Héros ou colonisateur ?

 Par: Pluralité Liberté

Je suis petit fils de nobles combattants pour la liberté, la décolonisation, l’indépendance sous toutes ses formes. J’ai hérité de leur soif de paix, de courage à affronter les difficultés afin que vive l’identité du pays Mazighe, afin que vive et perdure l’esprit du peuple kabyle. J’ai hérité de leur rejet systématique de toute colonisation sous quelle forme qu’elle soit. Mon esprit s’est formé dans l’assemblée villageoise où règne l’égalité parfaite où la liberté d’expression n’est pas un vain mot, même si la religion dominante et dominatrice l’a corrompue, les racines, sa source demeure vivante en chacun de nous. C’est avec cet esprit que j’ai abordé la carrière militaire du général Mazighe musulman, Tarik Ath Zaïde.

C’est avec cet esprit que je pose la question : est-il un héros ou un colonisateur sans scrupule ? Je vois en lui un homme qui n’a pas valorisé l’espoir, l’âme, l’esprit Mazighe par ses actes sur le champ d’une bataille dont il est l’instigateur, l’agresseur. Je vois en lui un homme qui a permet aux arabe musulman d’occuper la terre des Mazighe. Je vois en lui un traître qui mérite sa fin tragique. Je vois en lui l’image des Kabyles qui ont vendus leur âme pour un compte en banque garnie. 

Une chose est certaine, l’Espagne a été, comme le pays Mazighe, sous domination de l’empire islamique, dirigée par les Arabes, toutefois la conquête de l’Espagne comme le démontrerait l’histoire du général Tarik, a été l’œuvre des Mazighe (berbère), l’Espagne des compagnes nourricières à été Mazighe, juifs, castillans, jamais arabe. L’Espagne du petit peuple a été Mazighe, juif…jamais arabe. L’Espagne intellectuelle a été Mazighe, Juif, Perse rarement arabe. L’Espagne minoritaire, l’Espagne du règne, l’Espagne du pouvoir a été exclusivement arabe. 

 

Je me suis inspiré du regretté Tahar Oussedik. 

 

La conquête de l’Espagne fut entreprise, en l’an 711, par le Mazighe Tarik Ath Zaïde. Cet homme génial s’avéra, au cours de cette expédition, un officier de grande valeur, car, malgré les effectifs réduits dont il disposait, il remporta des victoires éclatantes. Emmenant une armée, forte de sept mille cavaliers Mazighes, il partit du port de Tanger traversa le Détroit qui sépare le continent africain de la péninsule ibérique et débarqua, sans coup férir, à Algésiras. Il fit alors brûler les galères qui transportèrent ses troupes et harangua ses guerriers : 

-L’ennemi, leur dit-il est devant vous. Vous pouvez venir à bout de l’adversaire, mais vous ne vaincrez jamais la mer où vous périrez engloutis dans l’eau salée. 

Il choisit ensuite comme point d’appui un gros rocher à qui il donna son nom (djebel Tarek et par contraction Gibraltar) et attendit le déclenchement des événements. Ne voyant rien venir, il se mit alors en marche et pénétra à l’intérieur du pays. 

A la suite de cette agression, cette volonté de coloniser leur terre, les Espagnoles ne se cantonnèrent pas dans la passivité et réagirent vigoureusement. Une armée de dizaines de milliers d’hommes furent rassemblées, mise sur pied de guerre et placées sous le commandement de Rodéric roi des Goths. La bataille entre le colonisateur et sa victime se produisit à Guadalette, dans la province de Cadix. S’estimant numériquement plus faible, Tarik ordonna à ses soldats de passer fougueusement à l’offensive et surtout d’attaquer sans esprit de recul, c’est-à-dire d’aller vers la mort en emportant le maximum d’adversaire mécréant afin d’atteindre le paradis céleste. Il ordonna aux différents détachements Mazighes de resserrer les rangs et de charger l’ennemi au galop et le combattre sans pitié Allah saura les récompenser. 

Leur attaque provoqua un désordre indescriptible dans les rangs des Espagnoles qui se transforma en déroute. Les Espagnols, battus par les « fidèles qui ne craignent la mort » abandonnèrent le champ de bataille, s’éparpillèrent dans la nature inhospitalière environnante et réussirent à échapper à leurs colonisateurs. Ils laissèrent la voie libre à Tarek et son armée, sur la route qui les menèrent à Cordoue, ils violent, pratiquèrent les razzias, meurtres… Le général n’eut aucune difficulté pour s’emparer de la ville où il s’installa momentanément afin de prendre du repos et reformer ses unités. En effet la population l’avait quitté effrayée par les exactions des nouveaux maîtres. 

Lorsque Tarek réceptionna les renforts demandés au gouverneur de Kairouan, il leva le camp et entra de nouveau en compagne pour ne pas donner à son ennemi le temps de se réorganiser. Une fois la région « pacifiée » Tarik fût remplacé et invité en Orient d’où il ne revint jamais, pour cause, il fût assassiné, son corps brûlé et les cendres jetées en mer ! Drôle de récompense. 

Alors est-il un héros ou un colonisateur ? En un mot un meurtrier comme tous les colonisateurs que la planète terre a vu naître. A-t-il renforce la colonisation de son propre peuple ? Pourquoi a-t-il finit en cendres quelque part en Orient, l’autre a conquit des pays volé leur richesses… pour sa patrie et son peuple qu’il a protégé de tout conquérant. 

L’un est sans droit, l’autre est une puissance mondiale !!!! Comme quoi on subit fatalement son histoire lorsqu’on la vit pour éblouir la propriété d’autrui et abandonner le sien au vent. 

Autre question : les arabo-musulmans assumeront-ils un jour leur passé de colonisateur ou continueront-ils à reprocher aux autres empires l’impérialisme, le colonialisme, l’esclavage… (France, Italie en ce qui concerne l’Afrique du Nord) et garderont un silence de plomb sur leurs méfaits ? Sur leur passé d’esclavagiste, de colonisateur… heureusement nul ne peut bâillonner indéfiniment l’histoire.

Commentaires

  1. Zira dit :

    P.L., vous avez très bien résumé l’histoire. Les Arabes ont réservé au général Tarik le sort que vous avez relaté. L’histoire officielle ne s’arrête pas aux maillons de la chaîne, fussent-ils des foudres de guerre. Elle ne voit que le résultat (surtout concernant les Arabes!) : les Arabes ont conquis l’Espagne. Moi, ce qui me révolte, ce sont ceux qui, des siècles après, se lamentent sur le fait que le royaume de Grenade ne soit plus arabe!! De la part des Occidentaux, cela relève du fantasme et du masochisme (des femmes voilées, des harems, des esclaves européens émasculés, etc.); de la part des Arabes et des arabisés, cela confirme leur ethnocentrisme. Il n’y a qu’eux sur terre. Quand ils sont colonisés, c’est un horrible crime de la part d’autrui, mais quand ce sont eux qui occupent des pays, il faut le voir comme une bénédiction pour les peuples qu’ils arabo-islamisent!! Il y a quelques années, je fus ahurie en lisant, sous la plume d’un journaliste algérien, le regret que l’Andalousie ne soit plus à « nous », alors que même l’Afrique du Nord n’aurait pas due être considérée comme arabe. C’est une falsification de l’histoire!! Mais allez inculquer à des gens envoûtés autre chose que ce qu’ils croient. L’idéologie arabo-islamique est un incendie dévastateur qui détruit jusqu’à l’âme de ceux qu’elle touche…

  2. tayda dit :

    L’histoire écrite et dite par les arabes,doit être lue par les berbères avec précaution et une extrême vigilance .Je ne crois pas par exemple à une Dihya agonisante recommandant à ces enfants de se soumettre,car ceci est contraire à la guerre sans merci qu’elle leur a livrée . Il faut savoir que la propagande arabe est sournoise et la takia leur permettant de mentir en tout .

  3. P. L dit :

    Je ne remets pas en question l’Histoire. bien évidemment qu’il faut toujours
    remettre les choses dans leur contexte pour les comprendre. Je présente l’histoire NÉGATIVE.

  4. Talafsa dit :

    Azul

    A part votre dernier paragraphe où vous avez posé des questions légitimes, toute votre diatribe, et votre façon de présenter les hommes de notre Histoire sont complètement à coté de la plaque. On ne peu écrire l’histoire sans prendre en compte toute les conditions et les manières de vie de l’ancien temps. Alors traiter des Hommes qui ont changer le visage du monde de traitre et je ne sais quoi, c’est regarder ce même monde et notre Histoire par le bout d’une lorgnette.
    Si nous prenons votre façon – toute petite – de lire l’Hitoire, qu’est ce que vous allez dire Alors de Koceila ( ce grand Chef Berbère qui a combattu l’envahisseur jusqu’à la mort ) même lui, après sa défaite à Tlemcen est devenu l’allie du chef musulman qui là combattu « Abû al Muhadjîr Dinâr » et il s’est même converti a L’islam pendant quelques temps, c’est qu’ ensuite qu’il a repris les armes. Et Dihia Tadmut ( cette grande Dame Berbère )? Elle aussi a demandé à ses enfants de se convertir a l’Islam la religion du conquérant, et par la suite ses enfants devinrent de grand généraux dans l’armée musulmanes, Elle aussi était une traitresse.? N’importe quoi.
    Et Syfax, et Massinissa, allies tour a tour des carthaginois et des romains eux aussi ce sont des traitres? Encore du n’importe quoi.
    Toutes les victoires d’Hannibal le grand contre Rome était en grande partie faite grâce aux cavaliers berbère de Massinissa. Et puis quand Massinissa a changé de camps pour celui de Scipion l’africain, la victoire aussi grâce toujours a ces même cavaliers a changé de camps.
    L’histoire c’est un instant ‘T’ des circonstance et une époque donnée, un tous en sommes, qui ne peu pas être dissocier par une envie ou un sentiment.
    Et d’ailleurs même pendant la deuxième guerre mondiale, beaucoup de maghrébin ont fait la guerre au coté de la France, et certain l’ont faite au coté des allemands, Alors ?

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