Carte d’identité kabyle: communiqué du GPK

Le peuple kabyle a démontré avec dignité et une constance remarquable au cours de son histoire multiséculaire, sa volonté de préserver sa liberté, sa langue, et sa culture en dépit de toutes les tentatives d’effacer son identité. Rares sont les peuples, comme lui, qui ont su s’organiser pour sauvegarder un patrimoine culturel plusieurs fois millénaires.

Dépersonnalisé, le peuple kabyle fut déjà l’un des objectifs de la puissance coloniale française. En effet, après le soulèvement de la Kabylie en 1871, l’administration coloniale, avait mis en place un recensement des kabyles pour en prévenir toute nouvelle insurrection et exercer le contrôle sur ce peuple qui n’accepte pas la perte de sa souveraineté.

Cet état civil colonial était conçu comme l’instrument devant effacer l’identité du peuple kabyle. La mission qui fut confiée aux « Bureaux Arabes », chargés de l’opération administrative, était de remplacer la plupart des noms de famille kabyles, ceux des villages et autres toponymes par des noms étrangers aux Kabyles.

Cette identité civile, imposée et falsifiée, a été reprise telle quelle par l’État algérien négateur dont elle conforte sa politique antikabyle, de même que l’administration algérienne en Kabylie se comporte comme une administration coloniale, étant donné qu’elle continue à afficher le même mépris pour notre langue et notre culture allant jusqu’à refuser un prénom kabyle ou amazigh choisi par des parents soucieux de transmettre leur héritage culturel à leur enfant.

Il est scandaleux que les documents administratifs délivrés aux Kabyles, 48 ans après l’indépendance du pays, ne soient toujours pas rédigés dans leur propre langue. Tout aussi inadmissible est le comportement de certains fonctionnaires, payés par les contribuables kabyles, refusant de s’adresser aux kabyles dans leur langue.

Je salue, au passage, le courage et les compétences de tous ces fonctionnaires de Kabylie qui passent outre les injonctions antikabyles et racistes du régime algérien.

Ce traitement d’un autre âge, issu d’un pouvoir illégitime en Kabylie, doit cesser pour faire place à un cadre de fonctionnement respectueux de notre identité et de nos valeurs.

153 ans après la perte de la souveraineté kabyle en 1857, 48 ans après l’indépendance de l’Algérie, il est temps maintenant que la Kabylie se dote de sa propre administration au service de son peuple. Il ne tient qu’à nous d’oeuvrer pour un avenir meilleur qui verra la nation kabyle prendre part, de nouveau, à l’histoire de l’humanité.

La mise en place des institutions officielles de la Kabylie commence par le recouvrement de l’un de nos droits les plus élémentaires : Celui de la réappropriation de notre véritable état civil.

Conscients de cette atteinte à leurs droits identitaires par l’actuel état civil ne respectant en rien leur véritable affiliation patronymique, le MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) avait pris l’initiative de lancer le concours de la meilleure carte d’identité kabyle.

Aujourd’hui, l’Anavad, gouvernement provisoire kabyle, s’engage à réparer cette injustice, en réalisant la première Carte d’Identité Kabyle de l’histoire. Elle sera la fierté et la propriété de tous les kabyles, comme elle va être l’une des premières pierres angulaires de cet édifice institutionnel propre à la Kabylie.

C’est un honneur et un devoir pour chaque kabyle de se voir remettre sa carte d’identité, enfin écrite dans notre langue maternelle. Ce pas significatif vers notre existence en tant que nation, dessine déjà les premiers contours d’une nouvelle ère pleine d’espoirs où le peuple kabyle retrouvera le contrôle de sa destinée, avec comme objectif, la construction d’une Kabylie libre, moderne et prospère.c vg

Vive la Kabylie autonome.

Paris le 8 novembre 2010

Pour l’Anavad (Gouvernement Provisoire Kabyle)

Arezqi At Vusred (Arezki Boussaid)

Ministre des Institutions, de l’Administration et de la Sécurité

Commentaires

  1. rabeh dit :

    Bonjour
    Je voudrais avoir ma carte d identité kabyle comment que je vais l avoir

  2. Amine dit :

    Un ouvrage (qui sera traduit en plusieurs langues)est entamé au sujet de « Monsieur FRIK » qui était bachelier mention « philosophie » le 26 juin 1945 et ancien élève-maître à Bouzareah avant d’être instituteur puis adjoint pendant et après l’époque coloniale à l’École Gambetta de Tiziouzou.
    Après l’indépendance, il fût professeur à l’École Jeanmaire qui devint le collège Féraoun à Tizi-Ouzou.
    Nous comptons tous et toutes, anciens élèves, anciens parents d’élèves, ami(e)s, collègues et autres, contribuer par nos témoignages pour la réalisation d’un ouvrage (qui sera traduit en plusieurs langues) au sujet de Monsieur FRIK.
    Nous devons rendre hommage à cet illustre et honorable baron tranquille qui était parmi les premiers Pères fondateurs de l’enseignement du français à Tizi-Ouzou et cela pendant et après l’époque coloniale.
    Vous pouvez envoyer dès à présent vos nombreux témoignages à cette adresse e-mail: ao1977@hotmail.fr
    MERCI DE RELAYER CET APPEL AU PLUS GRAND NOMBRE DE VOS CONNAISSANCES ET CONTACTS.
    MERCI INFINIMENT POUR VOTRE COLLABORATION.

    ——-—

    Frik Mohamed, « Monsieur Frik », est né le 9 janvier 1924 à Tizi-hibel. Bachelier, option philosophie en 1945, il devient élève-maitre à l’école Normale de Bouzaréah avant d’être instituteur à l’école Gambetta de Tizi-Ouzou. Après l’Indépendance, il est professeur à l’Ecole Jean Maire qui deviendra le collège Mouloud Féraoun de Tizi-ouzou. Monsieur Frik est décédé le 17 février 1986.
    Personnage atypique, Monsieur Frik, est une figure exceptionnelle qui a marqué son époque. Outre un savoir étendu et de réelles qualités pédagogiques, il séduisait par sa clairvoyance, son anticonformisme et un humour corrosif allié à un sens aigu de la répartie.
    Nous voulons, ici, rendre un hommage à cet illustre villageois, baron tranquille, parmi les pères fondateurs de l’enseignement du français en Kabylie.
    Envoyez vos témoignages à l’adresse suivante: ao1977@hotmail.fr

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