeri. Sonnent le réveil des Kabyles et transforment la Kabylie, en berceau de la résurrection amazigh. Depuis, l’accalmie est ponctuée de révolte, s’étendant sur l’ensemble du territoire. D’émeutes sporadiques, circonscrites. D’effusions du sang, pour insuffler la peur. Gagner du temps, pour réaliser l’arabisation.

Êtes-vous disposé à laisser les ben badissiens actuels menés à son terme, le génocide ? Êtes-vous d’accord à leur légué, vos biens, votre terre, votre intelligence, votre dignité, votre honneur ? Êtes-vous enclin à les aider à fabriquer, la guillotine et décapiter la langue kabyle Chawis ? Est-ce le non à toutes ces questions qui a suscité l’évènement de 1963 ? Hélas, la réflexion suivante achève de me déconcerter. La rebellions armée était mille fois regrettables, de tant plus, elle arrivait trop tard. Les rapports de force étaient très largement en faveur des ben badissiens. La Kabylie avait besoin de reprendre des forces, son souffle. Les leaders de l’époque avaient suffisamment de références pour anticiper la manipulation, la provocation, épargner la vie de centaines de personnes et polariser l’énergie kabyle, sur la lutte identitaire. Que du temps perdu.

*pays dits, arabes.

Dis-moi le prix consenti à payer, je te dirai ce que tu veux.

Commentaires

  1. ifarman dit :

    Le malheur des kabyles c’est d’avoir laissé pendant des siècles, les confréries islamo-salafistes se développer en kabylie par le truchement maraboutique. Ce qui a conduit au déracinement des kabyles. Lislam et l’encre des marabouts sorciés ont réussi, là où le sabre arabe a échoué. Dès les années 60 ces marabouts se sont coalisés aux pseudo-arabes au pouvoir pour imposer aux kabyles l’arabo-islamisme. Dans les années 80 il fallait en finir avec les kabyles pour mieux instaurer l’arabisme et le salafisme en algerie quitte à passer par le génocide kabyle. La suite on la connait et la contribution maraboutique a été décisive. Les kabyles perturbés sont devenus extrèmement méfiant au point où ils ne peuvent plus résister à l’arabo-islamisme galoppant.

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