La montagne et son envers du décor

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Par: Mourad Sadi

En cette basse saison, la communion s’installe entre le ciel et la terre ; aussi quotidiennement le ciel parait descendre très bas se mêlant ainsi à la terre comme s’ils étaient entrain de discuter, de s’enlacer tels deux amoureux qui se retrouvent après une longue séparation. Il câline la montagne par sa nappe de brume dansant au gré du vent sans doute attirée par la blancheur immaculée de la neige qui élit domicile jusqu’au début de l’été.

A l’arrivée d’odalisque, le décor change ; la lumière s’amoindrie, la circulation se raréfie ; les premiers signes de ce désert de brume charge l’atmosphère de cette impression d’être nulle part et loin de tout, dans cette belle  solitude froide des sommets. Cette impression de descendre du ciel et de contempler le néant.

Mais en inhalant cet air glacé et cristallin on le sent nourrir le corps et le fortifier car ce niveau d’altitude lui accorde la spécificité d’une fraicheur et d’une oxygénation purifiant l’être de toute forme de pollution. On sent alors les muscles durcir, à travers  ces saccades, comme celles des battements d’ailes des papillons, en allers retours,  voyageant entre le nez, la bouche et les poumons. Il aura été l’alimentation des peuples de montagnes qui ont toujours été délaissées par les puissances économiques de leurs gouvernements, ces fameux génies des  pouvoirs de…. l’estomac.

 La vengeance de ces montagnards, sur leur triste sort, c’est de se  rassasier d’air pur, au détriment de l’ autre énergie alimentaire, la plus fréquente. Cet air, surement, à force de fortifier les muscles et de purifier le sang, provoque des déclics de conscience. Elle donne du carburant aux moulins du cerveau ; lui, ce beau vecteur de la vie qui prend conscience de toutes les menaces qui pèsent sur lui.

 C’est le grand amour entre l’humain et son  autre « soi » celui qui ne se réveille que dans cet environnement de paix, celui qui échappe à toute logique, celui qui vit dans le cœur.

L’escale de l’esprit, dans cette région d’Icheladden est une source de convalescence pour toute agression de la vie. Elle rétablit l’équilibre des différentes fonctions des différentes parties engourdies qui composent l’humain, plus particulièrement le cœur et l’esprit.

C’est l’un des plus beau sommet, séparant la haute et la basse Kabylie, entre wizgan, ilulen, Chréa , At Zikki,iferhunen et iceladden, C’est le carrefour ou se rassemblent le déshéritement urbanistique de toutes ces régions. Elle est Pauvre en nourriture mais riche en air et en vision.

Comme toutes les régions de la Kabylie, elle a été à l’avant-garde de toutes les révolutions et ce depuis des siècles. Sa proximité avec les astres murit le peuple avant l’âge et l’imprègne du sentiment de liberté. C’est pour cela qu’elle désoriente toute tentative d’envahissement.  On a l’impression que le temps l’a traversée, mais n’a jamais voulu s’arrêter, Les seules traces qui reste de ce passage c’est l’appauvrissement et la dénaturation du peuple et le sang qu’il n’arrête pas de verser.

Le droit à la survie alimentaire est assez difficile, il y’a que les plus vigoureux qui ont réussi à s’imposer face à la nature. Les autres, sont obligés d’émigrer vers des plaines ou sont édifiées des villes.

Le chemin carrossable offre à la vison une variété de roches allant du granit au calcaire très peu exploitée par l’homme pour extraire du matériau et les innombrables sources d’eau que doit renfermer le sol peuvent donner à la région un véritable poumon économique sans compter d’éventuels hôtels, station de repos et…mais pour cela, faut il déjà, que ce soit en premier lieu les enfants de cette montagne qui profiteront du lait que leur offre le sein de leur mère…Ce ne sera pas évident ! les décideurs ont un appétit féroce  comme pour rattraper des siècles de faim qu’ils n’ont même pas vécu. Tout investissement relèvera d’un intérêt personnel d’un cercle restreint. La seule consolation pour ce peuple proche des étoiles sera donc cette beauté et cette nourriture qui échappe encore au contrôle.

Les quelques tentatives d’exploitation, donnent plus une image de montagne violée par une horde de terroristes dans leur anarchie et le non respect de l’environnement ! Ils ne procurent ni « bien être » ni emploi. Dans la pensée anarchique qui a toujours été bien déterminée et qui devient le facteur clé de l’évolution, dans une société de « zombies », la vie est une décadence et l esprit ….va avec.

Résignée à subir et impuissante pour lutter contre l’ironie du sort imposé, elle continuera à remplacer l’estomac par le poumon dans  cette triste beauté de…l’envers du  décor.

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