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Archive pour décembre, 2009

Arezki Aït Larbi : Assumer la rupture idéologique pour restaurer nos libertés !

picphp.jpg » Il faut, pour qu’un Etat soit puissant ou que le peuple ait une liberté fondée sur les lois que l’autorité souveraine soit affermie sans contradiction.  » Voltaire

« One two three, viva l’Algérie ! Maâk yal Khadhra ! Oulach smah oulach ! « . Le temps d’une confrontation sportive, ce slogan repris à l’unisson par des millions de poitrines, a révélé le pays réel, que des décennies de matraquage idéologique, de répression politique et de régression sociale n’ont pas réussi à détruire. Par un exceptionnel clin d’œil aux premières semaines de l’indépendance, la liesse populaire a libéré les aspirations refoulées, réhabilitant des valeurs que l’on croyait à jamais perdues. Dans la chaleur d’une rare convivialité, l’emblème national, faire-valoir d’un régime impopulaire et décrié, est revendiqué comme un étendard de lutte et d’espoir et un symbole de la liberté retrouvée. Au-delà de la victoire contre l’Egypte, ce sursaut patriotique a signé l’échec des réducteurs de têtes chargés de formater à leur image une société uniforme. Menée au nom de l’Islam et de la langue arabe par les franges les plus timorées du mouvement national, la guerre idéologique ciblera, dès l’indépendance, les partisans d’une société plurielle coupables de  » déviationnisme « . Malgré un palmarès des plus héroïques, d’authentiques résistants sont frappés d’illégitimité originelle. Embusqués derrière des  » constantes  » fascisantes, les planqués du Caire, de Damas ou de Baghdad prennent le contrôle du pays et occupent les devants de la scène. Près d’un demi-siècle après l’Indépendance, l’équipe nationale remet la balle au centre. Après une glorieuse prestation sur un terrain de football, ce concentré d’une identité décomplexée qui revendique l’arabe, le berbère et le français, et chante Zehouania, Matoub Lounès ou Diam’s a isolé, dans la rue, les mercenaires de  » l’anti-Algérie  » autoproclamés gardiens exclusifs du temple national et de ses intérêts supérieurs. La victoire contre un pays présumé « frère » a dévoilé les mystifications d’une idéologie intolérante et négationniste, qui célèbre les étrangers, fussent-ils nos ennemis, et occulte les femmes et les hommes qui ont porté haut les couleurs du pays. Nous connaissons le moindre détail des bandelettes de Ramsès II au détour d’un livre d’histoire frelatée ; nous ignorons tout de Sheshnaq 1er, l’Aguellid berbère qui, 2959 ans avant Antar Yahia, donnait une mémorable leçon aux pharaons d’Egypte avant de s’installer sur leur trône. On célèbre la régence turque et les frères Barberousse, et on tire quelque fierté des actes de piraterie qui alimentaient le trésor du Sultan de Constantinople ; on occulte les rois de Koukou qui les avaient combattus au nom de la patrie humiliée. Ahmed Nat Lqadi, fondateur en 1514 de cette dynastie autochtone qui s’étendait, dans les périodes fastes, de Jijel à Cherchell, tirait pourtant sa légitimité d’un acte fondateur patriotique : la résistance à l’agression espagnole, en 1510, contre Béjaïa, lorsque les Hafsides qui administraient la ville désertèrent le champ de bataille pour se replier sur la Cour de Tunis.

Jeunes gauchistes, vieux réacs !

Après l’invasion des troupes françaises en 1830, le Dey Hussein signait la capitulation sans livrer bataille, abandonnant le pays aux « croisés » avec la lâche complicité de la Sublime Porte. Aujourd’hui, des rues, des quartiers, des édifices publics et des établissements scolaires ont immortalisé l’épopée des janissaires ; le mausolée du dernier roi de Koukou, à Tidjelabine dans la wilaya de Boumerdès, est tombé en ruine lors du séisme de mai 2003, dans l’indifférence coupable des autorités en charge de la protection des monuments historiques. Cette fascination pour l’étranger, à l’ombre duquel on espère une image valorisante, s’est imposée comme une redoutable constante. Même reniée par son encombrant tuteur oriental, l’Algérie officielle tétanisée, orpheline, peine à s’adapter à cette autonomie de fait accompli. Que peut-on attendre encore d’un régime qui a marginalisé Kateb Yacine, persécuté Mouloud Mammeri, renvoyé Mustapha Lacheraf, et exilé Moufdi Zakaria, pour dresser un piédestal à d’anciens contrôleurs de la pensée unique élevés au rang de monuments de la littérature ? Cryptocommunistes nourris au « socialisme spécifique  » avant de se convertir à l’islamisme de bazar, ces écrivains publics de quartier n’hésitaient pas à profaner la tombe d’écrivains francophones talentueux, et à les bannir de la communauté nationale pour délit linguistique. Au crépuscule de leur vie, ils finissent dans la trahison de leur francophobie militante, en confiant leurs organes mal en point à des hôpitaux parisiens ! C’est la trajectoire classique des apparatchiks sans convictions ; jouant aux jeunes gauchistes dans les révolutions usurpées, ils finissent, à l’heure de l’ »  Infitah, par dévoiler leur nature de vieux réacs pour quémander un tabouret à la table des maîtres. Combien de gardes rouges sont passés sans mauvaise conscience de l’état de groupies de Staline à celui de fans de Ben Laden ?

Identité plurielle

Après des décennies d’égarement et de bricolage, l’heure est aux bilans sans complaisance. A défaut d’intégrer tous ses enfants, dans la richesse de leurs différences, l’Algérie risque de poursuivre sa course folle dans la déchéance, l’auto-flagellation, le mépris de soi et la haine des autres, avant d’imploser dans un irréversible syndrome balkanique. Il est encore temps de rectifier la trajectoire pour éviter la fatalité du pire. En faisant le pari de l’intelligence, du courage et de la raison, le pays pourra se relever dans le respect de toutes les composantes de son identité plurielle. Avec ses femmes enfin libérées et ses hommes moins misogynes. Ses Arabes ayant fait le deuil de l’Andalousie perdue et recentrés sur l’Algérie, et ses Berbères non  » arabisés par l’Islam « , mais acceptés dans le présent et tournés vers l’avenir. Ses musulmans tolérants, ses chrétiens paisibles et ses laïques libertaires. Ses francophones moins complexés et ses arabisants moins sectaires. Ses gauchistes utopiques et ses libéraux solidaires. Tous réunis par cet ardent désir de vivre en citoyens libres, dans un pays enfin libéré de l’autoritarisme, de l’intolérance et de l’exclusion. Dans un monde en profonde mutation, le temps est venu de répudier cette fraternité de maquignons qui a réduit le pays au statut de succursale d’une nation fantaisiste. A l’heure du conflit d’intérêts,  » famille révolutionnaire  » à gages et taupes d’une cinquième colonne orientale, toujours si prompts à dégainer la fatwa contre des moulins à vent, ou à convoquer le peloton d’exécution contre un lycéen de Bab El Oued pour un dessin maladroit, sont devenus brusquement aphones. L’embuscade du Caire contre les Algériens et l’outrage perpétré contre l’emblème national, brûlé devant une ambassade assiégée, relèvent sans doute d’un  » détail  » qu’il faut occulter, pour préserver la tutelle du Grand  » frère « , auquel nous devons, ad vitam aeternam, allégeance, respect et considération. Et lorsqu’ils brisent le silence, c’est pour briguer la palme du grotesque. Comme l’inénarrable Othmane Saâdi qui accuse les  » francophones d’Alger et les sionistes du Caire  » d’être les ordonnateurs du flot de vomissures déversées contre la Révolution et ses martyrs.

Pitoyable surenchère

Les masques sont tombés ! Les éructations de combattants d’arrière-garde qui rêvent encore d’ériger la  » Nation arabe  » sur les décombres de la patrie algérienne, en enjambant le corps de ses martyrs, et en s’essuyant les babouches sur son drapeau, doivent être dénoncées comme une impardonnable trahison. Traînant le complexe traditionnel de l’enseigne  » arabe  » franchisée, les autorités algériennes hésitent encore à opposer une riposte ferme à la maison-mère qui nous a pourtant retiré son label dévalué. A force de prêcher une normalisation  » fraternelle  » à sens unique, cette diplomatie de la guimauve et du loukoum risque de sombrer dans le renoncement, la servilité et la soumission. Méfions-nous toutefois des diversions de sérail et des raccourcis mystificateurs, qu’une presse populiste puise dans les décharges de l’intolérance, du racisme et de la haine. Patriotisme de superette en bandoulière, les va-t-en guerre d’une confrontation médiatique sans éthique, alimentent une pitoyable surenchère pour doper les chiffres de leur tirage, l’œil rivé sur le tiroir-caisse. Lorsque sonnera l’heure de l’armistice, ces courtisanes éconduites seront au premier rang des pom-pom girls qui chanteront la rengaine de la réconciliation entre  » frères d’un même peuple, une seule langue, une seule religion « , pour nous sommer de continuer à tourner en rond. En dépit de la conjoncture, l’Egypte reste un grand pays, les Egyptiens un grand peuple. Mais un pays et un peuple étrangers, avec lesquels l’Algérie devrait traiter, d’abord et avant tout, selon ses propres intérêts. Pas plus qu’ils n’ont jamais été des  » frères  » de cette fraternité hypocrite, vénéneuse, démagogique dont les despotes orientaux ont le secret, les Egyptiens ne sauraient devenir des ennemis intimes, malgré les outrances du régime du Caire, de ses plumitifs, de ses supplétifs, de ses aboyeurs et de ses clientèles. Si l’Etat algérien a l’impérieux devoir d’assurer la sécurité de nos compatriotes, pourchassés sur les berges du Nil et réduits à vivre dans la clandestinité, et au besoin de les rapatrier, les ressortissants égyptiens, comme tous les étrangers qui résident et travaillent sur le sol national, doivent être respectés et protégés.

Pour un contrat de cohabitation

Avec ses prolongements inattendus sur la scène politique, la crise en cours nous invite à une introspection salutaire. Rappelons avec force que notre soutien aux Palestiniens n’est pas dicté par une posture sentimentale au nom d’une communauté linguistique ou religieuse, pour des   » frères, oppresseurs ou opprimés « . Ce soutien s’impose par la solidarité humaniste, qu’un peuple qui s’est libéré dans les larmes et le sang, se doit d’apporter à un autre peuple chassé de sa terre, spolié de ses droits, avec la lâche complicité de la communauté internationale. Dans l’Algérie convalescente qui peine à sortir du terrorisme et de la violence, la réconciliation nationale en gestation ne saurait se réduire à la promotion sociale de criminels sanguinaires, au silence imposé à leurs victimes et aux slogans indécents que des thuriféraires professionnels ânonnent à la gloire du régime et de son Président en exercice. Elle passe par la réhabilitation des réalités historiques, identitaires, culturelles et cultuelles nécessairement plurielles, prélude à la négociation d’un contrat de cohabitation qui en garantirait l’expression pacifique. Première étape vers une société enfin apaisée, l’état d’urgence doit être levé. Décrété en février 1992 pour combattre la terreur intégriste, il sert aujourd’hui de paravent aux pratiques autoritaires, à la violation des libertés, à l’arbitraire policier et à la soumission de la justice. Alors que des millions d’Algériens ont défilé spontanément dans tout le pays, sans incident majeur, le ministère de l’Intérieur continue de prohiber les manifestations pacifiques, n’accordant ses dérogations qu’aux clientèles du régime recrutées parfois dans les milieux les plus glauques. Malgré des salves conjoncturelles contre la  » matrice idéologique du terrorisme  » dans le discours d’officiels autorisés, l’intégrisme continue de rythmer le fonctionnement des institutions. C’est le ministère de l’Enseignement supérieur qui mène la croisade contre les derniers carrés de mixité dans les campus ; ce sont les forces de  » l’Ordre  » qui pourchassent les  » dé-jeûneurs  » de Ramadhan, persécutent les  » pratiquants de culte non musulman sans autorisation « , traquent la tendresse sans licence, et tabassent des jeunes filles coupables de fumer en public. Leur réquisitoire est imparable. C’est pour éviter, semble-t-il, à tous ces délinquants provocateurs d’être lynchés par des  » conservateurs, jaloux de nos traditions », que les Bassiji en uniforme d’une République qui n’est pas officiellement islamique se chargent eux-mêmes de l’ignoble besogne.

Vers un état de droit

Pour consolider une paix factice dans la régression sociale, cette normalisation autoritaire avance comme un rouleau compresseur. Même les Verts, fraîchement auréolés de gloire, n’ont pas été épargnés par le contrôle bigot du politiquement correct. Sans doute trop adulés par les foules, les héros du Caire et de Khartoum ont été punis, dès leur descente d’avion, pour cet impardonnable blasphème. En les attendant au pied de la passerelle avec des bouquets de roses rouges, Abdelaziz Belkhadem officialisait dans un pathétique baiser de Judas l’illégitimité des milliers de jeunes filles qui avaient bravé le conservatisme et l’exclusion pour imposer une conviviale mixité dans l’espace public. Malgré tous ces guets-apens dressés sur les chemins de la liberté, il est encore permis d’espérer. La ferveur qui entoure l’équipe nationale pour l’accompagner jusqu’à Johannesburg, ne doit pas être détournée à la gloire du régime par de subtiles manipulations de l’ombre. Depuis octobre 1988, jamais conjoncture n’a été aussi favorable pour (re)mettre le pays sur les rails de la démocratie. La transition d’un système autoritaire et clanique vers un Etat de droit passe par la restauration des libertés — toutes les libertés individuelles et collectives —, l’abrogation des lois d’exception et le retour au droit commun. C’est la seule voie qui permettra à la confrontation pacifique de s’imposer comme une alternative crédible à la violence endémique, aux putschs à répétition, aux urnes à double fond, et à l’émeute légitimée comme ultime moyen de contestation.

Par  Arezki Aït Larbi

Sources

Contribution de Mr Ferhat Mehenni. Amazighité : et si on en reparlait ?

 

0acomtamazighta19.jpgAmazighité : et si on en reparlait ?

 

 

1. Amazighité : c’est quoi ? Le premier écueil que l’on rencontre dans l’approche d’un sujet d’étude se trouve souvent dans sa définition et la manière de le cerner. Au risque de choquer l’assistance, ensuite le lecteur, il est bon de signaler que, jusqu’ici, personne ne s’est aventuré à donner une définition de l’amazighité. Les évidences qui l’entourent n’ont d’égales que l’ignorance et la confusion qui règnent en ce domaine. Tout le monde croit savoir ce que ce terme recouvre sans pour autant se donner la peine d’en creuser le sens. Cette absence de questionnement vient de la priorité imposée à nos élites intellectuelles et militantes aux prises avec le génocide culturel qu’est la politique scolaire d’arabisation, autrement dit, d’aliénation et de dépersonnalisation visant à falsifier notre histoire en inculquant à nos enfants de faux repères identitaires. L’interrogation et le doute n’étaient donc pas à propos, car quand on est engagés dans une action historique mettant en branle des masses populaires, seules la foi et la conviction sont souhaitées. En fait, la réflexion aurait dû, théoriquement, précéder l’action. Mais c’est là un luxe et un privilège que l’Histoire n’accorde jamais aux opprimés. Nous nous permettons de nous interroger aujourd’hui pour deux raisons : la première est que le danger, sans être écarté, est plus ou moins domestiqué, maîtrisé. Nous en avons un niveau de conscience et de mobilisation générale jamais égalé. La deuxième nous est offerte par le recul dont nous bénéficions sur notre propre expérience, cela fait au moins trois générations versées dans le même combat qui n’a évolué vers des revendications politiques plus significatives que depuis très peu de temps. On se permet, en regardant un peu en arrière, un sourire d’admiration pour notre ténacité à persister dans l’erreur et à se complaire dans des voies d’impasse. Le passage qualitatif de la revendication identitaire et culturelle amazighe à celle de l’autonomie régionale nous donne enfin distance et hauteur, nous permettant d’entreprendre le travail de réflexion que nous n’avons, jusqu’ici, jamais pu engager.

2. Amazighité : ce n’est pas ce que nous croyons. Aussi, est-il venu le temps de nous remettre en question, de revoir nos évidences surannées, encore cultivées par nos bases militantes. Ces évidences doivent être discutées. Faire l’économie de leur réexamen reviendrait à considérer encore valides des postulats obsolètes source de malentendus accumulés au fil du temps occasionnant de nouveaux retards préjudiciables à notre combat. Ces évidences doivent donc être les premières à passer au crible de l’analyse. Aussi, plutôt que d’aller vers l’étude des interactions entre l’amazighité et le développement, il serait logique de s’attarder sur la notion d’amazighité. Quelle réalité recouvre-t-elle sur les plans géographique et humain, historique et politique? Peut-elle servir de projet commun à l’ensemble des Amazighs et sur quelles bases? Ce sont là des questions fondamentales que nous ne pouvons esquiver si nous ne voulons pas hypothéquer l’avenir de nos enfants. L’amazighité est, de notre point de vue, une donnée avant tout identitaire et culturelle de l’Afrique du Nord plutôt que celle de son peuplement hétéroclite. Libre aux anthropologues de tenter de nous définir le type humain pluriel qu’elle recouvre, notamment Méditerranéen au Nord et Africain au Sud. Les Amazighs sont les autochtones de cette terre aux confins méridionaux mal définis et s’exprimant dans une variété d’idiomes dont la très forte parenté ne fait aucun doute. Appelés « Barbares » par les Grecs, Numides et Maures par les Romains, de nouveau barbares par les Arabes qui en transmettent la dénomination aux Français, qui les assimilent aux Arabes avant de s’aligner sur l’appellation de Maghrébins prônée par les États nord-africains pro-arabes, depuis leur indépendance. Ce sont ces populations qui ont connu de nombreux apports humains venus, au fil des siècles et des millénaires, même de loin que du simple pourtour méditerranéen comme les Vandales. Ils ont su, par leur savoir-faire et leur sagesse, développer une culture de l’altérité, de la solidarité, de la démocratie et de l’objection de conscience sur un territoire de plus de 5 millions de km2. Ils y ont mis sur pied une civilisation rurale adaptée aux différents reliefs et aux vicissitudes de leurs climats et présentant une formidable homogénéité.

3. L’amazighité est un facteur insoluble dans les apports culturels de l’Histoire, un facteur fondamental réfractaire à l’assimilation par osmose ou par processus phagocytaire. Néanmoins, ceci n’est valable que tant qu’elle se stabilise dans sa ruralité. Hors de celle-ci, tel un poisson hors de son élément, elle s’amollit et cède plus facilement aux charmes des cités, sièges traditionnels des envahisseurs, jusqu’à y dormir du sommeil éternel. La cité « Déca plage », près d’Alger, habitée à 80 % par des Kabyles dont les enfants ne parlent plus la langue de leurs parents en est un bel exemple. La plupart de ceux qui se prennent aujourd’hui pour des Arabes, sur notre terre, n’ont jamais eu, de leur histoire, d’ascendant venu de la Péninsule arabique. Nous n’avions pas encore compris que l’identité n’est pas celle des origines oubliées, mais celle assumée à l’arrivée, celle de l’identification au moment où on en parle. Ainsi, un Amazigh qui se croit arabe peut se manifester comme le pire ennemi de l’amazighité qu’il vit comme une menace sur son arabité, pourtant d’adoption. L’amazighité est identité, mais l’identité, dans le cas des Nord-Africains est indissociable de la langue. N’est, en fait, Amazigh que celui qui pratique encore l’une des langues amazighes. Celui qui en a perdu l’usage, dans nos pays d’origine, est définitivement perdu pour nos revendications linguistiques et identitaires. Voyez l’exemple des Égyptiens. Ils ne convoquent leurs origines pharaoniques que pour les besoins du folklore archéologique dont raffolent les touristes occidentaux. Sinon, dans leur quotidien, ils sont plus arabes que les Arabes. Nous, nous avons pour devoir de remettre à nos générations futures cet inestimable trésor linguistique de l’humanité qui n’est plus à présenter comme « l’héritage de nos ancêtres », mais, pour paraphraser les Indiens qui parlent de la planète, comme la langue que « nous avons empruntée à nos générations futures » auxquelles il nous revient de la restituer dans le meilleur état possible. Ce trésor linguistique est si beau que nous avons failli, par mystification idéologique, le déparer de tous ses diamants. Cette diversité idiomatique n’est autre qu’une diversité de langues belles et majeures qu’il nous appartient de valoriser au mieux de nos compétences. Tamazight est la matrice originelle qui a généré une pluralité de langues, au même titre que le Latin. Tuer l’une d’entre elles reviendrait à les tuer toutes.

4. Derrière l’autonégation de ces langues se cache l’autonégation des peuples qui les parlent. Il ne s’agit pas de diviser les Amazighs plus qu’ils ne le sont aujourd’hui, mais de les inciter à ne pas reproduire entre eux les réflexes destructeurs dont ils sont victimes de la part des États qui nous gouvernent depuis la « décolonisation ». Nous avons trop souffert de la conclusion d’accords tacites qui ont fondé au Maroc et en Algérie des contrats nationaux sur la base d’une « unité nationale » qui nous nie. C’est pour cela que nous n’avons pas le droit de nous discriminer les uns les autres, entre Amazighs, en décrétant inconséquemment une unité berbère, inexistante dans la réalité. Cette diversité de nos langues va de pair avec une diversité de nos peuples, distincts les uns des autres de par leurs ambitions, leurs priorités et leurs aspirations actuelles. Ainsi, si les Kabyles sont foncièrement laïques, les mozabites, eux, sont fondamentalement ibadites. Maintenant que nous avons réussi à asseoir durablement la conscience identitaire amazighe, il est temps de passer à l’étape de re-construction de la conscience nationale de chacun de nos peuples. En tant que Kabyle, je n’ai plus de problème à me dire amazigh. Tous les Kabyles savent qu’ils sont amazighs, mais tous les Amazighs ne sont pas kabyles. En assumant mon identité kabyle, il va de soi que j’assume ma berbérité. En n’assumant que mon amazighité, je me mutile de ma propre existence, de ma propre réalité : ma Kabylité. Je m’autodévalorise. Je m’ampute de ma propre dignité. Cela m’est inadmissible. À partir de ce constat, quel projet réaliste commun peut-on avoir entre Amazighs? Entre une coalition amazighe et son environnement qui se dit arabe? Nous sommes en devoir d’apporter des réponses à la hauteur des défis qui sont, aujourd’hui, les nôtres et ceux de l’amazighité. Au vu des insertions géographiques et politiques qui sont celles de nos différents peuples, il serait vain d’espérer, dans l’immédiat, la construction d’un projet commun. Ce qui nous rapproche par-delà nos frontières et notre éloignement géographique les uns des autres, ce sont, essentiellement, l’oppression et la négation dont nous sommes tous victimes dans nos pays respectifs. Cette oppression ne peut pas, à elle seule, fonder un projet politique commun entre Amazighs.

5.Nos deux erreurs. Ce sont essentiellement deux erreurs d’appréciation qui nous ont mis dans la situation déplorable dans laquelle nous sommes piégés depuis les « indépendances » de nos pays respectifs actuels. En premier lieu, il y a cette illusion d’optique qui nous faisait croire, pendant la colonisation, qu’avec l’autre opprimé partageant le même sort que nous, face au même oppresseur, le colonialiste français d’alors, on pouvait construire un pays en toute confiance. C’est pratiquement ce qui est en train de se reproduire entre Amazighs confrontés aux mêmes problèmes face aux États qui les répriment. Deuxièmement, il y a cette forme de naïveté qui nous pousse à conclure des contrats politiques sur des bases sentimentales et non sur celles de nos intérêts communs ou particuliers, identifiés et acceptés par tous comme tels. Aussi, avons-nous préconisé pour la Kabylie un statut de large autonomie que nous avons détaillé dans nos divers documents et qu’il est inutile de reprendre ici. Pour nous, il ne s’agit plus de porter nous-mêmes, une fois de plus, le combat des autres, mais d’essayer d’être utiles en étant pédagogues. Il s’agit de faire en sorte que de notre expérience kabyle, les autres peuples amazighs puissent s’inspirer et se mettre en marche vers leur destin de liberté. Une fois nos États régionaux respectifs érigés, leur horizon éclairé, le rêve sera enfin permis.

Ferhat Mehenni.

Université de printemps du Mouvement populaire

Rabat, 22-23 mars 2008

Terrorisme journalistique: Echourouk récidive contre les Kabyles

Echourouk récidive contre le MAK et les Kabyles

 

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Ferhat Mehenni s’exprime dans El-Watan d’aujourd’hui.

tunes.jpgFerhat Mehenni. Président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie : « Le policier tunisien m’a dit : nous ne voulons pas de problème avec l’Algérie »

Vous venez d’être refoulé de Tunisie où vous vous rendiez pour y rencontrer votre mère. Pouvez-vous nous raconter les circonstances de votre refoulement ? Quel est l’argument avancé pour vous empêcher d’entrer dans ce pays ?

J’étais très heureux d’arriver à Tunis où, jusque-là, je n’avais jamais mis les pieds. Pour des raisons de sécurité, je n’avais avisé personne en dehors d’un neveu qui devait se débrouiller pour me ramener ma mère, très âgée, jusqu’à cette capitale d’un pays « frère ». Une fois sur place, je me suis dirigé vers un guichet et j’ai attendu mon tour pour les formalités policières d’entrée en territoire tunisien. L’opération a semblé déstabiliser quelque peu le policier ayant pris mon passeport. En introduisant mon nom dans le fichier de la police tunisienne des frontières, une information codée s’est affichée sur l’écran de son ordinateur. Il a demandé de l’aide à un de ses collègues, qui a appellé un chef hiérarchique en civil. Ce dernier me demande de le suivre, loin de la sortie des voyageurs. Là, il me demande de rester derrière l’enceinte d’un lieu qui fait office de bureau, où il appelle ses supérieurs.

D’un supérieur hiérarchique à un autre, il me pose des questions sur mon métier de chanteur auquel visiblement il ne voulait pas croire. Cela ne devait peut-être pas correspondre aux informations en sa possession. Au bout de 25 minutes, je lui demande ce qui ne va pas. La réponse ultime vient enfin : « Désolé, mais nous sommes au regret de vous remettre dans l’avion dans lequel vous êtes arrivé. » Il ajoute discrètement : « Nous ne voulons pas de problème avec l’Algérie ! » Une réservation est immédiatement faite et je fus le dernier passager à entrer dans l’avion du retour. J’ai passé, en tout, une demi-heure à l’aéroport Tunis-Carthage. Ma mère, qui s’apprêtait à prendre la route le lendemain, a éclaté en sanglots en apprenant par téléphone qu’à 84 ans, elle ne pourra pas m’embrasser. Et tout cela s’est passé le jour anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme ! Devrais-je en déduire que Bouteflika et son régime auraient fait de la petite et charmante Tunisie une république bananière? Je ne me le permettrais pas.

Si on a bien compris, vous êtes également interdit d’accès en Algérie. Pourquoi ? Qu’est-ce que vous risquez si vous revenez au pays et est-ce que les autorités algériennes vous ont notifié que vous ne pouvez plus y revenir ?

Il n’y a pas d’interdiction officielle émise contre ma rentrée au pays. Mais le mandat d’amener lancé à mon encontre, dont la presse algérienne avait fait part en janvier dernier, n’est pas de nature à me rassurer sur mon sort si je venais à rentrer en Algérie. Des fuites m’ont également averti sur un scénario catastrophe selon lequel mon éventuelle arrestation serait suivie d’un attentat « terroriste » dans lequel je perdrais la vie. Je prends tout cela non pas pour de la vérité mais pour des vraisemblances. Je ne suis ni paranoïaque ni naïf. Il est certain que je rentrerai un jour chez moi. Ce sera quand je le déciderai.

Pour le moment, au vu des graves accusations portées contre moi, particulièrement par la presse arabophone faisant de moi l’ennemi public numéro un, le sioniste par excellence, le va-t-en-guerre de je ne sais quelle folie, je ne peux m’en remettre qu’à un dépôt de plainte symbolique auprès des tribunaux algériens pour diffamation, à partir de mon exil. Je ne me fais aucune illusion sur son aboutissement. Dès lors que la commission rogatoire dépêchée à Azazga ne pourra pas m’entendre, un PV de carence sera établi et le non-lieu prononcé. En Algérie, nous ne sommes pas dans un Etat de droit. Je ne peux oublier l’injustice faite à Benchicou ou les poursuites contre El Watan, Dilem, Belhouchet, Alilat… Les hommes et les femmes politiques qui font face à un pouvoir illégitime et terroriste savent tous les risques qu’ils encourent à chaque bravade de leur part.

Que comptez-vous faire pour reprendre votre droit de vous rendre dans votre propre pays ?

Je compte, en Algérie, sur le soutien de la Kabylie et des démocrates même si, chez ces derniers, la valeur solidarité a perdu de sa chaire. Ils ne sont plus nombreux à protester devant l’infamie. A l’assassinat de mon fils, aucun communiqué de quelque parti que ce soit ne fut rendu public. Je compte sur les instances internationales pour faire condamner un pouvoir qui fait de la liberté et des droits de l’homme son cauchemar. La sortie de M. Zerhouni, ministre de l’Intérieur, le 24 novembre dernier, à la conférence des ministres de l’Intérieur de la Méditerranée occidentale, est on ne peut plus claire. Pour lui, le danger en Algérie, ce ne sont pas les terroristes islamistes mais, en faisant les déductions qui s’imposent, les démocrates. Il rejoint en cela son inspirateur, Bouteflika qui, à la télévision, disait aux terroristes encore en 2005 « si j’avais votre âge, j’aurais été des vôtres ! ». Tirer sur de jeunes et pacifiques manifestants kabyles est plus courageux que d’aller éradiquer le terrorisme islamiste !

Le dernier match Algérie-Égypte a donné suite à une crise politique entre les deux pays, mais il a aussi réussi à susciter une prise de conscience des Algériens qui se sont mis à revendiquer leur identité berbère. Qu’en pensez-vous ?

Cette crise politique est avant tout un problème interne à l’Egypte. Il n’y a qu’elle qui, un mois plus tard, n’arrête pas de gesticuler. Elle considérait probablement jusque-là l’Algérie comme relevant de sa politique intérieure et non de ses affaires étrangères. Après le somnifère idéologique de la « oumma arabe » du nassérisme, le réveil est brutal. Toutefois, en Algérie comme en Egypte, on confère à un match de football une dimension qui lui est étrangère. On prend le sport pour de la politique là où la politique devrait faire valoir l’esprit sportif. Ceci dit, je ne crois pas en ce réveil des consciences par lequel les Algériens se mettraient à revendiquer une identité amazighe. Il n’y a que les Kabyles qui y croient. L’Algérie se décrète arabe et tous ses ténors officiels n’ont pas arrêté de le rappeler en répétant que cette victoire footballistique acquise sur l’équipe égyptienne était « avant tout une victoire arabe ! ». Là aussi, dur sera le réveil pour les Kabyles dont les repères ont été brouillés par l’euphorie, le temps d’une jubilation. Les problèmes sociopolitiques qui sont les nôtres ne peuvent être occultés par des victoires sportives. Et puis, tout cela va retomber à la première défaite qui ne manquera pas de survenir.

N’est-il pas le début d’une prise de conscience générale qui pourrait être un élément déclencheur pour une officialisation de la langue amazighe et la promotion de l’identité amazighe en Algérie ?

Il me semble que vous faites preuve d’un excès d’optimisme que j’aurais aimé partager avec vous et avec tous ceux qui y croient. Je refuse d’être naïf à ce point ! Par ailleurs, en ce qui me concerne, la reconnaissance officielle de l’amazighité, bien qu’elle aurait pu constituer un pas pour nous avant le Printemps noir de 2001, participe au contraire de nos jours à la dissolution de l’identité kabyle, travaille à la perte de nos repères identitaires. Or, c’est notre « kabylité » qui nous garantit autant notre amazighité que notre algérianité et non l’inverse. Les Algériens arabophones qui admettent leur dimension amazighe ne le font que du bout des lèvres, puisque de toutes les façons, ils sentent qu’au fond d’eux-mêmes ils l’ont perdue depuis toujours.

Cela fait longtemps qu’on ne vous a pas entendu parler du MAK. Que devient le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie ?

Le MAK est et demeure le seul espoir de la Kabylie et du peuple kabyle. Le MAK et le projet d’autonomie de la Kabylie sont les faveurs d’une refondation démocratique de la République. Il sort dans la rue quand il estime devoir le faire. Il appelle ainsi toute la jeunesse kabyle à participer aux marches qui auront lieu le jour de Yennayer, à Vgayet et Tizi Ouzou.

Par Madjid Makedhi

Sources : El Watan

Pétition: Demande de levée d’interdiction de circulation imposer à Mr Ferhat Mehenni par le régime Algérien.

http://www.dailymotion.com/video/xbgkv6

Ferhat Mehenni i Yemmas – ass 11-12-2009 Berbère TV ».

En ce jour symbolique, le 10 décembre 2009, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (10 décembre 1948) Monsieur Ferhat MEHENNI, opposant kabyle au régime algérien et l’un des fondateur de la ligue des droits de l’homme en Algérie en 1985, résident sur le territoire français, a été refoulé à l’aéroport de Tunis-Carthage alors qu’il désirait exercer un droit et un devoir qu’est celui de rendre une ultime visite à une mère âgée et fatiguée.

Tunis, en exécutant servile des ordres de l’autorité algérienne, a fait fi de toute dignité humaine et s’est opposé au droit fondamental qu’est la liberté de circulation, bafouant ainsi tous les droits et libertés fondamentaux de la personne proclamés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et jetant en pâture la protection assurée par la Convention de Genève.

Devant l’arrogance et l’injustice de la présidence algérienne qui s’octroie non seulement le droit d’interdire à un citoyen algérien de rentrer dans son pays mais aussi s’empare de celui de lui interdire de se rendre dans d’autres pays, nous citoyens français, Kabyles d’origine réclamons que justice soit faite en délivrant dans un premier temps un visa de visite à la famille de Monsieur MEHENNI.

Lien pour signer la pétition

Sauver le djoundi BOUCHAMA

Depuis quelques mois, un cadre supérieur de la nation, quinquagénère, à la force de l’âge, l’ancien Secrétaire Général du Ministère des Travaux Publics, le frère Hamoudi BOUCHAMA croupit dans les geôles d’El Harrach, sous le chef d’inculpation fallacieux de détournement de 280 millions de dollars dans le cadre du « projet du siècle », c’est à dire l’autoroute Est-Ouest et notamment la partie Ouest réalisée par des entreprises chinoises.

Je connais personnellement M. BOUCHAMA, cet enfant de Chekfa, Jijel, élevé dans une famille modeste et digne à Constantine et qui vit depuis 30 ans à Alger où il s’est marié et où il réside avec sa femme et ses enfants, aujourd’hui douloureusement séparés de leur époux et père.

Tel que je le connaissais, je ne l’ai pas vu depuis quelques années, oua Allahou aalam, Hamoudi est incapable de voler ( sans jeu de mots ) une mouche. Selon ses proches, il ne cessait de se plaindre, ces derniers mois, de pressions qu’il aurait subies de la part de personnes travaillant à la Présidence de la République, connues comme des proches de Said Bouteflika, le parrain de tous les grands projets lancés dans le pays depuis 1999. Les résultats de ces pressions n’ont pas tardé à apparaitre. Il y a quelques mois, Hamoudi a été arrêté et incarcéré aux motifs évoqués plus haut. Pour sauver le Général GHOUL, un fidèle parmi les fidèles du clan présidentiel, dont il est très proche idéologiquement et régionalement, ce clan n’a pas hesité à sacrifier le djoundi BOUCHAMA, un pauvre mec de l’Est algérien, comme ces monstres  n’avaient pas hesité naguère à livrer en pâture les frères Keramane ( Karamazov pour les intimes ), deux Kabyles de service, pour se mettre à l’abri des retombées de l’affaire Khalifa et n’hésiteront sans doute pas à coller l’affaire d’Orascom, qui se gâte, à Haichour ou feu Maghlaoui, deux autres enfants de Constantine. Je lance donc un appel fraternel pressant à tous les bons citoyens et les bonnes citoyennes pour nous mobiliser et sauver le brave djoundi BOUCHAMA, diabètique et hypertendu, en réel danger de mort.

Nous demandons sa libération immédiate et son indémnisation pour les abus dont il a été victime, s’il s’avère qu’il était  innocent. Comme nous exigeons aussi la libération immédiate de Mohamed GHARBI et le retour au pays de Khalifa et des frères Keramane pour qu’ils aient un procès en bonne et due forme.

Frères et Soeurs, si nous ne nous unissons pas, ce pouvoir maléfique nous déshonorera tous l’un après l’autre et fera de notre pays la risée du monde.

Comme cela est le cas actuellement avec l’Egypte.

Tahia El Djazair !

sources: http://sauverbouchama.centerblog.net/

FERHAT MEHENNI REFOULE DE TUNISIE: Une provocation de trop !.

 Parti pour voir sa mère

Ferhat Mehanni refoulé de Tunisie

ferhat.jpgEn ce jour anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le 10 décembre 2009, Ferhat Mehenni, opposant kabyle au régime algérien, a été refoulé à l’aéroport de Tunis-Carthage. Tunis, en exécutant servile des ordres et des basses besognes du dictateur algérien et de son pyromane ministre de l’intérieur, vient de ternir un peu plus son image et surtout de bafouer un droit universellement reconnu : celui de la libre circulation des personnes. A la demande insistante de sa mère, âgée de 84 ans, qui voulait le revoir au moins une dernière fois avant de mourir, le fils avait convenu avec elle de se rendre en Tunisie. Le choix de ce pays s’est imposé pour sa mère du fait d’un côté de sa proximité par voie terrestre, et de l’autre d’un impossible visa Schengen. M. Mehenni aurait pu se rendre lui-même en Kabylie n’était le mandat d’arrêt émis par le régime algérien contre lui, il y a de cela près d’un an, pour des raisons politiques. En Algérie sa liberté et surtout sa vie y seraient gravement menacées.

Arrivé à Tunis par le vol AF 2584, vers 15h 15’, il se présenta au guichet de contrôle des passeports. Le nom introduit dans le fichier de l’ordinateur de la police des frontières fait ressortir une information selon laquelle il serait recherché en Algérie. Après des discussions policières au téléphone durant lesquelles il entendit dire « Nous ne voulons pas de problèmes avec l’Algérie ! », il a été mis aussitôt dans le même avion dans lequel il était arrivé et reprit malgré lui la voie des airs vers paris par le vol AF 2585 ; empêchant du coup une mère qui devait y arriver le lendemain, d’embrasser enfin son fils exilé.

Bouteflika, non content d’interdire à un citoyen de rentrer chez lui, s’emploie à lui interdire de se rendre même dans d’autres pays. La Tunisie qui se couche devant l’Algérie ne regarde que les Tunisiens. Le régime despotique d’Alger est quant à lui notre affaire. Cet épisode qui aurait pu se terminer de manière encore plus grave pour la victime vient rappeler les tentations hégémonistes et dictatoriales de l’Algérie sur les peuples voisins. Il nous montre une fois de plus, combien la construction d’un Etat kabyle est une nécessité vitale pour l’avenir des enfants kabyles.

Le MAK révolté par cet acte qui attente à la liberté d’un démocrate, élève une protestation solennelle contre la Tunisie et l’Algérie auprès des Nations Unies, de l’Union Européenne et des ONG dont Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH…

En ce jour symbolique de la célébration des Droits de l’Homme durant lequel le Président des Etats-Unis, Mr Barak Obama s’est vu remettre le Prix Nobel de la Paix, ce sont les dictateurs d’Alger qui ont à craindre pour leur avenir et non les démocrates épris de liberté.

Kabylie le 11/12/2009

 Sources: http://mak.makabylie.info/M-FERHAT-MEHENNI-REFOULE-DE,00632?lang=fr

Déclaration du Conseil Universitaire MAK de l’UMMTO.

theuniversaldeclarationofhumanrights0700c8.jpgTIMANIT I TMURT N IQVAYLIYEN

MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE

DÉCLARATION

Ce 10 décembre 2009, le monde célèbre le 61ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Dès sa naissance, il y a de cela 9 ans, le MAK a inscrit son programme et les actions qui en découlent dans la perspective générale des droits de l’Homme tels qu’édictés par la Déclaration de Paris du 10 décembre 1948. En la matière, la Kabylie et son peuple ont vécu et continuent de vivre un déni qui dure depuis 47 ans.

À ce déni qui a trait à son identité propre, son histoire, sa langue et sa culture qui a été systématiquement reconduit par tous les pouvoirs depuis 1962, sont venues s’ajouter depuis une décennie des velléités génocidaires par des assassinats, des séquestrations, un appauvrissement économique délibérément organisé et une militarisation de la région en vue de perpétuer la peur et la soumission, voire d’y perpétrer des liquidations massives.

Le Conseil universitaire MAK de Tizi Ouzou réaffirme, à l’occasion de cet anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, la détermination de ses militants à œuvrer sans relâche au recouvrement des droits naturels politiques, culturels, économiques du peuple kabyle dans leur plénitude dans une Kabylie autonome et solidaire de tous les compatriotes de toutes les régions d’Algérie .

Il appelle toutes les citoyennes et citoyens kabyles de quelque bord politique qu’ils soient à agréger leurs efforts dans le but de rendre tous les attributs de liberté, de démocratie, de laïcité et de tolérance à la Kabylie éternelle. C’est par l’union de toutes nos forces que nous saurons donner la réponse qu’il faut au pouvoir et à ses mercenaires locaux missionnés pour une entreprise de “normalisation” de la Kabylie. Ces vendus tentent de la dépouiller de toute spécificité qui ne cadre pas avec le projet de société du pouvoir basé sur une matrice arabo-islamique d’essence fasciste qui veut gommer l’histoire, la langue, la civilisation et le modèle social démocratique hérités des temps immémoriaux.

D’ores et déjà, le Conseil Universitaire MAK de Tizi Ouzou lance un appel de mobilisation générale pour célébrer dignement Yennayer 2960, le 12 janvier 2010 et le 30ème anniversaire de Tafsut Imazigen le 20 Avril 2010.

Vive le MAK !

Vive la Kabylie autonome !

Sources: http://mak.makabylie.info/Declaration-du-MAK-UMMTO,00631?lang=fr 

Beur-FM : « Nous représentons le peuple arabe »

 

arton1949.jpgSuite aux tirages au sorts qui se sont déroulés en Afrique du sud, au vu de la coupe du monde de football qui s y déroulera, la radio communautaire des beurs (BEUR-MF), a ouvert ses ondes aux auditeurs pour qu’ils puissent donner leurs sentiments. Tout ce déroule normalement jusqu’à l’arrivé du commentaire d’un intervenant qui fini par cette affirmation «  …je tiens à rappeler que nous sommes les seuls représentants du peuple arabe…  » ; L’animateur, enthousiaste, vas dans le même sens dans un encouragement mutuel.

Yidir intervient avec une analyse footballistique appréciée par l’animateur sauf qu’il n’omet pas de rectifier : «  Vous dites que la sélection Algérienne est la représentante du peuple arabe… C’est une insulte aux kabyles et aux joueurs Kabyles de cette sélection qui, eux, ne sont pas arabes….  ». L’animateur, comme prit en faute, rétorque : «  mais moi je ne lui ai rien dis, c’est lui qui a parlé de ça  » ; Yidir ne se laisse pas berner par le subterfuge et continue «  … Non, vous avez appuyé ses dires c’est encore mieux  ». Alors qu’on s’attendez à un rétablissement dans la douceur de cet incident, l’animateur de la radio des beurs fini par : «  mais qui voulez-vous qu’on représente  » ? La réaction de Yidir fut instantanée : « …Nous même et puis peut être l’Afrique  » ! Et avant que la voix de ce dernier ne disparaisse de l’antenne  on a pu l’entendre dire à sont interlocuteur : «  les Arabe ne veulent pas de vous… ça ne vous a pas suffit  » ? Juste après Yidir Il y a eu l’intervention de Mourad : «  Vive l’Algérie et je dis à Yidir qui est berbère donc pas arabe que je suis Kabyle et je dis, oui, nous représentons le peuple arabe car nous sommes des arabes  ».

La suite de l’émission s’est déroulé dans les autocongratulations avec des «  Alhamdoullah  », «  inchallah  » et des «  le destin nous a mit dans un bon groupe  » en passant par les commentaires qui n’étaient là que pour soutenir leur représentation des peuple Arabes et descendre Yidir : «  il ne faut pas qu’il oublie que nous somme des Arabes…  »

Où est passé l’Algérienité et uniquement l’Algérianité, mise en exergue pendant les moment de guerre contre l’Egypte ? Tout cela n’était-il que poudre aux yeux des Kabyles pour qu’ils s’engagent corps et âmes, comme ils l’ont fait ? Il est de bien entendu que nous ne découvrons pas ces agissement comme s’ils étaient isolés voir nouveaux. Déjà à la fin de la rencontre «  Egypte Algérie  »  le présentateur Kim, de cette radio, lance des «  Allah Akbar » pour exulter devant les micro. Il n’oublie pas de commenter : «  on dédit cette victoire au monde arabe…  ». Et de finir : «  je remercie la radion algérienne, la radio d’état et le président pour tout les moyen qu’il a mit à notre disposition  ».

Cette constante est respectée depuis toujours. En 1982 Lakhdar Belloumi, ancien joueur de la sélection Algérienne, qui a raté le premier but contre l’Allemagne si ce n’est le rattrapage de Madjer, lance aux camera de la télévision : «  je dédis cette victoire au monde arabe  ». Rappelons que le but qu’il a inscrit fut l’ouvre de neuf passes consécutive faite par des joueurs kabyles dont Assad le dernier passeur qui lui a posé la balle sur la ligne des buts gardés par Schumacher.

Ainsi, les Kabyles seront toujours les dindons de la farce.

Firman L

sources: www.afrique-du-nord.com

Pan-berbérisme et algérianisme : les deux freins à l’émancipation des peuples amazighs

L’éveil identitabreveon236d10d8.jpgire tout comme le nationalisme algérien sont récents et ne remontent pas plus loin que le début du 20e siècle. Les deux phénomènes sont la conséquence directe de l’instruction laïque et française des élites qui les ont portés. L’éveil de ceux qui allaient devenir les nationalistes les a déjà trouvés ‘Algériens’, c’est ainsi qu’ils se sont engagés à libérer cet Etat sans trop remettre en question sa configuration ou sa préfabrication au siècle précédent. Nous en payons encore les conséquences. De l’autre côté, l’éveil identitaire devait obligatoirement passer par le pan-berbérisme car pour que les pionniers, dont Mammeri, arrivent à expliquer d’où venaient ces Kabyles, ces Chaouis, ces Rifains…il fallait chanter la chanson dès le début : « il était une fois les berbères ahalala… » aujourd’hui certains ont fini de la chanter mais il y en a des retardataires (les pan-berbéristes) et ils sont nombreux. Ainsi la question identitaire est à ses débuts et en pleine évolution.

Mathématiquement, le pan-berbérisme est amené à disparaître progressivement au profit de la revendication nationaliste et territoriale mais cette dernière a en face l’arabo-islamisme qui a repris le dessus depuis les indépendances et lui dispute farouchement le terrain aujourd’hui. C’est une véritable course contre la montre et les pan-berbéristes (souvent en même temps algérianistes), qu’ils en soient conscients ou non, sont le facteur le plus important de cette équation tant ils peuvent faire aboutir la revendication nationaliste en peu de temps en l’adoptant, ou faire disparaître l’élément autochtone de deux manières :

1. continuer à constituer un frein à l’émancipation des entités berbères en perpétuant la logique pan-berbériste, et l’arabo-islamisme aura le terrain libre pour achever les berbères qui subsistent.
2. leur fond de commerce (berbérité pour tous) sera récupéré et exploité par les régimes en place (il commence à l’être) pour l’utiliser comme contenant et le contenu va être essentiellement arabo-islamique : officialiser ‘tamazight’ (en vérité vocable bâtard et vide de sens) et apprendre aux jeunes Kabyles que l’Algérie est leur pays, l’islam est leur religion, Mahomet est leur prophète, Abu bakr son compagnon, leur ancêtres sont yéménites, Matoub est un mécréant, Taos Amrouche une renégate…le tout en Kabyle langue nationale et officielle, le temps que ces Kabyles re
jettent leur langue d’eux-mêmes pour adopter la sainte langue du coran, et la boucle sera bouclée.

Ainsi, le premier danger qui menace l’existence des Kabyles (et par extension le reste des peuples amazighs) ne vient ni du pouvoir en place ni de l’idéologie arabo-islamique elle-même, mais d’abord du pan-berbérisme et de son corollaire, l’algérianisme.

Areẓqi At Ḥemmuc

Sources : makabylie.info

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