Rapport d’Hélène Flautre sur le Printemps noir 2001

Députée européenne, Hélène Flautre s’est rendu en Kabylie suite à l’insurrection du Printemps 2001 



Le rapport d’Hélène Flautre  Députée européenne – les Verts/Ale – Vice Présidente de la délégation Maghreb du Parlement européen Rédigé en collaboration avec Claude Taleb Juin 2001 Groupe des Verts-Ale au Parlement européen 

PREAMBULE

Partir en délégation officielle du Parlement Européen, c’est reconnaître une légitimité au dialogue interparlementaire. Cela ne pose aucun problème de principe, seulement de situation. Pour le moment, c’est elle qui prime. Plutôt inconfortable quand vos interlocuteurs sont une représentation notoirement déformée par la fraude électorale, quand la question de l’autonomie parlementaire, par rapport à l’exécutif, déclenche le sourire entendu de tout Algérien, quand le pouvoir paraît jouir d’un discrédit avéré. Votre position de parlementaire délégué au Maghreb en visite officielle à Alger devient alors délicate ! Je ne veux pas me satisfaire du rôle de « voyeur » qui rapporte après coup. A qui ? à l’opinion publique internationale ? Encore moins me contenter du « confort » du protocole. En fait, c’est le désir d’entrevoir un bout de vérité, au détour d’un discours convenu, provoqué par une question jugée agaçante. L’envie de débusquer derrière le titulaire du pouvoir officiel, le doute qu’il s’applique à nier. La conviction que votre interlocuteur, fusse-t-il tortionnaire, qu’il vous révulse ou pas, est un être humain… de la même humanité que vous. C’est cela qui dissipe l’inconfort de ma position qui, à priori, est utilisée par le pouvoir en place pour dorer son blason. En fait, très vite, l’évidence vous tient : il faut tenter de comprendre. Et pour cela, entendre beaucoup d’histoires, des histoires de vies, des histoires à ne pas dormir… La mère qui pleure son fils mort, ou peut-être mort et le général qui commandait les forces de sécurité. Le journaliste qui cherche la vérité et le Ministre de la justice qui se félicite de la concorde civile. La famille d’un jeune tué à Béjaïa et le président de la commission d’enquête qui parle de légitime défense, … Ni voyeur, ni donneur de leçons, vous êtes directement interpellés : le chaos algérien est aussi le nôtre. Fonder un avenir commun après être morts les uns contre les autres, lutter démocratiquement contre la violence armée, penser son identité en pleine relation au monde, vivre ensemble dans la diversité des langues, des cultures et des histoires entremêlées, répondre au discrédit total du politique, à la mainmise de 20% de la population sur 80 % des richesses… 

Défis du présent algérien… Possibles demains du monde. Les familles de disparus sont la manifestation la plus violente de la schizophrénie du pouvoir : comment être juge et assassin ? Supposer comme le général Nezzar que la majorité des disparus sont, étaient des militants islamistes, que le pays était en guerre civile et que l’éradication de l’islamisme armé est une cause supérieure de l’Etat, c’est finalement, répondre et invalider toute demande de justice. Le besoin des familles de connaître la vérité n’est pas soluble dans la raison d’Etat. Les grandes enquêtes, jamais individualisées dans leurs conclusions, sont un masque sur une question à laquelle l’Etat ne veut pas répondre : qu’a fait l’armée de l’Etat au nom de la raison d’Etat ? Pour lever le voile, toutes les familles de disparuss que j’ai rencontrées, demandent la venue du rapporteur spécial de l’ONU sur les disparitions forcées. Y a-t-il une raison de nos Etats qui pourrait nous interdire de soutenir cette demande ? Après la guerre civile, la réconciliation… « La concorde civile », dit le Général Nezzar, « est la couverture politique tardive d’un accord de 1997 entre l’armée et l’Armée Islamique du Salut ». Le Ministre de la Justice mesure au nombre des 6 000 islamistes descendus du maquis sa pleine réussite. Une députée raconte la tragédie de cette grand-mère tenant dans les mains ses deux petits-enfants, leurs pères sont morts, l’un tué par l’armée, l’autre par les islamistes. Elle dit : quand ils auront vingt ans sauront-ils ne pas s’entretuer ? D’autres reconnaissent dans leur voisinage l’assassin de leurs enfants, dénoncent l’arrogance des repentis, crient à l’impunité :  » C’est un accord d’impunité réciproque sur le dos du peuple, de la justice et de la vérité ! ». Le Ministre de la Justice dit que plus de 400 maquisards et 300 militaires sont poursuivis actuellement par la justice… on attend les procès. « Si nous avions promis des procès, croyez-vous qu’ils seraient descendus des maquis ? » interroge le général Nezzar. La concorde civile sème la discorde. Comprendre, faire justice, permettre aux douleurs individuelles de se raconter publiquement, de faire l’histoire, tragique mais commune. C’est peut-être le chemin de la réconciliation. Aux otages de la guerre civile, que la logique des camps armés a étouffés, d’ouvrir la voie… Ingérence de les soutenir ? Les exigences citoyennes sont réelles, les balles aussi A Tizi-Ouzou, à l’écoute des témoignages des parents, des frères des jeunes tués, des blessés, vous comprenez vite, malgré l’émotion, que les  » événements  » dits de Kabylie sont le précipité d’un état prolongé de domination par la force, d’un pouvoir spoliateur sur une population pauvre et digne, en quête d’avenir.  Vous êtes épatés par leur incroyable sang-froid, maturité citoyenne, et détermination et vous prenez l’engagement de les aider à débroussailler des chemins de liberté. Repassent dans votre tête les propos du Ministre de la justice, tardivement compatissants et globalement insipides, les déclarations vainement volontaristes des présidents de commissions d’enquête, les phrases trop générales sur la situation économique et sociale des leaders politiques. Vous vous dites : La société algérienne est très loin devant, saurons-nous être à sa hauteur ? Arras, 10 juin 2001. 



SOMMAIRE : Page 4. le contexte de la visite Page 5. une société qui étouffe, un régime à bout de souffle page 6 1. La sale guerre 1.1 Sale guerre : la version officielle page 7 1.2  » Dépassements  » et massacres page 9 1.3 Arrestations illégales et disparitions forcées page 12 2. L’insécurité page 12 2.1 Les islamistes armés aujourd’hui page 12 2.2 Cinq cent mille hommes armés « contre le terrorisme » page 13 2.3 La concorde civile, échec de Bouteflika ? page 15 3. Les enjeux d’un partenariat euro-méditerranéen page 15 3.1 Un pays riche peuplé de pauvres page 16 3.2 Un environnement saccagé page 17 3.3 Des libertés publiques mises entre parenthèses page 19 3.4 L’accord d’association Europe-Algérie  page 21 l’insurrection démocratique page 22 octobre 88-printemps 2001 page 22 22 mai 2001, TIZI OUZOU page 23 1. Victimes de la  » hogra  » page 26 2.  » Vive la gendarmerie, à bas tamazight  » page 27 3.  » Un pouvoir qui tue ses enfants n’a pas d’avenir  » page 28 4. Promesses de Démocratie page 29. 5. Notre responsabilité, en Europe page 31 les Annexes 

 



 

Un contexte particulier Cette visite, « ordinaire » prévue de longue date dans le cadre du dialogue inter-parlementaire Algérie-Union européenne, s’est déroulée dans un contexte « extraordinaire » : en plein renouvellement des termes mêmes du débat national et international sur « les sales guerres » qui ont endeuillé l’Algérie tout au long de la seconde moitié du siècle. En plein développement de la contestation et de la révolte commencée en Kabylie : l’histoire récente de l’Algérie en débat Pour la première fois à cette échelle, en France notamment, un large débat public met en évidence, depuis plusieurs mois, les méthodes criminelles employées par l’armée française, entre 1954 et 1962, pour contenir la lutte de libération nationale algérienne. Les témoignages de victimes mettent directement et personnellement en cause plusieurs haut responsables militaires français. Concernant l’Algérie, c’est surtout son histoire récente qui fait l’objet d’interrogations ; le Président Bouteflika a lui même estimé, dans une déclaration publique, à plus de 100 000, le nombre de victimes de la guerre civile commencée en 1992. Plusieurs livres et témoignages de protagonistes de cette sale guerre, de victimes et de témoins, accusent gravement les méthodes employées par les forces de sécurité contre des civils suspectés de complicité ou de complaisance envers les islamistes. Une plainte portée contre l’une des principales figures des généraux « décideurs » algériens a failli aboutir à son arrestation à Paris, quelques jours avant la visite, sous des inculpations de crime universel. la révolte des jeunes A la suite de la mort, consécutive à ses blessures par balles, dans les locaux de la gendarmerie de Béni Douala, le 18 avril, d’un jeune lycéen, Massinissah Guermah, la révolte de la jeunesse s’est généralisée à toute la population de Petite et Grande Kabylie. Alors que la délégation était à Alger, Le 21 mai, 500 000 personnes manifestaient à Tizi Ouzou contre la violence et les meurtres commis par les forces de sécurité, contre le mépris et l’injustice généralisés, pour demander la justice sociale, la démocratie, la reconnaissance des identités culturelles. Ces événements dits « de Kabylie », si distants et si proches, ont alimenté, sous tendu, toutes les conversations officielles et informelles, tout au long du programme de visite. A l’évidence, cette mobilisation populaire avait un impact et une résonance qui allaient alors déjà, bien au delà des limites géographiques de cette région ; c’est l’avenir de toute l’Algérie qui était -qui est- en suspens. Plusieurs « grandes questions » émergeaient de la préparation à la visite : Où en est l’Etat de droit mis « entre parenthèses » depuis le décret de l’état d’urgence le 9 février 1992 (réforme de le magistrature, lois sur la communication, suspension des libertés publiques, loi sur le terrorisme) ? Quels sont les résultats de la concorde civile ? de la création des milices d’autodéfense (GLD) ? Quelle est la réponse apportée aux dossiers des arrestations illégales et des disparitions forcées ? Quelles conclusions sont tirées de la révolte des jeunes ? Ou en est la situation économique et sociale ? Quelles perspectives faut il en déduire pour les relations euro-algériennes ? Tel fut le fil conducteur des questions posées, dans le cadre du dialogue interparlementaire, des rencontres avec la société civile, et, avec les autorités algériennes. 

 



 

L’INSURRECTION DEMOCRATIQUE A Dahman et Yayiah, sans oublier notre chauffeur Octobre 1988 – printemps 2001 Plusieurs parlementaires rencontrés, des journalistes, des témoins, le général Nezzar…se rejoignent, paradoxalement, pour comparer ces deux « insurrections » motivées par une « protestation générale contre la misère, le manque d’emplois, de logements, de perspectives, la hogra, le rejet des autorités… » Le massacre de 500 manifestants mitraillés par l’armée, à Alger, en octobre 88, avait été suivi de mesures politiques d’ouverture, de l’instauration du pluralisme, du droit d’association. Il avait également eu pour conséquence la montée du FIS. L’interruption du processus électoral et l’instauration de l’état d’urgence, en février 92, alors que le FIS, avec 28 % des voix, était sur le point d’obtenir la majorité absolue des sièges à l’Assemblée Populaire Nationale, a été suivie du développement de l’islamisme armé, de longues années de tragédie, d’une violence extrême qui a coûté la vie à (100 000 selon le président Boutéflika , 200 000 selon le FFS) algériens et algériennes. A ces chiffres effrayants, il faut ajouter toutes celles et ceux, plus nombreux et nombreuses encore qui portent les stigmates des blessures physiques et morales qui ont affecté de larges secteurs de la population, bien au delà des protagonistes directs du conflit armé. La décroissance des conflits armés et de la pression qu’ils exercent sur la population semblent bien rendre possible la reprise de la contestation et de la protestation d’aujourd’hui. 

22 mai 2001, à Tizi Ouzou Comment repartir d’Algérie sans essayer, sans écouter, les acteurs de ces manifestations quotidiennes ? Comment ne pas avoir envie de transgresser le protocole de la visite officielle pour aller à la rencontre de ces manifestants,  » vus à la télé  » derrière ces calicots tragiques sur lesquels ils écrivent  » vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts «  ? Il s’agit moins de rapporter que de comprendre. La triple revendication, de justice sociale, de démocratie et de reconnaissance de l’identité culturelle et l’opposition au  » pouvoir assassin  » n’annoncent elles pas l’émergence d’une troisième voie, d’une Algérie plurielle qui ne demande qu’à s’épanouir en rejetant les deux termes de l’alternative violence islamiste/violence d’état ? Qu’attendent ils de l’Europe, de ses citoyens, de ses institutions ? Le refus, exprimé tardivement, par le protocole de l’APN, d’organiser cette visite, l’a sans doute finalement facilitée : aucun protocole officiel n’aurait su organiser un programme d’une telle intensité : aller-retour en voiture Alger-Tizi, accueil par les responsables de la Maison des droits de l’homme et du citoyen, rencontre avec les victimes et leurs proches, avec la coordination des étudiants, avec la ligue algérienne de défense des droits de l’homme (laddh), de la willaya de Tizi, avec les élus (Sénat et commune de Tizi), avec la coordination des aouch (comités de villages). § 1 Victimes de la  » hogra «  La première étape fut la plus bouleversante et la plus éprouvante de tout le voyage : à la Maison des droits de l’Homme et du citoyen, lieu défini par nos hôtes comme « un espace dédié au développement des droits de l’homme, créé par le bénévolat, dans une cité populaire « , ou attendaient plusieurs dizaines de personnes. Le témoignage de victimes et de parents de victimes des violences des forces de sécurité, pendant plus de 3 heures, fut un grand choc émotionnel et …un réquisitoire implacable contre la férocité et le caractère délibéré des crimes et des exactions commises au nom de l’Etat. 

 

Bélaïd Bouzerma, 31 ans, de Larba Nath Irathène Blessé par balles tirées à la mitrailleuse depuis la terrasse de la gendarmerie, le 28 avril, à Larbaa Nath Irathène (LNI), amputé d’un jambe. Il dit :  » il n’y a pas de boulot, que du chômage, aucun espoir pour notre génération… C’est après la mort de Massinissah que nous avons manifesté…Pourquoi cette hogra ? on est jeunes, démocrates, je n’ai jamais manqué de respect pour les autorités…j’ai été deux fois militaire et me suis mis à la disposition de cet Etat qui n’est pas à la hauteur…nous sommes des hommes libres -imazighen- nous n’acceptons pas cette hogra… «  § M Guermah, père de Massinissah Guermah, 20 ans, de Béni Douala  » Depuis quelque temps les gendarmes multipliaient les provocations, ils avaient été dénoncés le 16 avril par le comité de village. Le 18, mon fils, interrompant ses révsions du bac pour prendre l’air a été interpellé par 2 gendarmes sur le trottoir au pied de notre logement. Frappé durant son transport, il est entré titubant au poste. 5 minutes plus tard, des témoins qui se trouvaient dans le gendarmerie ont entendu 2 rafales. Il a été transporté à l’hôpital de Tizi puis à celui d’Alger où ils est décédé deux jours plus tard, le 20 avril. Mon fils était une force de la nature, qui a résisté deux jours, avec 6/7 de tension, après avoir perdu beaucoup de sang, les 2 jambes déchiquetées par des balles explosives tirées à bout portant, j’ai vu de mes propres yeux ses blessures… C’était un ange, il ne supportait pas l’injustice…10000 personnes ont assisté à son inhumation…je n’ai pas assisté à la mise en terre car je suis resté à l’entrée du cimetière pour supplier les jeunes de renoncer à toute violence…j’ai perdu un ange, je ne veux pas en perdre d’autres…Les instances ont embrasé les chose avec les communiqués du commandant de gendarmerie insultant moi fils accusé d’être un voleur et un agresseur et avec celui du Ministre de l’Intérieur, Zerhouni, parlant d’un délinquant âgé de 26 ans… J’ai peut être été formé à l’école des ânes mais je suis plus intelligent qu’eux : je ne veux pas de violence ! … je ne témoignerai pas devant leurs instances (les commissions d’enquête présidentielle et parlementaire)…je tiens à rendre hommage aux avocats et au personnel hospitalier de la région qui font tout pour aider la population… «  § Hamza Bellahouès. 31 ans, Mekla Blessé de 2 balles dans le dos.  » on ne peut faire du bien qu’avec du bien, pas avec du mal… « . Il parle d’une vie  » inutile, de mort anticipée… nous sommes déjà morts… «  § M Saïd Mokrab, père d’Oulbane Mokrab, dit Azzedine, 25 ans, Larbaa Nath Irathène, tué le 28 avril Les gendarmes ont tiré sur mon fils alors qu’il se trouvait à plus de 150 mètres de la gendarmerie ; il a reçu une balle qui lui a traversé le cou. Il était a- politique, il a été tabassé le jeudi (26), assassiné le samedi. Ici, ce n’est pas le problème d’une région, c’est le problème d’une Nation. C’est une lutte pacifique de jeunes contre la mal vie, pour l’identité… Nous voulons le jugement des criminels, je veux entendre prononcer le nom de l’assassin de mon fils… Il voulait vivre, les enfants avaient des pierres, les gendarmes, postés sur les terrasses des gendarmeries, tiraient partout. Ils agissaient sur ordre. Ils avaient une stratégie, tirant derrière les manifestants pour qu’ils se rapprochent de la gendarmerie. Il faut que l’Union européenne fasse pression sur l’armée pour qu’elle livre les responsables des tueries car ici, la justice n’a aucun pouvoir sur l’armée… « . A ses cotés, d’autres témoins, membres de l’association des parents de victimes de LNI, dont l’un, faisant état de  » 24 mois de services dans la Mitidja « , ont vu, le 28 avril, à 15h30, Areski Hammache et Mouloud Belkalem, être  » achevés au P.A par le Chef de la brigade de gendarmerie de Larba N.I. « . 

Belkacem Bouguera, frère de Rachid Bouguera, 25 ans, de Boghni,  » Le 27 avril, mon frère, volontaire au Croissant Rouge algérien, a été abattu d’une balle dans le cou alors qu’il se rendait au siège du CRA. Les témoins ont vu que c’était un policier, membre de la Brigade Mobile de Police Judiciaire (BMPJ) qui l’avait tué. Les témoins ont subi des pressions de la police leur demandant d’accuser la gendarmerie. » Samir Allalou, 23 ans, de Borj Menaïel, Blessé par balles le 29 avril, à Boumerdès, avec 6 ou 7 autres personnes alors qu’ils se trouvaient à plus de 500 mètres du commissariat et de la gendarmerie. Etait hospitalisé depuis 23 jours souffrant de graves blessures à l’abdomen. M Béchar, père de Ali Béchar, 21 ans, Son fils a été blessé par une balle tirée, à Naciria, par un policier, non menacé, distant de 30 mètres au moment du tir, a plus de 500 mètres du commissariat. Khellil Raab, frère de Slimane Raab, 23 ans, de Bouzeguene Sorti de son domicile le 28 avril, une heure après le début des manifestations, son frère a reçu une balle dans le cou alors que des manifestants fuyaient dans tous les sens. Est décédé le 14 mai. Le frère de Kemal Irchène, 27 ans, d’Azaga, Dit que son frère a été abattu par des gendarmes tirant du toit de la gendarmerie alors qu’il portait secours à un blessé. Avant de mourir, il a écrit le mot  » Liberté  » avec son sang sur le mur du café en face de la banque. Depuis, les habitants avaient érigé une petite stèle à cet emplacement, déposaient des fleurs, allumaient, chaque soir, des bougies. A ce moment, les gendarmes à plusieurs reprises, on lancé des pierres. La veille, 21 mai, ils avaient tiré des grenades lacrymogènes sur les personnes se recueillant. On apprendrait le lendemain, que, pendant cet entretien, ils se livraient à une véritable profanation en brisant le portait de Kemal Irchène. Le juge d’Azazga a demandé au père de la victime  » d’apporter la preuve que son fils a bien été tué par les gendarmes « . Salah Ouidir, 22 ans, de Aïn El Hammam Blessé par balle, dans la jambe, le 28 avril, à Ain El Hammam. Dit qu’alors que des écoliers effectuaient une marche pacifique en criant  » pouvoir assassin « , les gendarmes ont commencé par proférer des grossièretés.  » Ils sont revenus 20 minutes plus tard avec des kalachnikovs, nous ont poursuivi en tirant jusqu’en lsière de forêt. « . Un de ses amis venu lui porter secours a été tué. M Aït Abba, époux de Nadia Aït Abba, 33 ans, institutrice, de Aïn El Hammam. Habitant à AEH devant la gendarmerie, dit qu’il  » a assisté à la guerre …le 26 avril, j’avais vu les gendarmes sur leur toit, filmant, photographiant… le 28 avril, son épouse, enseignante en arabe,  » qui avait peut être été vue donnant du vinaigre aux enfants suffocant dans les lacrymogènes « , a été abattue de plusieurs balles -dont une balle explosive qui lui a provoqué une lésion de 8 cm- (cf annexe) alors qu’elle se trouvait derrière la fenêtre, chez sa voisine, au 5 ème étage. Son beau frère témoigne :  » ils tiraient dans tous les sens…ils ont continué à nous tirer dessus alors que nous tentions de l’emmener sur un brancard… « . C’est ainsi qu’ils ont tué Omar Naït Amara, venu à son secours. Brahim Bouktoube, 17 ans, de Mekla Atteint d’une balle dans le dos, le 28 avril, à Mekla, alors qu’il allait chercher son petit frère à l’école.  » Aurait été achevé s’il n’avait été évacué par des témoins… « . 

le père de Kamal Rahim, 26 ans, de Boghni Décédé des suites des blessures consécutives à 3 coups de couteau. Son père ne dispose d’aucun témoignage confirmant qu’il a été frappé par les gendarmes. Mohamed Hassani, 26 ans, de Matkas Le 28 avril, à 15h30 ; ne participant pas à la manifestation, rencontrant des  » forces spéciales  » de gendarmerie sur le trajet entre la boutique où il travaille et son domicile. Ceux-ci lui intiment l’ordre de se déshabiller, en pleine rue, puis le forcent à le faire en déchirant ses vêtements à l’aide de leurs baïonnettes. Humilié en public, , contraint de boire l’eau des égouts, battu et ne devant son salut qu’à la fuite, après voir essuyé des coups de feu. Soutenu par le président de l’APC (maire) de son village, qui raconte une tentative d’interposition menée avec son collègue de Mekla pour faire remplacer, avec l’accord des jeunes, les gendarmes par des policiers. Démarche menée sans résultat auprès du Wali (Prefet). Le commandant de gendarmerie refusant quant à lui toute négociation et repoussant, avec brutalité, la médiation de l’élu. Dans un bilan établi en date du 21 mai, figurant en annexe de ce rapport, la Laddh dénombrait, 49 morts dans les willayas de T. Ouzou, Béjaïa, Bouira, Sétif et Boumerdès, 563 blessés, dont 221 par balles, 18 cas de sévices et tortures (Willaya de Tizi Ouzou), plus de 490 blessés (Willaya de Béjaïa). 2  » Vive la gendarmerie, à bas Tamazight «  Nous avons pu voir ce slogan inscrit au stylo feutre sur la blouse de Nadia Ait Abba, tuée par les balles de la gendarmerie le 28 avril. Le soir de l’assassinat, les habitants d’Aïn El Hammam accusent les gendarmes d’avoir saccagé l’école et ainsi manifesté leur haine. Contrairement aux hypothèses ou aux allégations entendues lors des rencontres avec des parlementaires et des membres du gouvernement, il suffit d’aller passer une après midi à Tizi Ouzou, ou sans doute à Béjaïa, et dans d’autres willayas, pour n’avoir aucun doute : comme les nombreuses blessures pas balles dans le dos l’attestent, les gendarmes n’ont, en aucune façon, agi, en état de légitime défense ; les moyens utilisés, armes de guerre, balles explosives, ne sont absolument pas proportionnées à la  » menace  » que peuvent représenter les manifestations pacifiques, le plus souvent d’écoliers et lycéens, du mois d’avril. Dans plusieurs villages, les tirs ont été opérés depuis les terrasses des casernements. Des victimes ont été poursuivies, achevées. Il convient d’observer que des policiers ont également participé à la répression et commis plusieurs assassinats. Ils sont accusés d’avoir cherché à faire disparaître des preuves en allant rechercher, dans les hôpitaux, les balles extraites des corps. 

De nombreuses victimes ont reçu des convocations de juges les sommant de prouver qu’ils étaient victimes de la gendarmerie. Aux demandes de rapports d’autopsie, il n’avait jusqu’alors été répondu que par la fourniture de certificats attestant que des autopsies avaient été éffectuées… Réponse à la  » hogra  » si fortement manifestée par les forces de répression, de nombreux habitants, des victimes, des témoins, la population, fin mai, boycottaient les gendarmes, ceux-ci étant contraints, suite au refus de les servir des commerçants, de s’approvisionner à l’extérieur de la région. Beaucoup demandaient  » le départ de la gendarmerie, qui en Kabylie, selon M.Aït Amara,  » représente la hogra  » « . Des représentants des comités de village n’hésitaient pas à affirmer que ce corps d’état joue un rôle essentiel dans la délinquance :  » allez en boîte de nuit, vous n’y verrez que des gendarmes, à la tête des réseaux de trafic de drogue, de prostitution etc… « . Si l’exigence de vérité, de justice, de punition des coupables, est, bien légitimement, générale, plusieurs familles de victimes expriment fortement leur conviction que ces actes sont commis parce qu’ils sont assurés de l’impunité. Sentiment résumé dans une expression :  » nous voulons la punition des coupables et au delà, savoir qui est coupable de n’avoir pas donné l’ordre d’arrêter de tirer ! « . § 3  » Un pouvoir qui tue ses enfants n’a pas d’avenir «  Cette sentence prononcée par un parlementaire local du FFS, dit toute la difficulté de la solution pacifique et démocratique de cette crise. Comment obtenir de ce pouvoir, sinon une proposition d’avenir convaincante et crédible, au moins qu’il reconnaisse la gravité de la situation et qu’il donne, toutes affaires cessantes, les ordres nécessaires à l’arrêt des crimes commis contre une population pacifique ? Comme le disait Belaïd, blessé par balles,  » cet Etat n’est pas à la hauteur « . Les médecins et les soignants de l’hôpital de Tizi Ouzou ont ainsi refusé de voir et parler au Ministre de l’Intérieur, M.Zerhouni, venu en visite impromptue à minuit, après avoir injurié la mémoire de Massinissah. A la date ou la laddh diffusait cet état de la situation, le Préfet (Wali) évoquait  » une quarantaine de victimes  » sans fournir de liste ni de précisions sur les circonstances, l’origine des blessures. 

A l’assemblée Nationale Populaire, dans les Ministères, les membres de la délégation ont pu entendre de façon unanime, les élus et Ministres rencontrés, pourfendre la dernière résolution du Parlement européen, votée quelques jours avant la visite sur la proposition de Députés qui souhaitaient surtout faire part de sa condamnation des massacres, au motif qu’elle contenait un passage certes inapproprié, singularisant les droits du  » peuple berbère de Kabylie « . Diversion bien opportune pour qui ne souhaitait pas se prononcer plus clairement sur les évènements en cours ! Tous ces interlocuteurs ont dénoncé ce qu’ils appellent des  » dépassements « . La main sur le cœur, ils ont appelé de leurs vœux enquêtes et punitions. Il s’est trouvé un responsable de groupe parlementaire, celui du groupe EnHada, islamiste membre du gouvernement, pour demander  » qu’on sanctionne les participants aux émeutes «  ! Le Ministre de la justice, tout en se disant « prêt à engager et à accompagner les poursuites « …évoquait la mise sous mandat de dépôt d’un seul gendarme,…  » celui dont l’arme est tombée… « . Le Président de la République et l’Assemblée Nationale Populaire ont diligenté deux commissions d’enquêtes. On a promis aux parlementaires européens qu’ils seraient parmi les premiers destinataires de ces rapports. Le président de la commission d’enquête parlementaire a assuré que toutes les pièces lui seraient communiquées,  » même les rapports d’autopsie « , quelques heures avant que le Ministre de la Justice n’affirme que les commissions pourraient accéder à tous les documents,  » sauf, bien sur, les rapports d’autopsie… « . M.Issad, Président de la commission d’enquête nommée par Abdelaziz Bouteflika, ne prétend pas, lui, faire le travail de la justice, mais plutôt savoir,  » si un chef d’orchestre se cache derrière ces évènements. «  Les victimes ne veulent rencontrer, ni l’une, ni l’autre, de ces commissions. Les étudiants de Tizi Ouzou, comme les représentants de la Laddh, mettent en cause la volonté de provoquer des troubles, une stratégie concertée, relevant qu’on a ouvert le feu, le même jour dans des localités distantes de plus de 200 kilomètres. De nombreux témoins affirment que les gendarmes avaient multiplié les provocations envers les habitants, les commerçants, dans les semaines précédant les premières manifestations. 

Un Sénateur (FFS) de Tizi, nomme l’enjeu de ces provocations :  » l’hégémonie par le désordre « . Il s’agirait de discréditer tel ou tel haut placé au pouvoir tout en autorisant la reprise en main d’une région qu’on tente d’isoler du reste de la population. Dans cette situation, seul l’affichage d’une volonté politique nouvelle de faire toute la lumière et d’assumer une transition légitimée par le retour de l’état de droit et des élections libres, semblent susceptibles de satisfaire la demande de dignité et de démocratie. Ce régime en est-il capable ? § 4  » promesses  » de Démocratie La société civile semble, en Algérie, dix pas en avance sur le système politique officiel. Il faut d’abord rendre hommage aux familles de victimes qui, sans aucune exception, malgré des souffrances indicibles de parents auxquels on a arraché leurs enfants, refusent de céder à la tentation de la vengeance, revendiquent leur non violence, et se concentrent sur l’exigence, sans concession, de justice. N’oublions pas non plus tous ces avocats, ces médecins, et tous les personnels médicaux, unanimement loués. Et puis aussi les femmes, frappées elles aussi, massivement présentes dans les rues le 21 mai, mais trop absentes lors des différentes rencontres. Les étudiants, reconnaissant n’être intervenus que dans un deuxième temps, en solidarité des enfants, élèves du primaire, collégiens et lycéens, premiers descendus dans les rues. Le 21 mai, jour de grande manifestation, ils tentaient de  » canaliser  » la virulence des plus jeunes, assurant un service d’ordre protégeant la police. Ils expriment avec beaucoup de conviction et de clarté ce qu’il appellent leur  » soif d’un avenir de liberté et de démocratie « . Les revendications de toute la population sont communes, sinon identiques ; ·refus de la hogra, du mépris érigé en système de gouvernement ·Justice sociale, de vivre dignement dans ce pays riche n démocratie ; élections libres et non truquées, justice, état de droit ·                    

Reconnaissance du Tamazight : identité culturelle et exercice de la pleine citoyenneté.  » Savoir être ensemble « , solidaires, s’appuyant sur la préservation des communautés de base. Tous réfutent toute visée uniquement identitaire. Pour les comités de villages, (aouchs)  » la revendication identitaire n’est pas une priorité, on assiste surtout à une explosion sociale « . Quant à la revendication séparatiste ? c’est complètement idiot ! « Notre révolte et nos revendications sont pour toute l’Algérie » disent tous les acteurs rencontrés. Les étudiants rappellent que 17 lycéens ont été tués, au sud d’Alger, à Médéa en décembre 2000. S’il faut singulariser leur région, beaucoup emploient le terme de  » soubassement démocratique  » pour décrire une tradition ancrée dans l’histoire de ses luttes. Pour le président de l’APC (commune) de Tizi Ouzou, FFS,  » en 80, on revendiquait beaucoup de Tamazight, un peu la démocratie, en 88 c’était une manifestation de ras l’bol général, pour la démocratie, en 2001 ; c’est justice sociale contre les licenciements, démocratie et Tamazight « . Les responsables de ce parti, disent que les incendies de permanences politiques, y compris du FFS, sont significatifs de  » l’absence de médiation politique dans laquelle se trouve le pays après 10 années d’état d’urgence « . Ils dénoncent  » la privatisation des pouvoirs publics  » à laquelle s’est livré le pouvoir et  » le droit de vie et de mort sur les citoyens  » qu’il exerce dans  » une guerre à huis clos. «  La coordination des comités de villages avait organisé, la veille, le 21 mai, à Tizi, la plus grande manifestation de l’histoire de la Kabylie, à laquelle ont participé 500 000 personnes, hommes et femmes, venus des villes et villages de toute la région. Cette organisation traditionnelle semble aujourd’hui ljouer un rôle fédérateur des aspirations citoyennes.  En s’organisant ainsi dans chaque village, ses représentants veulent » mettre fin à la démission des adultes, cesser de nous occuper de nos petites affaires, et alors que les jeunes et les enfants se sont soulevés, disent que plus un gosse ne doit mourir… qu’ils vont prendre leurs responsabilités et …restaurer des espaces naturels de citoyenneté… « . § 5 Notre responsabilité, en Europe Les interlocuteurs rencontrés formulent des reproches qui trahissent une attente jusqu’ici déçue. Le Président le l’APC et les étudiants reprochent une  » non assistance à population en danger « . Maître Zehouane le sage, avocat-militant de la Maison des Droits de l’Homme et des citoyens regrette que le  » Parlement européen pare de vertus démocratiques des éradicateurs qui vivent dans des enclaves « . Personne ne croit à l’objectivité des commissions d’enquête créées par le pouvoir, alors que les précédentes, destinées à enquêter sur la fraude électorale et sur l’assassinat de Matoub Lounès n’ont donné aucun résultat. Le FFS, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, les étudiants, souhaitent la mise en place d’une commission d’enquête internationale. Européens engagés dans la négociation du partenariat, le moindre que nous puissions faire est d’appuyer une transition démocratique sans laquelle aucun partenariat durable ne verra le jour. Chaque jour perdu à tergiverser laisse filer l’inflation de victimes, les fractures de toutes sortes qui déchirent la société algérienne. Peut on qualifier d’ingérence le soutien à l’internationalisation de la résolution démocratique de la crise algérienne tout en continuant à payer les commissions des exportateurs de gaz ou des importateurs de produits pharmaceutiques ? Nous pouvons aider à la mise en place d’une commission d’enquête internationale, conformément aux usages internationaux, avec l’ONU. 

 

Engagés dans une négociation bi-latérale Europe-Algérie, dans la situation actuelle, nous ne saurions conclure sans une investigation commune des blessures qui creusent un précipice entre dirigeants et dirigés en Algérie. Tel est le sens de la proposition d’une commission d’enquête euro-algérienne, premier acte d’un partenariat à construire. Si la résolution algéro-algérienne des questions est incontournable, dans une situation d’incommunication totale, il s’agit, par cette médiation, de promouvoir l’engagement de ce processus. Ce faisant nous ne nous occupons pas de l’Algérie mais de l’avenir de l’Europe. Parce que nous sommes favorables à un partenariat fondé sur l’exigence et le respect mutuels. Parce que nul ne peut parier, à la veille de l’élargissement, sur la singularité de l’histoire contemporaine de l’Algérie. A qui veut on faire croire que cette misère, ces violences, ces intégrismes, ce banditisme généralisé, ce goût de la manipulation, ne sont pas ou des choses vues, ou des questions, dans des régions d’Europe ? L’Algérie mérite sans conteste mieux que le vote d’une résolution d’urgence, ou qu’un débat bâclé, à la fin d’une session du Parlement. Assumons notre responsabilité et laissons le mot de la fin à Maître Zehouane :  » que l’Europe déjoue le piège de ceux qui veulent l’emprisonner dans le piège de la phobie de l’intégrisme et lui faire accepter comme un moindre mal, les massacres et l’état d’urgence… la société algérienne arrive à un seuil tel que la situation de pouvoir par la manipulation ne peut plus durer « . Contact · au Parlement européen : Rue Wiertz. Bureau 8 G 169. B-1047 Bruxelles Tel 00.32.2.284.73.64 Fax 00.32.2.284.93.64 Email : hflautre@europarl.eu.int· Arras : 10, rue de Justice. 62000 Arras. Tel 03.21.71.29.79 Fax 03.21.51.21.67 Email : hflautre@nordnet.fr 

ANNEXES Composition de la Délégation du Parlement européen· Raimon Obiols i Germa, Président, PSE, Espagne· Jorge Hernandez Mollar, 1 er Vice Président, PPE, Espagne· Hélène Flautre, 2 ème Vice Présidente, Les Verts-Ale, France· Yasmine Boudjenah, Gue, France ·Hugues Martin, PPE, France · Pasqualine Napoletano, PSE, Italie 

Personnalités rencontrées en Algérie 1) Programme officiel de la délégation · Assemblée Populaire Nationale (APN) : ·M. Abdelkader Bensalah, Président de l’APN · M. Abdelhamid Si Affif, Pdt de la commission des affaires étrangères ·Une délégation de députés de la majorité gvtale (RND-FLN-EnHahda-MSP· Les groupes parlementaires de l’APN (RND, FLN, EnHahda, MSP + le FFS et le RCD) · La coordination des femmes parlementaires 

· Le Président et les membres de la commission d’enquête parlementaire sur la Kabylie · Conseil de la nation (Sénat) : M.Boumaaza, Président et une délégation de sénateurs · Gouvernement Algérien : · M.Ali Benflis (chef du gouvernement). M.Ahmed Ouyahia (Ministre de la justice)·M.Adelaziz Belkhadem (Ministre des affaires étrangères) · M. Boauabdellah Gholamallah (Ministre des affaires religieuses) · M Mohand Issad, pdt de la commission d’enquête sur la Kabylie · Société civile : (Liste établie en concertation avec les autorités algériennes sur la base des propositions des membres de la délégation)· Mesdames Fathma N’Soumeur, Ouricha Chouaki, Fondation Belkhenchir· Mme Benhabib Sos Femmes en détresse ·Mmes Zazi Sadou et Kheira Dekali, RAFD (rassemblement algérien des femmes démocrates) · Ms.Aït Yahia et Hocine, Mme Rahma LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’homme) · M Guéchir Boudjemaa, LADH, (Ligue algérienne des droits de l’homme) · Mme Lila Eighil, AFD,(association des famillles de disparus) ·M.Rabah Benlatrèche, AFD Constantine ·  M Djemil Benrabah, Comité de coordination vérité et justice · Les Directeurs de journaux suivants : El Watan, Liberté, Le Matin, EL Khabar, La Tribune, l’Authentique, el Hayat, Reuter, BBC 

2) Rencontres informelles, hors programme officiel · Maître Mahmoud Khellili . avocat et Mme Ferhassi, et M et Mme Bouabdallah, femme et parents de journalistes disparus · une soixantaine de femmes rassemblées devant le siège de l’ONDH à l’appel de l’association SOS Disparus. Mme Fatima Yous et M.Allalou, responsables de l’association. · Khaled Nezzar, Ancien Chef d’Etat major des armées (88-90), ancien Ministre de le Défense (90-91), l’un des 5 Membres du Haut Comité d’Etat mis en place en 92. · Dalila Taleb, responsable du RAJ (Rassemblement Action Jeunesse), Députée à l’APN · Différents journalistes : Yassine Temlali (Algérie Interface), Kadi Ahcen, Youcef Zirem (le jeune indépendant), Mohamed Mehdi (le quotidien d’Oran) · Maître Zehouane, M.Aït Yahia, M.Aknin, Mme Rahma, et d’autres responsables de la Maison des Droits de l’Homme et des Citoyens de Tizi Ouzou. militant-e-s de la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme. · Des parents et des victimes de la répression en Kabylie · le collectif des étudiants de Tizi-Ouzou · Le Président de l’APC (municipalité) de Tizi Ouzou, le Sénateur et des responsables du FFS-Tizi · Les représentants de la Coordination des aouchs (comités de villages) Personnalités rencontrées avant le départ ·                    

Driss El Yazami, Fédération Internationale des Droits de l’Homme · Rieu, Groupe des Verts au Parlement européen · Nacéra Dutour, association SOS Disparus · Nesroulah Yous, témoin du massacre de Benthala, auteur de  » qui a tué à Benthala ? «  · Habib Souaïdia, auteur de  » la sale guerre «   · M. Bendera, économiste, membre du courant des  » réformateurs « · Hamida Bensadia, représentante du FFS en France · Malika Matoub, fondation Matoub Lounès petite bibliographie. la gangrène et l’oubli, Benjamin Stora, ed la découverte/syros 1998 · Qui a tué à Benthala, Nesroulah Yous, ed la découverte. 2000 · La sale guerre, Habib Souaïdia, ed la découverte. 2001-07-08 · Mémoires du général. Khaled Nezzar. Chihab éditions. 2001· La guerre sans images. Benjamin Stora, PUF, France 2001· Etre journaliste en Algérie. Ghania Mouffok, ed Reporters sans frontières. Démocratie et corruption en Algérie. Djillali Hajjaj· Maison des droits de l’Homme et du Citoyen / Laddh : Etat non exhaustif des victimes (mortes ou blessées par balles), des évènements du mois d’avril 2001. Tizi Ouzou, mai 2001. lettre d’Akli Aït Abba à sa mère assassinée · Certificat médical descriptif ; blessures de madame Aït Abba · Courrier à la délégation européenne de l’association des disparus de Constantine· Coupure de presse (Le Soir d’Alger) : M Khellili :  » je défends la personne humaine » · coupures de presse (Alger le 23 mai) : La Tribune, le Jeune Indépendant, Le Matin · articles de la presse européenne : Le Monde, Libération, Le Soir · Article d’Algéria interface. Appel de Parlementaires européens (juillet 2001 

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