Chronologie du boycott scolaire de 1994-1995

chronologieduboycottscolaire.bmp29/08 : Le MCB-coordination nationale appelle au boycott de la rentrée scolaire et universitaire jusqu’à l’introduction de l’enseignement de Tamazight du primaire à l’université. Réunion à Tizi Ouzou de la coordination locale du MCB : la première tentative de remise en cause de l’opportunité du boycott échoue.

- 31/08 : Le MCB- commissions nationales appuie l’appel au boycott scolaire.

SEPTEMBRE 1994

- 04/09 :D ans un entretient accordé au journal  » Le Matin  » Ferhat MEHENNI déclare :  » Le MCB a retrouvé l’unité (….) j’invite les commissions nationales à coordonner nos actions au sein d’un MCB structuré pour l’avenir de notre pays et de nos enfants. « 

-10/09 : Généralisation du boycott scolaire et universitaire, marches à travers les chef-lieu de Daira à l’appel du MCB-coordination nationale.

- 19/09 : Le pouvoir tente de prendre langue avec le MCB par l’intermédiaire du ministre de l’intérieur Mr Meziane Chérif. La réponse de Ferhat Mehenni est tranchante :  » Le ministre de l’intérieur n’a pas en charge le problème que nous soulevons, à savoir la reconnaissance de Tamazight en tant que langue nationale et officielle. « 

- 21/09 : La Kabylie est paralysée par une grève générale.

- 25/09 : Le chanteur MATOUB Lounès est enlevé par les terroristes.

- 26/09 : Le MCB-coordination nationale lance un ultimatum de 48H aux ravisseurs et les menace de guerre totale.

- 28/09 : Le MCB-coordination nationale suspend l’ultimatum.

OCTOBRE 1994 :

- 01/10 : Le chef du gouvernement Mokdad SIFI annonce l’installation d’une commission nationale ayant pour but l’introduction de Tamazight à l’école. Marche pour Tamazight à M’chounèche ( Biskra ).

- 02/10 : Imposante marches à Tizi ouzou et Bgayet pour Tamazight et pour la libération de MATOUB Lounès.

- 04/10 : Rencontre amicale entre le MCB-coordination nationale et la centrale syndicale UGTA.

- 05/10 : Début de la grève de deux jours, lancée par les deux tendances du MCB, qui paralyse les secteurs économiques et administratifs en Kabylie et qui est suivi partiellement à Alger ( EDIPAL-DVP ) et Rouiba ( SNVI ).

- 06/10 : Première rencontre entre le chef du gouvernement et le MCB-coordination nationale. Pas de résultat.

- 07/10 : Interdiction de la marche du MCB à Bordj Bou-Arreridj.

- 10/10 : MATOUB Lounès est libéré.

- 11/10 : Imposante marche du MCB à Boumerdès.

- 13/10 : Meeting du MCB-coordination nationale à Tizi Ouzou suite à la libération de MATOUB Lounès.

- 27/10 : Interdiction de la marche nationale du MCB ( les deux tendances ) à Alger.

La coordination nationale organise alors un meeting à la salle Harcha dans l’après-midi.

Devant une salle comble, Ferhat MEHENNI déclare :  » Je revendique Tamazight point !(…) Tamazight est une dette qui n’accepte pas le rééchelonnement.. « 

- 29/10 : Installation officielle de la commission nationale sur Tamazight par le chef du gouvernement Mokdad SIFI.

- 31/10 : Dans une lettre ouverte, Ferhat MEHENNI interpelle le chef de l’état afin de faire du 40eme Anniversaire du déclenchement de la révolution l’avènement d’une Algérie réconciliée avec son Amazighité.

NOVEMBRE 1994 :

- 12/11 : Début de la grève générale de 03 jours en Kabylie. Le MCB-commissions nationales décide d’un piquet de grève de 10h à 11h pour les deux derniers jours.

- 13/11 : Ferhat MEHENNI annonce lors d’une conférence de presse tenue à Tizi Ouzou, l’organisation d’un colloque Maghrébin sur l’Amazighité.

- 16/11 : Invité par les étudiants de l’université de Bgayet à une table ronde avec Djamel Zenati, Ferhat MEHENNI déclare devant une salle comble :  » Aujourd’hui la communauté universitaire a pris une initiative très louable et je regrette que mon ami Zenati n’ait pu venir. Notre but n’est pas d’opposer une personne à une autre ni une tendance à une autre, mais de tenter de construire de notre mieux l’unité qui puisse faire triompher notre cause (…) L’unité sera difficile à réaliser parce que notre réussite gêne nos adversaires et ces derniers ne sont pas toujours ceux que l’ont croit (…). « 

- 24/11 : Une délégation du MCB-commissions nationales conduite par Djamel Zenati est reçue par le chef du gouvernement.

- 27/11 : Dans un entretient accordé au journal l’OPINION N°706 Djamel Zenati déclare à propos de la rencontre avec le chef du gouvernement :  » Nous n’avons pas demandé que Tamazight soit consacrée aujourd’hui comme langue nationale et officielle. Nous savons pertinemment que nous sommes en pleine période d’inconstitutionnalité. nous avons exigé des garanties publiques et officielles pour que la future reconnaissance constitutionnelle soit irréversible (…). « 

DECEMBRE 1994:

- 19/12 : Réunion du bureau national du MCB-coordination nationale à Tizi Ouzou. Bien que le principe du boycott des impôts avait été retenu lors de cette réunion, le coordinateur de Tizi Ouzou déclare le contraire à la presse afin de faire avorter cette action d’envergure.

- 22/12 : Marches à Tizi Ouzou et Bgayet. Incidents entre les militants des commissions nationales et ceux de la coordination nationale concernant les slogans. Retrait de la coordination nationale de la marche.

- 24/12 : Prise d’otage de l’air bus d’Air France. Ferhat MEHENNI qui devait être exécuté revient de loin.

JANVIER 1995:

- 12/01 : Interdiction de la marche initiée par les commissions nationales à Alger.

- 15/01: Marche du SATEF contre les retenues sur salaires des enseignants.

- 28/01 : une tentative de reprise des cours initiée par un groupe de parents d’élèves échoue.

FEVRIER 1995:

- 21/02 : interdiction de la marche initiée par les collectifs universitaires à Alger.

- 23/02 : Interdiction de la marche initiée par la CELA à Alger.

- 25/02 : Dans un entretient accordé au journal LE MATIN Ferhat MEHENNI rend publiques ses divergences avec Said Sadi qu’il accuse de fossoyeur du boycott.

MARS 1995:

- 01/03 : Les partisans du SG du RCD au sein de la coordination nationale du MCB adressent un ultimatum à Ferhat MEHENNI lui demandant de rectifier le tir en retirant ses accusations contre leur chef.

- 05/03 : Ferhat MEHENNI répond a l’ultimatum : » (…)cela fait six mois que je tiens le siège du boycott scolaire et que je résiste tant au pouvoir qu’à ses alliés conjoncturels de tout bord. Ces attaques visent à faire échouer le boycott scolaire qui n’a jamais cessé d’être la cible de tentatives de déstabilisation de l’intérieur aussi bien que de l’extérieur du pouvoir. Elles ont aussi pour but de voler en éclat toute idée d’unité d’action au sein du MCB pour que du même coup échoue toute tentative de construction du pôle démocratique que les algériens appellent de tous leurs vœux. (…) Je revendique Tamazight. Tamazight point !

On me dit qu’elle est indissociable du combat démocratique. Je n’ai jamais énoncé le contraire. Mais entre nous, ayons l’honnêteté de reconnaître que pour le combat démocratique, Tamazight a plus donné qu’elle n’en a reçu. Car pour nous , elle en est la source. Tamazight est aujourd’hui majeure. Elle n’a besoin d’aucune tutelle.

Elle refuse d’être l’éternelle otage des priorités qui sont de pures inventions des hommes politiquement intéressés. Donc en matière de rectification de tir je pense que ceux qui me le demandent se trompent de cible. Moi, je n’ai pas changé « .

- 06/03 : Exclusion de Ferhat MEHENNI de la tête du MCB-coodination nationale à cause de son refus catégorique d’instrumentaliser la cause Amazighe. L’objectif principal de ce honteux coup d’état, opéré au siège national du RCD à l’insu de la base militante du MCB, était de permettre à ceux qui font de Tamazight un fond de commerce, de sacrifier le boycott sur l’autel des élections présidentielles.

- 07/03 : Dans une déclaration ,Ferhat MEHENNI réagit en qualifiant sa mise à l’écart de « coup d’état honteux « .

 » (…) Le plus grave est que ce crime contre la démocratie est commis au siège du parti et sous la haute autorité des responsables politiques pour les besoins des pressions sur les quelques militants assommés par le poids des mensonges (…) C’est parce que j’ai refusé que le MCB devienne une organisation de masse au service d’intérêts qui n’ont rien à voir Tamazight que j’ai déclenché les foudres de guerre d’un allié du régime et je suis voué aux gémonies.(…) Ce qui m’est reproché n’est pas tant d’avoir eu le moindre écart à la ligne politique de la coordination nationale que j’ai fondé, que d’avoir révélé la trahison d’un homme qui n’a pas cessé de demander au pouvoir de ne pas céder au boycott scolaire, afin que Tamazight reste ce levier de mobilisation pour des objectifs qui ne sont toujours les nôtres (…) « .

- 09/03 : Conférence des cadres du MCB organisée par la coordination nationale à Tizi Ouzou pour évaluer le mouvement du boycott de l’école et débattre des perspectives.

- 13/03 : Sit-in des enseignants à l’intérieur de l’enceinte de la direction de l’éducation suite à l’appel lancé par le SATEF pour protester contre les stages de recyclage conçus comme moyens de pression sur les enseignants.

- 14/03 : Le MCB Paris est né. Dans un communiqué rédigé à l’issue de la réunion constitutive Ferhat MEHENNI considère que :  » cette décision est l’aboutissement d’un projet mûri de longue date pour pouvoir venir en aide au mouvement du boycott scolaire qui se poursuit en Algérie sous l’autorité du MCB toutes tendances confondues « . Ce nouveau MCB vient s’ajouter aux six autres déjà crées par cette même personnalité ( Ferhat ) Dans la Lorraine, le nord de la France, les bouches-du-Rhône, La Loire et le Sud Est en vue d’aller vers une confédération mondiale des associations Amazighes

- Du 07 au 20/03 : Dans certaines wilayas ,des assemblées générales de militants ont retiré leur confiance à leurs coordinateurs impliqués dans la déstabilisation du MCB. C’est le cas de Tizi Ouzou, Bouira, Alger où de nouveaux bureaux favorables à Ferhat MEHENNI sont installés.

- 22/03 :Une délégation du MCB conduite par Ferhat MEHENNI est reçue au siège de la présidence.

- 23/03 : Dans une conférence de presse, Ferhat MEHENNI propose aussi bien à la présidence qu’à l’ensemble des animateurs du boycott la création d’une institution suprême chargée de la mission Amazighe. Il déclare :  » Si tout le monde est d’accord, moi aussi à ce moment là je serai d’accord à ce que les élèves reprennent le chemin de l’école. «  La télévision Algérienne est au rendez-vous et censure toute les conditions énoncées par Ferhat pour l’arrêt du boycott.

- 25/03 : Les deux tendances du MCB dénoncent et condamnent la démarche de Ferhat MEHENNI.

- 26/03 : La CELA ( coordination des étudiants et lycéens Amazighs ) et le CEUTO ( Le comité des étudiants de l’université de Tizi Ouzou ) approuvent la démarche de Ferhat M’henni en estimant que la mise sur pied d’un conseil national à la langue Amazighe est une réponse salutaire pour débloquer la situation.

AVRIL 1995:

- 02/04 : Dans un entretient accordé au quotidien El Watan Ferhat MEHENNI déclare :  » d’abord, je n’ai pas fait d’appel à la reprise des cours. J’ai pris l’initiative d’une proposition pour faire aboutir le boycott scolaire par l’institutionnalisation de la langue Amazighe, faute de constitutionnalisation dont le pouvoir de transition se dit incompétent. Ma proposition a été faite devant toute la presse nationale et soumise aussi bien à nos populations qu’au pouvoir de mettre sur pied un conseil national à la langue Amazighe et à l’Amazighité. Si les parents d’élèves, les enseignants, les lycéens, les étudiants et les associations culturelles y sont favorables en même temps que le pouvoir, nous aurons alors écrit l’une des plus belles pages de notre histoire. A’ ce moment là et uniquement à ce moment là, moi aussi je serait favorable à la reprise des cours. Malheureusement, des officines occultes, liées aux Baâthistes au sein du pouvoir ont été tentées par la manipulation pour faire avorter le projet.

Pour elles , la suite avancée de la revendication est quelque part leur mort. En tout état de cause, l’honneur et la crédibilité ont été mis en cause par cette scandaleuse déformation de mes propos. Le plus grave est cette cohue de journaux qui ont fait chorus avec l’ENTV pour me prêter des propos qui n’ont jamais été les miens  » .

- 04/04 : Importante réunion à Tizi Ouzou regroupant Toutes les tendances du MCB ( la coordination nationale, les commissions nationales, le rassemblement national ), Le MCA-Aurès, une délégation du M’zab, la fédération des parents d’élèves, la FFC, la CELA, les syndicats ( SATEF,UGTA, UDT, SPS ) pour proposer une solution.

Une plate-forme de négociations est adoptée à l’unanimité. Cette plate-forme conclu :  » Toute négociation ne saurait se faire en dehors du cadre unitaire et transparent matérialisé par cette plate-forme. « 

- 08/04 : Réunion des tendances du MCB ( coordination N- commissions N ) à l’insu des autres acteurs du boycott. Première violation de la plate forme du 04 Avril.

- 09/04 : Les signataires de la plate-forme sont reçus à la présidence ( Le MCB-RN n’a pas pris part à ces négociations en raison des pressions partisanes qui ont exclu les autres acteurs du boycott scolaire en l’occurrence, le CEUTO, le CELA, Agraw Adelsan amazigh ). Le communiqué de la présidence est jugé comme une avancée considérable par la coordination nationale mais est rejeté dans sa totalité par les commissions nationales.

- 20/04 : Grève générale et marches en Kabylie. A Tizi Ouzou chaque tendance a organisé sa propre marche.

Les militants du MCB-RN, noyés dans les deux marches ont crié des slogans appelant à l’unification des rangs : «  Tamazight dans l’union « .

- 22/04 : Après plusieurs heures de négociations un accord est signé entre la présidence et les partenaires du MCB. Les commissions nationales et le SATEF se retirent en se démarquant des négociations ainsi que de l’accord.

Le MCB-coordination nationale appelle à la reprise des cours à partir du 29 Avril. Pour les commissions nationales le boycott continue.

Une déclaration de Ferhat MEHENNI intitulée :  » l’union pour une solution de raison « , souligne :  » La coordination nationale vient de s’approprier toute honte bue, notre proposition de conseil national à l’Amazighité et à la langue Amazighe, qu’elle dénonçait violemment il y a encore quelque jour (..) il apparaît clairement que Said Sadi, tuteur politique de cette tendance, fait le jeu du pouvoir en tentant de détourner au profit du régime le fruit d’énormes sacrifices communs « . La déclaration conclut par un appel à de véritables négociations.

- 27/04 : Dans un communiqué commun, deux partis politiques, le RCD et TAHADDI appellent la population à reprendre les cours.

MAI 1995:

- 02/05 : Interdiction du meeting des commissions nationales prévu au stade Oukil Ramdane de Tizi Ouzou. Le meeting se transforme alors en marche spontanée.

- 06/05 : La grève à laquelle avaient appelé les commissions nationales a échoué dans plusieurs localités et notamment dans la ville de Tizi Ouzou

Dimanche 28 : Signature du décret portant création du haut commissariat à l’Amazighité.

JUIN 1995:

- 07/06 : Installation officielle du HCA par le président Liamine Zeroual.

- 11/06 : Première réunion du HCA avec à sa tête Idir Ait Amrane comme président.

- 28/06 : Rencontre nationale des militants de la cause Amazighe organisée par le MCB-rassemblement national. Un comité a été mis sur pied afin d’élargir les contacts à toutes les sensibilités pour dépasser les clivages partisans en vue de tenir un congrès national Amazigh.

Commentaires

  1. neki dit :

    Le boycot scolaire avait presque obtenu un superbe résultat ;si ce n’est ce parti pro pouvoir(RCd) qui a mis fi à tout une organisation des tte la kabylie.Merde à toi chef de parti débile.

  2. Ait Abdeslam dit :

    Thessghadh theqvaylit guer yir ifassen, hedhret itwaghit awidh tsihemlen …

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