Droit ou coutume ?

Par: Pluralité Libreté

Le titre est plutôt une question posée à l’histoire ? Nous savons, en des temps plus lointains, les coutumes faisaient office des règles et conduites collectives à adopter, de lois tacites qui régissent la vie en société. Nous pouvons conclure donc, la justice, la loi émanent directement des coutumes. Nous savons aussi, aujourd’hui encore, c’est le cas parmi de nombreux peuple : Amérique Latine, Afrique ou encore la Grande Bretagne, pays riche et puissant qui n’a pas de CONSTITUTION ÉCRITE. Le transfert graduel du pouvoir de la Chambre des Communes au Cabinet a eu lieu petit à petit par coutume . En fait au commencement… la coutume était la justice chez tous les peuples et sur tous les continents. Alors Kabyles, soyez fiers de votre droit coutumier.

Le feu ne laisse pas de feu derrière lui : il ne laisse que des cendres. Proverbe kabyle.

L’organisation politique et sociale de Kabylie peut sûrement compter entre les plus originales du monde. Je ne connais pas de tableau qui fasse méditer plus profondément sur les conditions des sociétés humaines et sur leurs inévitables compensations. Le monde Mazighe* nous offre ce spectacle singulier d’un ordre social très réel maintenu sans une ombre de gouvernement distinct du peuple lui-même. C’est l’idéal de la démocratie, le gouvernement direct tel que l’ont rêvé nos utopistes. Ces mots parus dans la revue des deux mondes en 1873 et ont été maintes fois reproduits pour souligner l’excellence du peuple kabyle appartiennent à monsieur Ernest Renan. Grand hommage rendu à un peuple qui se gouverne en toute transparence. Un peuple qui n’a jamais construit de prison. Un peuple qui a sacralisé la parole. Un peuple qui signe ses engagements, non par des empreintes à l’encre qu’efface le temps, mais par des croyances universelles : l’honneur, l’honnêteté, respect et équité à l’égard d’autrui, l’éthique, l’humanisme… À la lecture de son histoire, nous découvrons qu’une conviction lui a été fatale : « certitude que les mêmes principes sont actés par autrui ».

L’œuvre de monsieur Hanoteaux et Letourneux, la Kabylie et les coutumes kabyles a, depuis sa parution suscitée de multiples travaux scientifiques et autant d’avis divergents. On trouve aussi sa référence dans de nombreux essais politiques. S’agit-il d’un vrai code juridique ou une simple compilation de coutumes abstraite ? Cette réponse appartient uniquement au peuple kabyle. Hanoteaux et Letourneux pensaient que les coutumes étaient une source formelle du droit. Nous pensons que la justice est née de conventions humaines inspiraient des coutumes. La justice est, dans sa conception occidentale, un principe philosophique juridique et moral reposant sur le respect du droit et de l’équité comme fondement de la vie sociale et de la civilisation. Le droit coutumier kabyle s’aligne sur ces principes universels ou de moins présente des affinités structurelles. Cependant il n’a pas connu meilleur devenir, car désavantagé par l’énigmatique « oubli » kabyle : l’écriture de la langue kabyle et son étude ? Nous pensons que de cet oubli découle le malheur des Kabyles. D’où la nécessité pressante de procéder au plus vite à la création d’une école tournée vers ces objectifs, reposant sur les fondements de la pensée kabyle laïcité, égalité, démocratie

En 1862, l’inspection générale de Draa Mizan [1] note dans son rapport : « La Tajmaït, juge les contestations civiles d’après la coutume du pays, elle connait de toutes les affaires quelle que soit leurs valeurs en matière civile et commerciale. Elle procède à la liquidation et au partage de toute succession entre les Kabyles suivant la coutume ». [2] Nos assemblées avaient tout prévues et possédaient donc toutes les compétitions et connaissances requissent pour rendre la justice sous toutes ses formes qu’elles soient. Avec une efficacité réelle, concrètement vérifiable sur le terrain où régnaient la paix sociale et l’égalité entre les citoyens.

Notant que les militaires ou l’administration civile utilisaient dans leurs rapports, pour désigner les assemblées villageoises, le terme arabe djamâa, en certaines circonstances carrément medjeless. Même formulation et effet du côté de nos frères Chawis.

Après « l’expulsion » de principaux leaders de la guerre de 1857, vers la Syrie. (En 1871 vers la Nouvelle-Calédonie). En fait ils furent tout bonnement expulsés de leur propre République qu’ils ont défendue contre l’envahisseur. Après ce désastre humainement, politiquement dévastateur pour notre pays, pour accentuer sa domination, la France entreprit de court-circuiter les réseaux politiques entre les différentes Tajmaïtes afin d’amener les Kabyles à se tourner vers l’administration française pour solliciter de l’aide, un conseil… pour régler les conflits. Dans ce but une idée destructrice émergea dans la tête de nos amis les Gaulois intitulée « projet d’émancipation des Tajmaïtes » ! Dorénavant les tribus, seront dirigées (dans les faits) par tenez vous bienAmins al Oumena”. Rappelant que les Khodjas (j’ignore le sens) formés par les bureaux arabes, s’occupaient déjà au niveau des tribus, des registres, collectaient et traduisaient les jugements des assemblées. Honnêtement, si l’explication fournie dans les références éclaire le titre et le rôle de l’amin al- Oumena, par contre l’intrusion du vocable arabe et sa « signification politique » en plein cœur des tribus kabyles nous sont étrangères ? Pure ironie bien sûr, pour vocation d’introduire l’incohérence du propos arguant qu’une politique « prokabyle » fut instituée et pratiquée sur le terrain, durant 132, par la France.

Une mouche ne produit pas de miel

Ce nouveau président de l’assemblée fonctionnaire/informateur/médiateur/KDS est choisi parmi les personnes qui maitrisent la langue arabe. Officiellement, son principal rôle se borne essentiellement au volet administratif : consignée les conflits et les sentences, faire des rapports à l’administration française, servir d’intermédiaire. Bref l’oreille et l’œil de la France. Dans les faits beaucoup d’amines al oumena furent imposés par l’administration coloniale. Ensuite, des personnes proposent de lui attribuer officiellement une fonction politique. Les rapporteurs de l’inspection nous donnent la raison, en effet ils soulignent, lorsqu’un sujet est débattu dans une assemblée kabyle tous les membres de la Tajmaït sont intéressés au débat. or, il est rare que toute discussion qui a trait à un intérêt communal ne présente pas sa face politique, la solution nous intéresse donc presque toujours et sous ce rapport l’autorité de l’Amin al Oumena comme chef politique peut nous être utile. D’où la nécessite de promouvoir le serf.

La France fut certainement « surprise » par la simplicité et la perfection de l’antique civilisation kabyle maintenue à travers les siècles par un peuple d’indomptable qui a su résister à toutes les invasions, même à la pire colonisation de toute son histoire : arabe musulman. Face à ce peuple, la France a estimé nécessaire d’étudier sa civilisation. Enfin quoi de surprenant ? Ce pays, terre de Celtes, de Francs, de Romains… a été construit par des êtres curieux, guerriers, téméraires… Chaque contacte est une occasion d’échanger, s’enrichir, conquérir, observer, analyser, améliorer son propre système politique, judiciaire, nourrir son intelligence. Eux et leurs cousins, sont tout simplement les fondateurs de la civilisation moderne, ce n’est pas rien non ? Nous le voyons, les motifs ne sont pas « désintéressés » et « philanthropiques », en effet il s’agissait d’établir aussi une domination intellectuelle. Il s’agit en effet de montrer aux indigènes, et surtout à ceux dans lesquels l’instruction incomplète des zaouïas a développé cette présomption si commune à l’ignorance que nous connaissons mieux qu’eux-mêmes, les mœurs, la religion, les conquêtes et les revers de leurs ancêtres.[3] De cet angle nous distinguons davantage les raisons profondes de l’étude dite « mythe kabyle » et la cohérence de la thèse du complot ourdi par la France pour diviser le peuple algérien et atteindre à son intégrité arabe musulman.

Le 4 avril 1864, Hanoteaux remit une lettre à François de Neveu, commandant de la subdivision de Dellys capitale administrative (c’est nous qui soulignons) de la République Kabylie colonisée, sommant toutes les tribus d’envoyer à Alger un Kanun chacune, celui du village le plus important de la confédération. Peut-on voir dans les Kanuns des textes de législation ? Si un Kabyle instruit au droit aurait rassemblé, compilé, amendé, codifié les kanuns aurait-il donné corps au squelette de la Constitution kabyle citée par certains auteurs ? A-t-on songé au sujet en sein du mouvement autonomiste ? Ou le programme politique s’ébaucherait-il à la calandre grecque ? Le feu lointain ne chauffe pas dit le proverbe kabyle.

Un article signé Clamageran [4] soulignait ce dont tout kabyle sait du fonctionnement de Tajmaït, à savoir les sentences et les exécutions ne procèdent pas de l’arbitraire d’un chef, Tamun en l’occurrence, mais de l’ensemble de la population admissent à siéger dans les rangs de l’assemblée. L’idée de Clamageran est explicitée par son analyse suivante : « Le Kanun est le recueil écrit des usages sanctionnés par la pratique, des règles ou décisions anciennes établies par l’assemblée, consenties par tous. Il tient de charte constitutionnelle, de code civil, pénal, administratif et militaire ; il n’admet pas d’autre code que lui-même, pas plus que la Tajmaït n’admet d’autre tribunal que le sien ». Comme nous l’avons souligné précédemment, les lois ne sont pas immuables et s’amendent, évoluent avec le temps, mais aussi au contact des civilisations amicales ou agressives. En effet la porte reste toujours ouverte aux réformes reconnues utiles, et il n’est pas rare de voir une décision de l’assemblée kabyle abroger des prescriptions surannées, pour leur substituer un règlement en harmonie avec les besoin nouveaux.

Nous conclurons cet article par cette analyse qui n’engage que son auteur, Takfarinas Azwaw : le peuple kabyle a d’abord été forcé d’être musulman besif. Ensuite, il a fait semblant de croire à l’idéologie musulmane pour ses intérêts matérielle, existentiel… avec le temps, il a oublié en quoi il croit ? Ses croyances propres, millénaire où Dieu ne s’adresse jamais, et ce, en toute circonstance, aux créations. Aux êtres humains de se tracer un chemin et tendre vers la perfection divine, erreur, correction, erreur dans la correction, observation…. Il finit par égaré ses croyances religieuses et s’entre mêlé les pinceaux, ne sachant plus qui croire ? À soi et ses croyances ou l’autre porteur d’une idée pas plus contraste que le feu et l’eau ? Il finit par croire qu’il a foi en l’islam, quelques-uns vont jusqu’à croire qu’ils sont arabes parce que l’islam les a rendus arabophones et reprochent des arrières pensés scissionnistes aux kabylophones – aux jugements arabisés par l’école – conscients qu’ils doivent redevenir kabyles pour se vivre en kabyle, en soit, en être humain libre et indépendant.

Takfarinas Azwaw.

[1] Traduction : La force de la justice. Je suis un peu déçu, j’ai posté un message sur le forum d’ADN et un autre sur le Mag personne n’a voulu nous dire comment se nomme cette région de Kabylie ?

[2] Archives des bureaux arabes.

[3] Circulaire du gouverneur Maréchal Randon aux bureaux arabes datée du 4 avril 1853 ; cité d’après Frémeaux et Perkins.

[4] Sans prénom cité par Camille Lacoste dans sa bibliographie de la Kabyle. Peut-être Jean-Jules Clamageran toutefois des doutes existe.

* L’auteur a écrit berbère.

Commentaires

  1. béjaia dit :

    les amazigh est un peuple stérile, sans but existancialisme ord le cadre de la croyance musulmane pure/non idiologique .

Laisser un commentaire

Le Tallud 79200 |
momema |
Yves HUSSON - Conseiller gé... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Nougatine
| J'aime les chevaux
| une guerre sans merci